L’Etat interrompt finalement les tests de la plate-forme de gaz Leviathan
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L’Etat interrompt finalement les tests de la plate-forme de gaz Leviathan

Noble Energy doit obtenir des autorisations supplémentaires avant de procéder au rinçage des canalisations, ce qui suscite des inquiétudes quant à la pollution le long de la côte

La plate-forme de gaz naturel Leviathan au large des côtes d'Israël. (Albatros)
La plate-forme de gaz naturel Leviathan au large des côtes d'Israël. (Albatros)

Le ministère de la Protection de l’environnement a ordonné lundi à la société Noble Energy de reporter un test prévu de sa plate-forme de gaz au large de la côte nord d’Israël, en disant que la société n’avait pas rempli les critères nécessaires pour mener à bien la procédure.

La plate-forme d’extraction Leviathan devait effectuer un premier test de ses systèmes tôt mardi matin. Au cours de cet essai, les ouvriers devaient purger l’azote qui remplit actuellement les tuyaux de la plate-forme.

Bien que l’entreprise ait soutenu que les produits chimiques en cause étaient sans danger, les organisations environnementales soutiennent qu’ils pourraient avoir des effets cancérigènes. De nombreux résidents de la côte ont aussi exprimé des préoccupations quant au rejet de polluants potentiels.

« Le ministère est conscient du malaise que cette situation cause aux résidents de la région, mais il maintient que les conditions qui ont été mises en place afin de superviser le fonctionnement [de l’installation] seront pleinement respectées pour le bien du public et de l’environnement », a déclaré le ministère de la Protection de l’environnement dans un communiqué.

Le ministère a déclaré que l’entreprise n’avait pas rempli les critères et les conditions nécessaires pour effectuer le test, sans préciser quelles étaient ces exigences.

Noble Energy avait reçu l’instruction d’effectuer les procédures nécessaires et de demander à nouveau l’autorisation du ministère pour effectuer le test. Une fois l’autorisation accordée, l’entreprise devait choisir un nouveau jour pour effectuer l’essai, en donnant aux résidents des environs un préavis d’au moins deux jours.

L’entreprise a déclaré que le ministère de la Protection de l’environnement exigeait des mesures supplémentaires avant le test.

« Noble Energy se conforme à tous les permis et autorisations qui lui sont demandés. Le ministère de la Protection de l’environnement demande d’effectuer une validation supplémentaire de la machinerie d’analyse, au-delà de la validation existante », a indiqué la société.

Un navire-grue arrive en Israël pour aider à installer la plateforme Leviathan qui doit fonctionner avant la fin 2019. (Noble Energy)

Le ministère a déclaré dans son communiqué qu’il ne pensait toujours pas que le test constituait une menace pour les agglomérations côtières voisines et que les produits chimiques nocifs rejetés par la plate-forme – notamment le benzène – ne devraient pas être à des niveaux suffisamment élevés pour avoir un impact négatif sur la santé des résidents.

« Le ministère de la Protection de l’environnement précise qu’il n’y a pas d’instructions spéciales en termes d’arrêt des activités ou de changement de comportement quotidien pour les résidents de la zone, y compris pendant le rinçage des tuyaux sur la plate-forme de gaz », a déclaré le ministère.

Malgré les assurances données, on a signalé à plusieurs reprises que des résidents de localités côtières ont quitté leur domicile avant le test prévu en raison de craintes pour la santé.

Ishay Ataar, 46 ans, père de quatre enfants, vit dans le kibboutz Nahsholim. Il a pris des vacances et a dépensé 1 700 shekels (425 euros) pour loger sa famille à Tel Aviv afin d’éviter la pollution redoutée.

La famille était déjà à Tel Aviv au moment où le test a été annulé, a déclaré Ataar, exaspéré.

« Nous avons évacué notre maison et loué un Airbnb à Tel Aviv pour notre famille avec quatre enfants. Il faut à peu près une journée entière pour faire ses valises pour une famille de quatre enfants, et tout cela pour rien », a dit Ataar. « Je dirige une start-up et cela nuit vraiment à nos activités, mais j’ai senti que je devais le faire pour la sécurité de mes enfants ».

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