J Street dit soutenir le droit de boycotter… et la législation anti-BDS
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J Street dit soutenir le droit de boycotter… et la législation anti-BDS

Le lobby de gauche pour le Moyen-Orient soutient 2 projets de loi à la Chambre des représentants des USA : l'un en faveur du mouvement pro-palestinien et l'autre contre celui-ci

Des groupes palestiniens et juifs de gauche organisent une manifestation allant de Times Square vers le bâtiment des Nations unies à New York, le 15 septembre 2011, appelant à mettre un terme à l'aide américaine vers Israël et à soutenir le mouvement BDS contre Israël. (AP Photo/David Karp)
Des groupes palestiniens et juifs de gauche organisent une manifestation allant de Times Square vers le bâtiment des Nations unies à New York, le 15 septembre 2011, appelant à mettre un terme à l'aide américaine vers Israël et à soutenir le mouvement BDS contre Israël. (AP Photo/David Karp)

J Street a réagi à deux nouvelles propositions américaines concernant le boycott d’Israël, l’une en faveur du mouvement et l’autre contre celui-ci, en affirmant qu’il les soutient toutes les deux. Le groupe a fait valoir qu’il peut à la fois soutenir le droit des Américains à boycotter et s’opposer aux attaques contre Israël.

La représentante américaine Ilhan Omar a présenté mardi une résolution visant à contrer les lois qui restreignent le boycott d’Israël. Son projet de loi ne nomme pas l’État juif ou le mouvement pro-palestinien de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS), mais elle a déclaré dans une interview accordée mardi que l’objectif de la résolution était de soutenir le mouvement BDS.

La résolution affirme le droit des Américains à participer aux boycotts en tant qu’expression de leur liberté d’expression en vertu du Premier amendement, citant les mouvements de boycott contre l’Allemagne nazie, l’URSS et l’apartheid en Afrique du Sud.

Parallèlement, les dirigeants démocrates à la Chambre se préparent à présenter une résolution non contraignante condamnant le BDS.

Mercredi, la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants a adopté la résolution, qui accuse le mouvement BDS de promouvoir « les principes de culpabilité collective, de punition générale et d’isolement collectif ». La direction de la Chambre décidera si la résolution sera soumise au vote de la Chambre au complet et quand le vote aura lieu.

J Street a déclaré dans un communiqué qu’elle soutient la résolution présentée par Omar et coparrainée par les représentants Rashida Tlaib et John Lewis puisqu’il est protégé par le droit à la liberté d’expression du Premier amendement.

La représentante Démocrate du Minnesota, Ilhan Omar, au Capitole de Washington, le 18 juillet 2019. (AP Photo/J. Scott Applewhite)

« Nous avons été à l’avant-garde de la lutte contre une législation dangereuse qui vise à imposer des sanctions juridiques anticonstitutionnelles à ceux qui boycottent. Nous pensons également que de tels efforts pour restreindre les droits constitutionnels des partisans du mouvement mondial BDS ne servent en fin de compte qu’à attirer davantage l’attention sur leur mouvement », a déclaré l’organisation politique de gauche pour le Moyen-Orient dans un communiqué.

La législation d’Omar « s’oppose aux efforts législatifs anticonstitutionnels visant à restreindre ce droit fondamental à tout groupe d’Américains au service d’une cause quelconque. Elle ne mentionne ni ne fait référence à Israël, aux Palestiniens ou au mouvement mondial BDS », a déclaré J Street.

Le groupe a également déclaré qu’il soutenait la résolution de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants qui rejette le BDS, puisqu’elle le fait « sans porter atteinte aux droits des Américains en matière de liberté d’expression et sans chercher à les restreindre de quelque façon ».

Cette résolution concorde avec les objections du groupe à l’encontre du BDS, y compris « le refus du mouvement de reconnaître le droit du peuple juif à l’autodétermination nationale et son refus de soutenir une solution à deux États au conflit israélo-palestinien ».

J Street ne considère pas l’appui aux deux projets de loi comme contradictoire, affirmant que les législateurs peuvent s’opposer au mouvement BDS et soutenir le droit des Américains à soutenir tout mouvement de boycott.

« Peu importe à quel point on est en désaccord ou en opposition avec la rhétorique ou les objectifs de mouvements et d’efforts spécifiques, le droit au boycott est une composante importante de notre démocratie. À une époque où les institutions et les valeurs démocratiques clés sont de plus en plus attaquées par les démagogues de ce pays et du monde entier, c’est un droit auquel nous ne pouvons renoncer », a déclaré J Street.

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