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Israël accepte finalement l’entrée quotidienne de carburant à Gaza

Le cabinet a autorisé l'entrée de 2 camions par jour, pour le traitement de l'eau et des eaux usées, tout en préservant la "marge de manœuvre diplomatique pour éliminer le Hamas"

Un camion transportant du carburant qui est entré à Rafah alors que les combats entre Israël et le Hamas font rage, au sud de Gaza, le 15 novembre 2023,. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)
Un camion transportant du carburant qui est entré à Rafah alors que les combats entre Israël et le Hamas font rage, au sud de Gaza, le 15 novembre 2023,. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)

Vendredi, Israël a accepté le principe de livraisons quotidiennes de carburant dans la bande de Gaza, pour la première fois depuis le début de la guerre contre le Hamas le mois dernier, ce qui marque un revirement de politique significatif et ne manque pas de susciter la colère du gouvernement. Cela faisait en effet des semaines que Jérusalem se refusait à prendre cette décision, de crainte que cette ressource cruciale ne tombe entre les mains du groupe terroriste.

Une déclaration attribuée à un « responsable diplomatique » israélien a déclaré que Jérusalem avait accepté de laisser deux camions-citernes entrer dans Gaza, chaque jour, pour subvenir aux besoins de l’ONU et assurer le fonctionnement de l’adduction d’eau et des égouts.

Selon le communiqué, le Conseil des ministres de guerre – en format restreint – a pris cette décision sur recommandation de Tsahal et du Shin Bet et à la demande de responsables américains.

Elle vise à « permettre l’entretien minimal des systèmes d’eau, d’égouts et sanitaires afin d’éviter les pandémies qui pourraient se propager à l’ensemble de la région, nuire aux habitants de la bande de Gaza ainsi qu’à nos propres forces et potentiellement se propager en Israël également ».

Le responsable a affirmé que cette décision « offrirait à Israël la marge de manœuvre diplomatique nécessaire pour éliminer le Hamas ».

Le responsable a ajouté qu’Israël surveillerait la livraison du carburant pour s’assurer qu’il ne tombe pas entre les mains du groupe terroriste. Israël accuse en effet le Hamas de piller le carburant d’un territoire déjà fortement appauvri afin de pouvoir tirer ses dizaines de milliers de roquettes et entretenir son immense réseau de tunnels souterrains.

Des Palestiniens attendent de faire cuire des poulets à Khan Younis, dans la bande de Gaza, le 17 novembre 2023. (Crédit : AP Photo/Fatima Shbair)

Plus tard vendredi, le président du Conseil de sécurité nationale, Tzachi Hanegbi, a déclaré que le fait de refuser la livraison de carburant pour permettre le bon fonctionnement du système d’égouts aurait pour effet d’encourager la propagation de maladies à Gaza, avec un impact à la fois sur les civils palestiniens de l’enclave et sur les milliers de soldats israéliens qui y opèrent.

« Si la peste apparaissait, nous devrions arrêter la guerre », a expliqué Hanegbi, ajoutant que l’armée israélienne ne serait pas en mesure de continuer à avancer en pleine crise humanitaire, sans parler du tollé international que cela ne manquerait pas de déchainer.

Hanegbi a précisé que le Conseil des ministres de guerre avait reçu des assurances de la part des autorités de la sécurité et qu’il était acceptable d’autoriser l’entrée de carburant, qui ne représente que 2 à 4 % des consommations quotidiennes d’avant-guerre.

Ce revirement politique a provoqué un véritable tollé chez les partis d’extrême droite de la coalition et d’autres politiciens de droite.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, a déclaré que le Conseil des ministres de guerre – composé du Premier ministre Benjamin Netanyahu, du ministre de la Défense Yoav Gallant, du ministre Benny Gantz et de plusieurs observateurs – « conduisait Israël à faire de mauvais choix politiques ».

« Tant que nos otages n’ont pas le droit de voir la Croix-Rouge, cela n’a aucun sens de faire des cadeaux humanitaires à l’ennemi », a-t-il déclaré.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a pour sa part déclaré que l’autorisation d’entrée de carburant « est une grave erreur et contredit la décision du Conseil des ministres chargés de la Sécurité ».

