Israël n’a réfléchi à aucun plan de renversement du Hamas depuis 3 ans, dit Katz
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Israël n’a réfléchi à aucun plan de renversement du Hamas depuis 3 ans, dit Katz

Le ministre de la Défense Liberman se serait montré malhonnête en affirmant ne pas être impliqué dans des pourparlers de trêve avec le groupe terroriste à la tête de Gaza

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à gauche), le ministre du Renseignement Yisrael Katz, (au centre), et le ministre de la Défense Avigdor Liberman à la Knesset, Jérusalem, le 30 mai 2016. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à gauche), le ministre du Renseignement Yisrael Katz, (au centre), et le ministre de la Défense Avigdor Liberman à la Knesset, Jérusalem, le 30 mai 2016. (Yonatan Sindel/Flash90)

Un haut ministre israélien a indiqué dimanche que le cabinet de sécurité de haut niveau ne s’est penché sur aucune proposition visant le renversement du Hamas dans la bande de Gaza au cours des trois dernières années.

La semaine dernière, le ministre de la Défense Avigdor Liberman avait déclaré que le « but final » du gouvernement israélien à Gaza était le renversement des gouvernants terroristes du Hamas pour permettre aux résidents palestiniens de l’enclave côtière de profiter des avantages économiques de la paix avec Israël.

« Cela fait plus de trois ans que je suis membre du cabinet », a indiqué le ministre des Renseignements Israel Katz à la radio militaire. « Il y a de nombreux plans d’opération, notamment avec l’objectif de renverser le Hamas. Mais aucun plan de renversement du Hamas n’a figuré à l’ordre du jour du cabinet depuis trois ans ».

« Et nous devons donc prendre une décision stratégique pour déterminer la manière d’abandonner la responsabilité civile pour Gaza », a-t-il ajouté.

Katz a également critiqué Liberman qui a déclaré vendredi qu’il n’avait « rien à voir » avec des négociations sur un accord de cessez-le-feu à long-terme avec le groupe terroriste.

S’exprimant durant une visite dans les communautés de la périphérie de Gaza, Liberman a indiqué n’être « pas impliqué » et ne pas croire à un accord avec le Hamas – qui a juré la destruction d’Israël – et que « le seul accord, c’est la réalité sur le terrain ».

Israel Katz, lors d’une réunion du comité des affaires économiques à la Knesset, le 3 mars 2014 (Crédit : FLASH90)

En réponse, Katz a estimé qu’ « une telle annonce peut entraîner un malaise chez tous les citoyens. Le problème de Gaza exige de la réflexion et des décisions ».

Katz a également laissé entendre que les propos de Liberman n’avaient pas été honnêtes.

« Ce n’est pas une fuite d’informations émanant des réunions du cabinet de dire que le ministre de la Défense est impliqué dans ce qu’il se passe », a-t-il dit. « Bien sûr qu’il est impliqué ».

Des informations se sont multipliées sur des pourparlers avancés entre Israël et la bande de Gaza par l’intermédiaire de l’Egypte et de l’ONU pour la mise en place d’un cessez-le-feu à long terme dans la bande.

Le démenti de l’implication de Liberman dans cet accord avait semblé contredire les affirmations d’un autre membre du cabinet, Bennett, chef du parti HaBayit HaYehudi, qui avait lourdement critiqué le ministre de la Défense pour ce qu’il avait considéré être comme une mauvaise stratégie à Gaza – jurant de s’opposer à tout accord passé avec le Hamas.

Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett dirige une réunion du parti HaBayit HaYehudi à la Knesset le 18 juin 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Bennett a par ailleurs encore une fois fait allusion à cette critique antérieure en apportant une réponse ironique aux propos tenus vendredi par Liberman.

« C’est agréable de voir que le ministre de la Défense souscrit à notre point de vue et qu’il comprend qu’il ne faut pas permettre au Hamas de nous extorquer », a-t-il dit dans un communiqué.

Liberman lui-même avait reconnu qu’une médiation égyptienne et des Nations unies était en place dans le cadre d’une initiative visant le retour au calme.

La bande de Gaza a connu une flambée de violence depuis le début des manifestations violentes de la « marche du retour » le long de la frontière en mars. Les affrontements, que les dirigeants du Hamas de Gaza ont orchestrés, ont notamment consisté à lancer des pierres et des explosifs sur les soldats, ainsi qu’à tenter de franchir la clôture de la frontière et d’attaquer les soldats israéliens.

Les Palestiniens de Gaza ont également lancé des engins aériens incendiaires en direction d’Israël, brûlant des milliers d’hectares de forêts et de terres agricoles, causant des dégâts estimés à plusieurs millions de shekels.

Au moins 171 Gazaouis ont été tués par les tirs israéliens depuis le début des affrontements, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas. Aviv Levi, un soldat israélien a été abattu par un tireur d’élite palestinien. Le Hamas a reconnu que des dizaines de victimes palestiniennes étaient des membres de groupes terroristes.

Un Palestinien utilise un lance-pierres lors d’affrontements le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, dans la ville de Khan Younis, dans le sud de Gaza, le 10 août 2018. (AFP Photo / Said Khatib)

En outre, Israël et le Hamas se sont livrés à un certain nombre d’échanges de tirs brefs ces derniers mois, au cours desquels des groupes terroristes à Gaza ont lancé des centaines de roquettes et de mortiers en direction du territoire israélien, dont un plus tôt ce mois-ci qui a constitué la plus importante flambée de violence depuis la guerre de 2014.

L’envoyé de l’ONU Nickolay Mladenov et les responsables égyptiens ont tenté de négocier une trêve à long terme entre Israël et le Hamas. Les deux parties ont mené trois guerres depuis 2008.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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