Israël en guerre - Jour 57

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Israël rouvre le passage d’Erez, malgré les violentes émeutes à la frontière

Le poste-frontière va à nouveau permettre à des milliers de Gazaouis d'aller travailler en Israël après une fermeture de deux semaines pour cause d'émeutes violentes

Des travailleurs palestiniens entrent en Israël après avoir traversé la bande de Gaza, du côté israélien du point de passage d'Erez entre Israël et la bande de Gaza, le 27 mars 2022. (Crédit : Oded Balilty)
Des travailleurs palestiniens entrent en Israël après avoir traversé la bande de Gaza, du côté israélien du point de passage d'Erez entre Israël et la bande de Gaza, le 27 mars 2022. (Crédit : Oded Balilty)

Israël va rouvrir son seul poste-frontière pour les piétons avec la bande de Gaza, jeudi, après une fermeture de deux semaines en réponse aux émeutes violentes qui ont eu lieu à la frontière.

Le poste-frontière d’Erez, dans le nord de Gaza, rouvrira donc malgré des échauffourées qui ne se sont guère calmées depuis sa fermeture.

L’annonce a été faite par le COGAT, organe du ministère de la Défense israélien supervisant les activités civiles dans les Territoires palestiniens.

Le COGAT a annoncé cette réouverture mercredi en disant que « la continuation des mesures civiles sera possible conformément aux évaluations de la situation sécuritaire, avec le souci de préserver une sécurité stable ».

La fermeture du poste-frontière a affecté 17 000 Gazaouis qui sont autorisés à entrer en Israël pour y travailler. L’économie de la bande subit d’importants préjudices lorsque ces travailleurs ne peuvent plus pénétrer sur le sol israélien.

Le poste-frontière devrait encore temporairement fermer, ce week-end, en raison de la fête de Souccot.

Mercredi également, le ministre de la Défense Yoav Gallant a indiqué qu’Israël se préparait à renforcer ses actions contre Gaza suite aux émeutes à la frontière.

« Nous ne voulons pas une escalade des combats et nous ne cherchons pas un conflit mais si nous devons en arriver au point où il faudra passer à l’acte, que l’Opération bouclier et flèche puisse être un rappel, pour tous les groupes terroristes, des capacités de l’appareil sécuritaire israélien », a commenté Gallant lors d’une cérémonie de commémoration organisée à l’occasion des 50 ans de la guerre de Yom Kippour.

L’Opération bouclier et flèche avait été une offensive d’Israël contre le groupe terroriste du Jihad islamique à Gaza qui avait duré cinq jours. Un certain nombre de commandants du groupe avaient été tués pendant ce raid.

« Si des civils ou des soldats israéliens sont pris pour cible, nous n’hésiterons pas à utiliser tout ce qui est en notre pouvoir pour garantir la sécurité des civils et pour ramener le calme à la frontière », a ajouté le ministre de la Défense.

Des Palestiniens activent des explosifs pendant des affrontements transfrontaliers avec les forces de sécurité israéliennes près de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 27 septembre 2023. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Pendant ces violences, les Palestiniens ont jeté des pierres, des explosifs, ils ont mis le feu à des pneus et ils ont occasionnellement tiré sur les soldats, a noté l’armée.

Au total, depuis le 13 septembre, sept Palestiniens ont été tués et plus de 100 autres blessés lors de ces violences, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Le Hamas, le groupe terroriste qui a férocement pris le contrôle de Gaza en 2007 à son rival du Fatah, a indiqué que les jeunes Palestiniens avaient lancé ces émeutes en réponse aux violences croissantes en Cisjordanie et aux provocations présumées qui auraient eu lieu à Jérusalem.

Ces derniers jours, les Palestiniens ont aussi lancé des ballons incendiaires de l’autre côté de la frontière, vers le sud d’Israël, incendiant des champs agricoles et inquiétant les communautés civiles israéliennes proches de l’enclave côtière.

Deux feux ont ainsi été déclenchés dans la forêt de Beeri, mercredi, à la frontière.

Mardi, des frappes israéliennes ont visé plusieurs cibles à Gaza en réponse aux échauffourées.

Les agitations avaient fait leur apparition au début du mois, peu de temps après l’annonce, par le ministère des Finances du Hamas, de la réduction des salaires des fonctionnaires de plus de la moitié – attisant encore davantage une crise financière qui sévit depuis 16 ans au sein de l’enclave, placée sous blocus israélien et égyptien.

Ces éclats soudains de violence aux abords de la clôture de sécurité ont fait craindre une escalade plus large entre Israël et le Hamas – qui se sont déjà opposés dans quatre guerre et dans de nombreuses batailles de moindre envergure depuis que le groupe terroriste a pris la tête du territoire.

Mais les experts déclarent que ce mouvement de protestation violent – qui continue avec l’approbation tacite du Hamas depuis presque deux semaines maintenant – a finalement plus à voir avec les efforts livrés par le Hamas pour administrer le territoire et mettre un terme à la crise économique qui s’aggrave qu’avec l’idée d’entraîner un nouveau conflit avec Israël.

« C’est un moyen tactique d’attirer l’attention sur leur détresse », commente Ibrahim Dalalsha, directeur de l’Horizon Center, un groupe de recherche palestinien basé en Cisjordanie, évoquant le Hamas. « Ce n’est pas une escalade mais un ‘échauffement’ qui vise à exercer des pressions sur les parties qui pourront donner de l’argent au gouvernement du Hamas ».

Selon des arrangements qui avaient été pris dans le cadre d’accords de cessez-le-feu avec Israël, le Qatar, riche en gaz, paie les salaires des fonctionnaires dans la bande de Gaza, offrant des liquidités aux familles les plus défavorisées et d’autres types d’aides humanitaires.

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a fait savoir samedi qu’il avait commencé à distribuer des transferts de cent dollars à environ 100 000 familles nécessiteuses de l’enclave côtière. Le versement des salaires des fonctionnaires est aléatoire depuis le mois de mai dernier.

L’AFP a contribué à cet article.

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