Israël publie son rapport sur Gaza
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Israël publie son rapport sur Gaza

Avant la publication du rapport des Nations unies, Israël rend publiques ses propres conclusions sur le conflit de l'été dernier

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

La couverture du rapport israélien sur l'Opération Bordure protectrice, rendu public le 14 juin 2015 par le ministère des Affaires Etrangères (Facebook du  ministère des Affaires Etrangères).
La couverture du rapport israélien sur l'Opération Bordure protectrice, rendu public le 14 juin 2015 par le ministère des Affaires Etrangères (Facebook du ministère des Affaires Etrangères).

Anticipant la publication imminente d’un rapport des Nations Unies sur la guerre de Gaza de l’an dernier, le gouvernement israélien a publié ce dimanche son propre compte-rendu de l’opération Bordure Protectrice, présentant la version israélienne des événements.

Le rapport de 275 pages, qui, selon les officiels, est en préparation depuis la fin de la guerre en août 2014, fait valoir la version israélienne, désignant le Hamas et d’autres factions terroristes comme responsables de la mort des victimes civiles.

Si Israël a déjà publié une grande partie des informations et des arguments fournis dans le rapport, on y trouve également de nouvelles données. Par exemple, il présente pour la première fois l’analyse des victimes de guerre élaborée par l’armée israélienne. Selon le récit de l’armée, 44 % des 2 125 Palestiniens tués à Gaza étaient des « militants », tandis que 36 % étaient des « civils non impliqués ».  Environ 20 % des victimes doivent encore être identifiées.

Le rapport souligne les efforts d’Israël pour protéger les civils israéliens et ses offres de cessez-le-feu, tout en accusant l’organisation terroriste de cibler délibérément des civils israéliens et de dissimuler son matériel militaire au sein de l’infrastructure civile. Le rapport souligne également les efforts déployés par l’armée israélienne pour avertir les habitants de Gaza des frappes aériennes imminentes.

Le rapport, qui a été compilé par les fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Justice, l’avocat général de l’armée et le Conseil national de sécurité, tente de conjurer les critiques sévères que recevra probablement Israël de la part du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies. Le rapport, connu sous le nom de « rapport de William Schabas », devrait être rendu public cette semaine.

« Israël est une nation respectueuse de la loi, qui se plie à toutes les normes juridiques internationales », a déclaré la ministre adjointe des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely. « Je suis désolée de répéter ce cliché, mais l’armée israélienne est l’armée la plus morale du monde. »

Selon elle, dans toutes ses opérations militaires, l’armée israélienne a adhéré au droit international. « Il n’y a pas d’armée plus morale au monde que l’armée israélienne et aucun pays ne s’inspecte [lui-même] de la manière la plus transparente qui soit, comme le fait l’Etat d’Israël », a-t-elle poursuivi.

L’armée israélienne est également unique puisqu’elle envoie des conseillers juridiques sur le champ de bataille, avec ses combattants, pour vérifier qu’ils agissent en conformité avec le droit international, a poursuivi la ministre adjointe des Affaires étrangères.

« La chose la plus importante qui ressort est le fait qu’Israël veuille exposer la vérité. Israël n’a pas honte des faits », a conclu Hotovely.

La commission d’enquête de l’ONU a été dirigée par le juriste William Schabas, avant qu’il ne démissionne en février sur fond d’allégations de partialité. L’enquête a été menée par l’ancienne juge de New York, Mary McGowan Davis.

Israël a refusé de coopérer avec la commission, en faisant valoir que les termes même de la résolution de l’ONU (qui l’a créé) étaient biaisés et contre Israël, comme l’a rappelé le nouveau directeur général du ministère des Affaires étrangères, Dore Gold.

« Donc, Israël a créé son propre organe, sa propre commission d’enquête, et il se trouve que le travail a été terminé ces derniers jours », a déclaré Gold. « Nous avions besoin de mettre en avant notre récit parce que nous n’avons rien à cacher. »

Selon lui, Israël mène aujourd’hui « une politique générale de transparence », ce que montre le nouveau rapport. « Israël n’a rien à cacher. »

Contenant des dizaines de photos et citant des sources militaires palestiniennes et israéliennes, le rapport israélien défend Israël de manière élaborée, faisant valoir que l’armée allait au-delà des exigences du droit international en matière de protection des civils. Il révèle pour la première fois les ordres donnés par des commandants de Tsahal pour s’assurer qu’aucun civil n’était dans le périmètre au moment de l’attaque.

En même temps, le rapport tente de montrer comment le Hamas et d’autres groupes terroristes ont intentionnellement violé les lois des conflits armés et commis des crimes de guerre et des crimes contre l’Humanité.

« Le Hamas et les autres organisations terroristes ont prolongé les hostilités, et à plusieurs reprises rejeté le cessez-le-feu ou l’acceptaient pour le violer ensuite », indique le rapport. « Si le Hamas avait accepté le cessez-le feu initial sous médiation égyptienne, que la Ligue arabe avait approuvé, et qu’Israël avait accepté le 15 juillet – et qui présentait les mêmes conditions que l’offre de cessez-le feu à laquelle le Hamas a finalement souscrit le 26 août -, environ 90 % des pertes auraient pu être épargnées. »

Quelques 2 100 Gazaouis et 70 Israéliens ont été tués lors de l’opération, qui a duré du 7 juillet au 26 août 2014. Le Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center  a suivi toutes les victimes palestiniennes et estime que la moitié d’entre elles étaient des agents du Hamas ou du Jihad Islamique palestinien.

Selon le nouveau rapport, 936 des 2 125 Palestiniens tués lors de l’opération Bordure Protectrice, soit 44 %, ont été identifiés comme militants. Plus de deux tiers de ces militants étaient affiliés au Hamas, tandis que 201 (ou 22 %) appartenaient au Jihad islamique. Plus de 100 d’entre eux (soit 11 %) étaient affiliés à d’autres groupes terroristes.

L’armée israélienne a classé 761 Palestiniens victimes (soit 36 %) comme « civils non impliqués, soit parce qu’il n’y avait aucune indication qu’ils ont été impliqués dans les hostilités ou parce qu’ils étaient supposés ne pas être impliqués en fonction de leur âge et de leur sexe » selon le rapport. Parmi eux, 369 sont des enfants de moins de 15 ans.

« Le nombre de décès au cours du conflit de Gaza de 2014 – si malheureux soit-il – ne signifie pas que les actions de Tsahal aient violé le principe de proportionnalité », assure le rapport. En outre, toute estimation de la répartition des décès entre civils et militants armés doit être prise avec précaution, sur la base d’informations fiables et avec une méthodologie rigoureuse. La nécessité d’un examen attentif de ces statistiques est particulièrement importante étant donné les efforts du Hamas pour manipuler le chiffre du nombre de victimes civiles. »

Le rapport a été présenté au Premier ministre Benjamin Netanyahu dimanche lors de la réunion hebdomadaire du cabinet.

« Celui qui veut savoir la vérité devrait lire ce rapport sur la position israélienne et lire le rapport des généraux de haut rang », a déclaré Netanyahu. « Celui qui veut automatiquement – et sans fondement – blâmer Israël, qu’ils perdent leur temps avec le rapport du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Pour notre part, nous continuerons à défendre nos soldats et ils vont continuer à nous défendre. »

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