Des familles d’Israéliens pris en otage par les terroristes du Hamas, à Gaza, défilent avec des centaines de manifestants en direction de la Knesset, à Jérusalem, dans le cadre d’une manifestation appelant à la libération immédiate des otages, près de Jérusalem, le 17 novembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une telle décision « donne un signal de faiblesse, de l’air à l’ennemi et permet au chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, de rester tranquillement dans son bunker climatisé, de regarder les informations et de continuer à manipuler la société israélienne et les proches des otages ».

Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, a tweeté : « Arrêtez d’alimenter les nazis du Hamas ! Les déclarations selon lesquelles « pas une goutte de carburant » n’entrera dans la bande de Gaza se sont transformées en autorisations pour des milliers de litres, sans aucune contrepartie humanitaire pour nos otages. Je demande que l’on mette immédiatement un terme à ces imprudences. »

Vendredi, pour la deuxième fois, les systèmes de communication à Gaza ont été coupés, faute de carburant pour alimenter les réseaux Internet et de téléphonie, ce qui a forcé les organisations humanitaires à interrompre les livraisons transfrontalières de fournitures humanitaires.

Abeer Etefa, porte-parole régionale du Programme alimentaire mondial des Nations unies pour le Moyen-Orient, a affirmé jeudi que Gaza ne recevait plus que 10 % de ses besoins alimentaires par jour, et que la déshydratation et la malnutrition étaient en hausse.

« Des gens pourraient littéralement mourir de faim », a-t-elle déclaré depuis le Caire. « Les systèmes alimentaires de Gaza sont en train de s’effondrer. »

Avec si peu de camions qui entrent dans Gaza et pas de carburant pour acheminer la nourriture, « il n’y a aucun moyen de répondre à la faim », a-t-elle ajouté jeudi.

En Israël, villes et villages sont toujours la cible de roquettes, bien qu’à un rythme moindre que dans les premières semaines de la guerre.

Des alertes de raid aérien ont retenti vendredi dans la ville méridionale d’Ashkelon, ainsi que dans des communautés du sud en grande partie évacuées, près de Gaza. Ni dégât ni victime n’ont été signalés.

Des soldats israéliens en intervention dans la bande de Gaza, sur cette photo publiée le 17 novembre 2023. (Autorisation de Tsahal)

Vendredi matin, l’armée israélienne a fait savoir que les opérations dans la bande de Gaza s’étaient poursuivies pendant la nuit, avec des avions de combat ciblant des sites du Hamas et des troupes au sol combattant des hommes armés du Hamas.

L’armée israélienne dit avoir mené des frappes aériennes contre « de nombreux » sites du Hamas, dont des installations de stockage d’armes, ainsi que contre des terroristes.

Des images diffusées par l’armée donnent à voir des frappes contre des membres du Hamas en position d’observation dans la région de Beit Hanoun, au nord de Gaza. Une autre vidéo montre une frappe sur trois membres du Hamas armés de grenades et de fusils d’assaut, toujours à Beit Hanoun.

Ces deux frappes ont été menées suite à l’identification des cibles par la 636e unité d’observation d’élite du Corps de défense des frontières.

Par ailleurs, selon des sources palestiniennes, un dirigeant du Hamas, Ahmad Bahar, aurait été tué dans une frappe israélienne.

Bahar, 76 ans, avait été vice-président du Conseil législatif palestinien.

Israël n’a pas confirmé cette information.

En outre, les soldats de la brigade Bislamach et de l’unité d’élite du génie de combat Yahalom ont attaqué un avant-poste du Jihad islamique palestinien dans le nord de Gaza, à l’intérieur duquel ils ont trouvé des roquettes Badr-3, des drones et d’autres armes de fabrication iranienne.

Des soldats israéliens inspectent des roquettes Badr-3 de fabrication iranienne dans un avant-poste du Jihad islamique dans le nord de Gaza, le 17 novembre 2023. (Crédit : Tsahal)

Le Badr-3 aurait une portée de 160 kilomètres et une charge explosive de 250 kilogrammes. Certaines des roquettes ont été acheminées en Israël à des fins de recherche. L’avant-poste du Jihad islamique a été détruit.

