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Issawi Frej, ministre du Meretz, ne se présentera pas aux prochaines élections

Il a déclaré qu'il continuera à œuvrer à renforcer le bloc de gauche et affirmé que le chef du Meretz devait partir, estimant que Nitzan Horowitz a échoué dans son leadership

Le ministre de la  Coopération régionale  Issawi Frej à la Knesset de Jéusalem, le 14 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Coopération régionale Issawi Frej à la Knesset de Jéusalem, le 14 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Coopération régionale, Issawi Frej, a annoncé mardi qu’il ne se représenterait pas aux prochaines élections, mettant un terme à plus d’une décennie passée à la Knesset sous l’étiquette du parti du Meretz de gauche.

Frej a fait cette annonce au cours d’un entretien télévisé au cours duquel il a appelé le leader actuel de sa formation, le ministre de la Santé Nitzan Horowitz, à démissionner en raison de ses difficultés à gérer les divisions au sein de la faction. Il a estimé que la ministre de la Protection environnementale, Tamar Zandberg, avait toutes les qualités requises pour le remplacer à la tête du Meretz.

Frej, le plus haut-responsable du cabinet issu de la communauté arabe israélienne et l’un des partisans les plus fervents du gouvernement Bennett-Lapid, a affirmé que la coalition sortante avait représenté une opportunité historique pour le renforcement du partenariat entre Juifs et Arabes à une époque empoisonnée par les clivages.

Tandis que le ministre de la Coopération régionale s’est focalisé sur le renforcement des liens entre Israël et ses voisins arabes, Frej a aussi mis un point d’honneur a élargir son portefeuille de manière à y inclure la question palestinienne et il a eu des contacts réguliers avec ses collègues de Ramallah pour tenter de renforcer l’Autorité palestinienne, alors même que le gouvernement était dirigé par un Premier ministre, Naftali Bennett, qui refusait pour sa part de s’engager dans toute négociation politique avec l’AP.

« Je n’ai pas l’intention d’être membre du Parlement dans la prochaine Knesset mais je continuerai à me montrer actif dans le service public », a confié Frej devant les caméras de la Douzième chaîne, affirmant qu’il apporterait une plus grande contribution au Meretz et au bloc de gauche depuis l’extérieur de la Knesset, sans influence des intérêts politiques.

Interrogé sur le travail réalisé à la tête du Meretz par son actuel dirigeant, Nitzan Horowitz, Frej lui a attribué le mérite des six sièges remportés par la faction au cours des dernières élections et de l’intégration de la formation au sein du gouvernement. Concernant les efforts livrés depuis par le ministre de la Santé, Frej a estimé qu’il avait « raté l’examen » du leadership.

Le leader du Meretz Nitzan Horowitz avec la députée Tamar Zandberg et Esawi Frej, membre du Meretz, pendant une conférence de presse à Tel Aviv, le 4 janvier 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Il a remporté six sièges mais il n’a pas su les conserver », a dit Frej, faisant apparemment référence à l’incapacité de Horowitz de gérer la députée Ghaida Rinawie Zoabi de manière à ce qu’elle respecte la ligne du parti.

Rinawie Zoabi avait brièvement quitté la coalition au mois de mai et elle aura ultérieurement aidé à enterrer une loi qui était déterminante pour la survie de la coalition, contribuant ainsi à l’effondrement du gouvernement. Horowitz avait été critiqué pour ne pas avoir suffisamment examiné la candidature de Rinawie Zoabi avant de lui accorder une place sur la liste du Meretz, la politique prônée par la législatrice arabe ayant été finalement bien plus proche de celle défendue par la Liste arabe unie, encore plus à gauche. Le dirigeant du Meretz avait aussi été critiqué pour avoir largement ignoré Rinawie Zoabi et les autres membres de la faction, concentrant plutôt très largement ses efforts sur le travail du cabinet et s’impliquant peu dans les affaires parlementaires.

Horowitz « peut être un député excellent, un membre de faction excellent, c’est un homme qui a des valeurs et qui a fait de bonnes choses mais il n’est pas bon dirigeant », a continué Frej.

