Israël renforce ses frontières avec la Jordanie
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Israël renforce ses frontières avec la Jordanie

Netanyahu a expliqué qu'avec 'la tragédie humaine' qui arrive dans les pays à la frontière, l'Etat juif doit garder 'le contrôle'

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre) et le ministre de la Défense Moshe Yaalon (à droite), en visite le long d'une clôture prévue le long de la partie sud de la frontière entre Israël et la Jordanie, le 6 septembre 2015 (Crédit : Ariel Harmoni / Ministère de la Défense)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre) et le ministre de la Défense Moshe Yaalon (à droite), en visite le long d'une clôture prévue le long de la partie sud de la frontière entre Israël et la Jordanie, le 6 septembre 2015 (Crédit : Ariel Harmoni / Ministère de la Défense)

Les travaux sur un tronçon de 30 km pour construire une clôture le long de la frontière entre Israël et la Jordanie ont commencé et font partie des efforts menés par Israël pour se protéger contre les menaces sécuritaires et pour empêcher les migrants et les demandeurs d’asile d’entrer dans le pays, a annoncé le Premier ministre Benjamin Netanyahu dimanche.

La barrière sera construite le long de la frontière orientale du pays – d’Eilat aux dunes de sable de Samar – et se joindra à une série d’autres clôtures le long Israël, dont une récemment achevée avec la frontière égyptienne.

Le Premier ministre – au cours d’une visite planifiée le long de la clôture de la frontière dans le sud avec le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, et le ministre des Transports, Yisrael Katz – a déclaré qu’Israël n’était pas en mesure d’accueillir des réfugiés.

Il a souligné que la crise européenne des réfugiés était la preuve de la raison pour laquelle Israël a besoin d’une barrière.

L’annonce de Netanyahu est survenue en plein débat houleux parmi les politiciens israéliens sur la manière dont Israël, avec sa mémoire nationale de la lutte des réfugiés juifs pour échapper au régime nazi, doit répondre à la crise des réfugiés dans la région.

« Nous voyons, aujourd’hui, ce qui arrive aux nations qui ont perdu le contrôle de leurs frontières », a déclaré Netanyahu, se référant au flottement des nations européennes qui doivent faire face à l’afflux des réfugiés sur le continent.

Une combinaison, mêlant à la fois le terrorisme, une augmentation du nombre des « infiltrés du travail » et les demandeurs d’asile qui tentent d’entrer dans le pays – ainsi que les catastrophes humanitaires qui se produisent dans les pays voisins – signifie qu’Israël a besoin d’assurer un contrôle total sur ses frontières, a ajouté le Premier ministre.

Netanyahu a également réitéré la déclaration qu’il a fait plus tôt dimanche où il expliquait qu’Israël est un petit pays qui ne peut pas accueillir plus de réfugiés, en dépit de la « tragédie humaine », car il « manque de profondeur, à la fois géographique et démographique ». Il faisait allusion à la petite superficie du territoire d’Israël et au fait que beaucoup dans le pays sont réticents à faire quoi que ce soit qui pourrait potentiellement mettre en danger la majorité démographique juive.

Le budget pour la nouvelle clôture, qui doit être terminée dans les deux ans, est de 280 millions de shekels.

Le brigadier général, Oren Ofir, des forces de défense d’Israël – qui a réalisé la construction de la clôture du pays le long de la frontière avec l’Egypte et le plateau du Golan – dirigera le projet, selon le site d’information Ynet.

Une clôture, remplie de capteurs sophistiqués et accompagnée de patrouilles régulières de Tsahal, existe déjà sur la moitié nord de la frontière israélo-jordanienne, qui va de l’extrémité nord de la mer Morte jusqu’au point de rencontre des trois voies d’Israël, de la Jordanie et de la Syrie près de la mer de Galilée.

Communiquant quelques heures après avoir mis le holà sur toute discussion sur l’octroi de l’asile aux réfugiés syriens, Netanyahu a défendu sa position en disant qu’Israël ressentait de « l’empathie envers la grande catastrophe humanitaire qui se produit autour de nous ».

« Israël est le premier pays qui a fourni une aide humanitaire aux victimes de la guerre en Syrie », a-t-il souligné.

Jérusalem a aussi accordé une aide à l’Afrique, a-t-il poursuivi, et il espère encore augmenter cette aide avec l’aide d’autres pays, pour traiter les crises au niveau local, au lieu d’encourager la migration.

Cette clôture devrait être la réplique de la barrière à la frontière avec l’Egypte, qui a stoppé l’immigration clandestine en Israël, un exploit dont peu de pays peuvent se vanter, selon le Premier ministre.

Netanyahu a ajouté qu’Israël serait prudent et qu’il respecterait la souveraineté de la Jordanie, qu’il considère comme un partenaire dans la promotion des frontières pacifiques.

Yaalon a fait écho aux déclarations du Premier ministre, avertissant dimanche après-midi que la crise des demandeurs d’asile de l’Europe aurait pu se produire en Israël si l’Etat juif ne « se comportait pas correctement ».

Le ministre de la Défense a fait l’éloge des travaux antérieurs sur la frontière égyptienne et les clôtures des hauteurs du Golan et a dit qu’Israël a travaillé « sous l’hypothèse qu’une haute clôture fait de bons voisins ».

Il a ajouté que les caractéristiques technologiques de la barrière, qui comprendra des capteurs sophistiqués, devraient efficacement empêcher les migrants et les terroristes d’entrer dans le pays.

Yaalon a ajouté que la clôture « permettra une vie plus sûre et plus pacifique aux résidents d’Eilat et de la région d’Arava ».

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