Israël obtient 20 M$ pour créer des robots ouvriers pour la Chine
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Israël obtient 20 M$ pour créer des robots ouvriers pour la Chine

Selon les termes d’un nouvel accord, les chercheurs israéliens développeront et les Chinois produiront en masse des serveurs, nettoyeurs, agents de sécurité et ouvriers mécaniques

David Shamah édite notre section « Start-Up Israel ». Spécialiste depuis plus de dix ans en technologies et en informatique, il est un expert reconnu des start-up israéliennes, de la high-tech, des biotechnologies et des solutions environnementales.

Entourés d'officiels israéliens et chinois, Zvi Shiller et Zhang Jin (centre gauche) signent un accord pour ouvrir un nouveau centre de recherche et développement robotiques en Israël. (Crédit : Autorisation)
Entourés d'officiels israéliens et chinois, Zvi Shiller et Zhang Jin (centre gauche) signent un accord pour ouvrir un nouveau centre de recherche et développement robotiques en Israël. (Crédit : Autorisation)

La Chine devrait investir 20 millions de dollars dans la technologie robotique israélienne, dans l’espoir que la technologie israélienne l’aidera à propulser son économie.

La semaine dernière, l’Association de Robotique Israélienne a signé un accord avec une coalition d’investisseurs chinois et la ville de Guangzhou, l’un des plus grands centres industriels du pays. L’investissement de la Chine à hauteur de 20 millions de dollars sera utilisé pour construire un centre de recherche et développement en robotique en Israël dédié au développement des techniques robotiques que la Chine pourra utiliser pour automatiser et moderniser sa base industrielle massive.

Cet accord est le second développement majeur dans la sphère robotique impliquant la Chine et Israël.

En septembre, les deux pays avaient signé un accord établissant l’institut de robotique sino-israélien (SIRI), la pièce centrale d’un nouveau parc industriel de 2 milliards de dollars à Guangzhou qui sera destiné à transférer à la vie quotidienne les avancées en robotiques des chercheurs chinois et israéliens.

Selon le nouvel accord, signé la semaine dernière, la technologie et les robots seront développés et perfectionnés par les chercheurs israéliens et chinois en Israël, et produit en masse en Chine.

Parmi les investisseurs du nouveau projet se trouvent Siasun, la plus grande firme robotique de Chine, et Vanke, la plus grande compagnie immobilière et propriétaire d’un grand nombre de parcs industriels – l’un des marchés principaux pour les robots, alors que la Chine accomplit une transition d’une économie de fabriquant de marchandise à une économie high-tech, selon Zhang Jin, directeur du marketing de Siasun.

« La Chine, le premier producteur mondial, affronte une crise de la manufacture, puisqu’elle se basait sur une main-d’œuvre bon marché qui devient plus chère, a expliqué Zhang. En conséquence, nous avons choisi de formuler un nouveau modèle de production industrielle qui se base sur les robots. Construire une industrie robotique est un objectif stratégique important pour la Chine, et la robotique est l’un des dix secteurs que le gouvernement promeut et finance massivement. »

Malgré les investissements massifs que la Chine a faits dans l’automatisation ces dernières années, le pays est toujours à la traîne, selon Zhang.

« En Chine, nous avons environ 30 robots industriels pour 10 000 ouvriers, comparés à 62 robots dans des pays comme le Japon, ce qui signifie qu’il y a un grand potentiel en Chine pour la recherche et l’implémentation de technologies robotiques. »

En plus des robots industriels, Zhang voit un grand marché pour les robots « de service » – serveurs, agents de service clientèle, et dans d’autres domaines orientés vers les consommateurs et le commerce. « Nous pensons que le marché sera même encore plus important que le marché industriel. »

Un domaine où les robots seraient immédiatement utile, selon Yang Gaofei, dirigeant exécutif chez Vanke, est sur les sites de construction, où trouver de la main-d’œuvre pour le travail de force devient de plus en plus difficile.

« Les jeunes gens en Chine ne veulent pas travailler dans ce domaine, a-t-il déclaré. Les robots seront capables de les remplacer, et amélioreront aussi les marges de l’industrie de la construction. Les robots peuvent servir de gardes de sécurité, de nettoyeurs, et fournir des services dans nos nombreuses propriétés. D’autres usages pour les robots seraient de fournir des soins aux personnes âgées, d’effectuer des services dans les appartements de luxe, et d’interagir avec les visiteurs dans les parcs d’attractions et d’autres installations similaires. Nous sommes très importants sur le marché immobilier mais très petits sur le marché de la robotique, voilà d’où vient notre désir de collaborer avec Israël. »

Selon Zvi Shiller, professeur au département d’ingénierie mécanique et mécatronique de l’école d’ingénierie de l’université d’Ariel et président de l’association robotique israélienne, Israël est l’un des pays les plus avancés dans le monde pour la recherche et le développement robotique, « mais nous n’avons pas beaucoup d’opportunités de déployer cette technologie parce que notre économie est trop petite. La Chine est une opportunité majeure pour nous, et les fabriquants là-bas sont très motivés à tirer avantage de notre technologie. Il y a des milliers d’usines qui seront intéressées par la technologie que nous avons développée à l’institut. C’est comme une seconde révolution industrielle – et la technologie israélienne en est au centre. »

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