Les soldats de la brigade d’infanterie Givati ont affronté des membres du Hamas retranchés dans une école, a indiqué l’armée israélienne. Plusieurs hommes armés ont été tués lors des combats, et les soldats ont saisi des armes.

Les soldats de la brigade d’infanterie Nahal, de la brigade parachutiste et de la 460e brigade blindée ont effectué des raids sur de nombreux autres sites du Hamas pendant la nuit, au cours desquels ils ont découvert des fusils d’assaut, des engins explosifs, des grenades, des lance-missiles antichars et d’autres équipements, toujours selon l’armée israélienne.

Hier, Israël avait annoncé avoir retrouvé le corps de deux otages lors de raids sur l’hôpital al-Shifa de Gaza.

Vendredi, l’armée a annoncé la découverte du corps d’une nouvelle otage, identifiée comme étant la caporale Noa Marciano. La dépouille a été retrouvée dans un bâtiment adjacent à Shifa, a indiqué l’armée, comme celui d’une autre otage retrouvée jeudi, Yehudit Weiss.

La famille et les amis assistent aux funérailles de la soldate israélienne Noa Marciano, tuée en captivité par le Hamas, au cimetière militaire de Modiin, le 17 novembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les raids de Tsahal sur l’hôpital ont commencé cette semaine, alors même qu’Israël affirme depuis longtemps que le principal centre de commandement du Hamas se situe sous le centre hospitalier. La Maison-Blanche a déclaré que ses services de renseignement confirmaient cette information.

Netanyahu a déclaré jeudi que l’une des raisons de l’intervention militaire contre al-Shifa était « de fortes présomptions » que certains des otages enlevés par le Hamas lors de l’attaque du 7 octobre y étaient détenus.

S’exprimant à propos de cette intervention dans le plus grand centre hospitalier de la bande de Gaza, Netanyahu a déclaré à CBS que les otages avaient été exfiltrés.

Il a dit qu’Israël disposait « de renseignements sur les otages ». Mais, a-t-il ajouté, « Moins j’en dirai, mieux ce sera ».

Le président du Conseil de sécurité nationale, Tzachi Hanegbi, a déclaré vendredi qu’Israël n’accepterait de cessez-le-feu qu’en échange de la libération d’un nombre « très important » d’otages et non d’une « libération calculée » effectuée par le Hamas à des fins de communication.

« Ce n’est qu’à ce moment-là que nous accepterons un cessez-le-feu, qui sera très limité et court, parce qu’ensuite, nous reprendrons notre avancée vers nos objectifs de guerre », a précisé Hanegbi.

Le président du Conseil de sécurité nationale a déclaré, pour sa part, que le Conseil des ministres de guerre faisait front commun pour favoriser la libération des otages, ajoutant que les ministres pensaient que cela ne se produira que si le Hamas est sous pression, rejetant l’interprétation des médiateurs qataris selon laquelle l’offensive terrestre de Tsahal compliquait les pourparlers.

Les otages ont été enlevés lorsque les terroristes dirigés par le Hamas ont lancé une attaque dévastatrice, le 7 octobre dernier, au cours de laquelle ils se sont déchaînés dans les communautés du sud, tuant plus de 1 200 personnes, pour la plupart des civils massacrés chez eux ou encore lors d’une rave, et kidnappant quelque 240 personnes. Israël a riposté en se lançant dans une campagne aérienne et terrestre massive, dans le but de renverser le régime du groupe terroriste à Gaza, qu’il dirige depuis sa prise de pouvoir par un coup d’État, en 2007.

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, affirme que 11 500 personnes ont été tuées à Gaza depuis le début de la guerre, dont au moins 4 710 enfants et 3 160 femmes. Ces chiffres ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante et ne font pas le distinguo entre civils et terroristes, pas plus qu’entre les personnes tuées par des frappes aériennes israéliennes ou par des roquettes palestiniennes égarées.

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