Israël verbalise Noble Energy-Chevron pour pollution marine
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Israël verbalise Noble Energy-Chevron pour pollution marine

"Chevron, prends-en bien note", avertit la ministre de la Protection de l'environnement à l'attention de géant américain qui a racheté Noble en octobre : "le pollueur paie"

L'inspecteur de l'unité marine Yevgeni Malkin du ministère de la Protection de l'environnement sur la plateforme Léviathan. (Crédit : ministère de la Protection de l'environnement)
L'inspecteur de l'unité marine Yevgeni Malkin du ministère de la Protection de l'environnement sur la plateforme Léviathan. (Crédit : ministère de la Protection de l'environnement)

Le ministère de la Protection de l’environnement a annoncé dimanche qu’il infligeait une amende de 3,78 millions de shekels au propriétaire et opérateur de gaz naturel Noble Energy-Chevron pour avoir violé son permis de rejet en mer.

« Chevron devrait tirer les leçons de la violation flagrante commise par Noble Energy », a souligné la ministre, Gila Gamliel, dans une déclaration, s’adressant à la multinationale américaine, qui a acquis Noble Energy Mediterranean Ltd. en octobre. « Nous ne permettrons pas à de gigantesques entreprises de mettre en danger le public. La politique est claire – le pollueur paie ».

L’amende fait référence aux rejets de la plate-forme gazière Léviathan, située à 9,7 kilomètres de la plage de Dor, au nord de Césarée, qui a partiellement commencé à opérer en décembre après avoir reçu un permis du gouvernement qui précisait ce qu’elle pouvait rejeter à la mer.

Selon le ministère, des contrôles effectués par la suite par son unité maritime ont révélé que Noble Energy avait violé plusieurs des conditions du permis « dès les premiers mois d’exploitation ». Parmi celles-ci figuraient des manquements à l’obligation de signaler aux inspecteurs du ministère et des « écarts par rapport aux critères fixés pour le rejet des déchets en mer ».

La plate-forme gazière Leviathan, au large d’Israël. (Albatross)

La décision d’infliger une amende à l’entreprise a été prise après une audition des cadres de Noble Energy.

L’entreprise, qui exploite également la plate-forme gazière de Tamar, s’est retrouvée à plusieurs reprises dans le collimateur du ministère.

En août, l’entreprise a été mise à mal par une société britannique engagée par le ministère pour enquêter sur les dysfonctionnements de la plate-forme Léviathan, après plus de 30 pannes au cours des cinq premiers mois d’exploitation commerciale, qui a commencé le 1er janvier. La société, RPS, a déclaré dans son rapport que non seulement la plate-forme n’a pas été à la hauteur des évaluations et des vérifications de sécurité, des enquêtes et des rapports d’incidents, mais que le personnel n’avait pas saisi la gravité d’une fuite de gaz le 2 mai qui, si elle avait pris feu, aurait pu causer « d’importantes pertes de vies humaines ».

Capture d’écran d’une vidéo montrant du gaz naturel brûlé sur la plateforme d’exploitation du gaz naturel Léviathan, 23 mai 2020. (Capture d’écran : Walla)

En mai, le ministère a annoncé qu’il ouvrait une procédure d’exécution contre Noble Energy pour violation des termes de son permis d’émission atmosphérique. Il a fustigé l’exploitant pour avoir omis de relier son système de surveillance en continue des émissions polluantes des cheminées de torches qui envoie des séquences vidéo à une base de données nationale. Cette base de données permet au ministère de suivre les émissions de polluants en temps réel.

En décembre, le ministère a ordonné à Noble Energy de reporter un test prévu de ses systèmes, affirmant que l’entreprise n’avait pas rempli les critères nécessaires à la procédure.

Dimanche, l’organisation de protection de l’environnement marin Zalul a félicité le ministère pour « une première étape significative dans l’application de la loi contre Noble Energy pour la pollution marine qu’elle a causée ».

« L’État d’Israël exploite des gisements de gaz et de pétrole sans supervision et application suffisantes et sans lois pour protéger la mer ou les humains », a-t-il dénoncé dans un communiqué. « La pollution de la mer et la violation des conditions du permis de rejet sont une question d’audace pure et simple et reflètent un système qui, sans aucun doute, repose sur la connaissance du fait qu’il n’y a généralement pas d’application disciplinaire ».

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