Horowitz a émis un communiqué en réponse qui a placé l’accent sur le fait qu’il était parvenu à faire entrer le Meretz dans un gouvernement pour la toute première fois depuis deux décennies, et soulignant sa décision de nommer Frej ministre « pour renforcer le partenariat entre Juifs et Arabes ».

Arrivée de la députée Meretz Ghaida Rinawie Zoabi pour une interview au studio de la Douzième chaîne à Neve Ilan, le 19 mai 2022. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)

« Le Meretz est le foyer politique de la gauche et au cours du prochain scrutin, il adoptera la ligne de la liberté et de l’égalité, une ligne qui parlera au public de gauche en Israël. Je remercie Esawi Frej pour sa contribution apportée au Meretz et je lui souhaite bonne chance », a dit Horowitz.

Pour sa part, Frej a estimé que Zandberg avait toutes les qualités nécessaires pour prendre la tête de la formation, tout en disant que Yair Golan ne serait pas un bon choix dans la mesure où il ne représente pas véritablement la gauche israélienne.

Mardi également, le ministre des Communications Yoaz Hendel, du parti Tikva Hadasha de la coalition, a réclamé la création d’un bloc conjoint de droite avant le prochain scrutin.

« Nous avons formé un bon gouvernement, il y a eu beaucoup de problèmes mais il est impossible d’avancer vers les élections à venir alors que nous ne représentons actuellement que des fragments de partis – Derekh Eretz, Tikva Hadasha, Yamina, Matan Kahana et ainsi de suite », a-t-il déclaré.

Hendel est à la tête de la sous-faction Derekh Eretz, qui s’était séparée de Kakhol lavan sous le précédent gouvernement et qui avait ultérieurement rejoint Tikva Hadasha de Gideon Saar. Yamina était placé sous la direction de l’ex-Premier ministre Naftali Bennett, qui a annoncé la semaine dernière qu’il quittait la politique et qui a confié la direction de son mouvement à la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked, sa numéro deux. Allié de Bennett, le vice-ministre aux Affaires religieuses Matan Kahana est actuellement encore membre de Yamina mais il réfléchirait à partir pour rejoindre une autre formation.

Yoaz Hendel (G) et Benny Gantz (D) à la Knesset, le 13 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/ Flash90)

« Nous devons mettre en place une forme ou une autre d’union. Je suis prêt à travailler dans ce sens jusqu’à ce que nous réussissions à le faire parce que nous ne pouvons pas continuer ainsi et mettre en péril la capacité de former, une fois encore, un gouvernement d’unité qui contienne à la fois la gauche sioniste et la droite de gouvernement », a dit Hendel devant les caméras de la Douzième chaîne.

« Selon moi, ça a été une chose excellente. Nous avons échoué dans beaucoup de choses, je ne l’ignore pas. J’ai beaucoup de choses à reprocher au Meretz et à Zoabi et je déplore ce qui s’est passé. Quoi qu’il en soit, nous devons mettre en place un réel pouvoir ».

Dans les derniers sondages, Tikva Hadasha ne franchit qu’à peine le seuil de représentation électorale et la formation est actuellement en pourparlers avec Kakhol lavan, dont les résultats dans les sondages sont plus forts, concernant la possibilité d’une fusion. La Douzième chaîne a néanmoins noté que cette initiative rencontrait des obstacles en raison du refus de certains, au sein de Kakhol lavan, de permettre la réintégration de Hendel après le retrait antérieur de ce dernier de la faction. Il avait aussi empêché le président de la formation, Benny Gantz, de mettre en place une coalition avec la Liste arabe unie, à majorité arabe.

Mardi matin, le vétéran du Likud Yuval Steinitz a lui aussi annoncé son départ de la politique, 23 ans après être entré à la Knesset et quelques semaines seulement avant les Primaires organisées par la première formation de l’opposition en amont des élections nationales du mois de novembre.

Citant son besoin « d’air nouveau », Steinitz met ainsi un terme à une carrière politique qui aura compris 12 années consécutives passées à la tête de cinq ministères. Ses expériences les plus significatives auront été son passage au poste de ministre des Finances quand le Likud est revenu au pouvoir en 2009, un portefeuille dont il a conservé la responsabilité jusqu’en 2013, ainsi que sa fonction de ministre de l’Énergie de 2015 à 2021, année où le Likud a rejoint les bancs de l’opposition.

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