Israël veut interdire le commerce de la fourrure, sauf pour les shtreimels
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Israël veut interdire le commerce de la fourrure, sauf pour les shtreimels

La mesure annoncée par la ministre de l'Environnement autorisera toujours l'importation de chapeaux de zibeline, portés par beaucoup d'ultra-orthodoxes lors du Shabbat et des fêtes

Photo d'un homme essayant un shtreimel dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim de Jérusalem. (Crédit photo : Nati Shohat/Flash90)
Photo d'un homme essayant un shtreimel dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim de Jérusalem. (Crédit photo : Nati Shohat/Flash90)

Israël a décidé d’interdire le commerce de la fourrure. Cependant, cette nouvelle initiative est considérée comme largement symbolique, car elle continue à autoriser l’utilisation de la fourrure pour des raisons religieuses.

En outre, elle ne fait pas de distinction entre les peaux des animaux piégés et capturés dans la nature et celles issues d’élevages.

« Ce matin, nous avons lancé une initiative importante pour interdire le commerce de la fourrure », a annoncé dimanche la ministre de la Protection de l’environnement, Gila Gamliel. « Il n’est ni nécessaire ni justifié d’utiliser la fourrure dans l’industrie de la mode. »

Mme Gamliel a déclaré qu’elle espérait que d’autres nations suivraient bientôt.

Le pouvoir de délivrer des autorisations d’importation et d’exportation de fourrure d’animaux sauvages appartient au directeur de l’Autorité israélienne des parcs et de la nature.

Un amendement aux règlements de 1976, adopté dans le cadre de la loi sur la protection de la faune, que le ministère de l’Environnement a publié pour permettre des commentaires publics, limiterait la marge de manœuvre du directeur de l’INPA mais lui permettrait de continuer à délivrer des permis si les peaux devaient être utilisées pour « la religion, la tradition religieuse, la recherche scientifique, l’éducation ou l’enseignement ».

Cette faille exempte les Juifs ultra-orthodoxes, qui portent souvent des chapeaux de zibeline nommés shtreimels le jour du Shabbat et les jours de fête, bien que les importateurs devront désormais demander des permis spéciaux.

De la fourrure de zibeline à Milan. (Domaine public, Wikipedia, Kuerschner)

Fabriqués à partir de queues de zibelines et de renards, les chapeaux peuvent coûter jusqu’à 5 000 dollars. Les orthodoxes sont pratiquement les seuls utilisateurs de fourrure en Israël, en raison du climat méditerranéen chaud du pays.

Les zibelines sauvages, petite espèce de mammifère carnivore, sont élevées dans des exploitations à travers la Russie, comme l’a documenté la BBC.

Un animal dans une exploitation de zibelines pour la fourrure en Russie. (Capture écran/BBC)

La décision de limiter la délivrance de permis a été saluée par le groupe de défense des animaux PETA, qui a félicité Israël « pour avoir reconnu que le commerce de manteaux, de pompons et d’autres articles de mode frivoles fabriqués à partir de fourrure d’animaux sauvages est contraire aux valeurs de tout citoyen décent ».

Saluant également cette initiative, le groupe israélien de défense des animaux Animals Now a déclaré que, selon un sondage, 86 % des Israéliens étaient d’accord pour dire qu’il était inacceptable de recourir à des cages, de la torture et des méthodes brutales pour tuer des renards, des visons, des chiens et des chats pour « des articles de mode extravagants et inutiles ». L’initiative gouvernementale sauverait « d’innombrables animaux », a-t-il ajouté.

Une porte-parole de l’INPA a déclaré que très peu de permis pour le commerce des animaux sauvages étaient délivrés et que les questions de conservation et les accords internationaux dont Israël est signataire entraient toujours d’abord en compte.

Selon Humane Society, environ cent millions d’animaux sont élevés et tués chaque année dans des exploitations intensives de fourrure pour approvisionner l’industrie de la mode, tandis que des millions d’autres dans la nature sont piégés et tués pour leur fourrure, principalement aux États-Unis, au Canada et en Russie.

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