Jason Greenblatt appelle les parties tierces à soutenir le plan de paix
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Jason Greenblatt appelle les parties tierces à soutenir le plan de paix

Le négociateur en chef de Trump affirme que c'est aux Israéliens et aux Palestiniens de décider, car "ce sont eux qui en vivront les conséquences"

Jason Greenblatt, représentant spécial du président américain Donald Trump pour les négociations internationales, (au centre), lors d'une visite en Israël qui comprend la périphérie de Gaza, l'hôpital Ziv à Safed et la Vieille Ville de Jérusalem, 29-30 Août, 2017. (Crédit : Ambassade des États-Unis à Jérusalem/via JTA)
Jason Greenblatt, représentant spécial du président américain Donald Trump pour les négociations internationales, (au centre), lors d'une visite en Israël qui comprend la périphérie de Gaza, l'hôpital Ziv à Safed et la Vieille Ville de Jérusalem, 29-30 Août, 2017. (Crédit : Ambassade des États-Unis à Jérusalem/via JTA)

WASHINGTON (JTA) — La meilleure chose à faire par tout le monde, exceptés les Israéliens et les Palestiniens, lorsque l’administration Trump révélera son plan de paix, c’est d’y apporter leur soutien, a indiqué le négociateur en chef de la Maison-Blanche. Rien d’autre.

« C’est aux Israéliens et les Palestiniens de décider ; c’est eux qui devront vivre avec les conséquences du plan, » a déclaré Jason Greenblatt à la Jewish Telegraphic Agency lors d’une interview mardi, dans son bureau de Washington.

Il a dit espérer que les gens extérieurs « se concentreront sur le bien, et y verront les contours d’un avenir meilleur. Et si les deux parties concernées sont prêtes à suivre le plan, ce seront elles qui s’efforceront de trouver les solutions aux problèmes les plus coriaces. »

Il a fait part de ses vœux en fin d’interview, pour souligner son importance. Par le passé, des parties externes au conflit ont mis à mal et même sabordé des négociations délicates, avec Jérusalem en point de friction.

Le négociateur de Donald Trump a confirmé que le plan ne serait pas révélé avant les élections israéliennes du 9 avril, mais n’a pas indiqué combien de temps il faudrait attendre par la suite.

Coïncidence ou non, Jason Greenblatt et le gendre du président américain, Jared Kushner, qui a pris les rênes des négociations, ont assidûment courtisé les deux camps qui ont contrecarré le compromis sur Jérusalem par le passé — les organisations juives américaines et les alliés arabes et musulmans des États-Unis.

L’envoyé américain s’exprime fréquemment dans des conférences des organisations juives, sans rien divulguer. Greenblatt et Jared Kushner viennent de présenter les grandes lignes du plan de paix à six pays du Moyen-Orient.

Le conseiller à la Maison-Blanche Jared Kushner lors de la Conférence sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient à Varsovie, Pologne, le 14, février 2019. (Crédit : AP Photo/Czarek Sokolowski)

Une partie du contenu révélé aux pays arabes sunnites concerneraient le soutien financier apporté aux Palestiniens. Le Congrès et l’administration Trump ont mis fin à leur versement d’aides aux Palestiniens.

Dans l’interview, Jason Greenblatt n’a pas expliqué si l’administration Trump avait sollicité l’aide financière des pays arabes, mais a souligné l’état critique de la situation économique.

« En plus d’un plan politique, nous avons développé un plan économique qui est fondamental à la réussite de la partie politique du plan, mais nous devons nous assurer que les Israéliens comme les Palestiniens auront la vie qu’ils méritent, » a-t-il affirmé.

Les dirigeants palestiniens sont sceptiques quant aux promesses économiques de Washington et assurent qu’il s’agit d’un écran de fumée pour que les Palestiniens abandonnent leurs revendications au sujet d’un État et de Jérusalem.

Jason Greenblatt a rejeté ces spéculations, les qualifiant de contre-productives. Il fait passer son message par d’autres moyens, dit-il — via Twitter, entre autres plateformes — aux Palestiniens « ordinaires. »

« Cela nous permet de clarifier les choses quand certains travestissent nos points de vue, » explique-t-il. « Ils ne sont peut-être pas d’accord avec notre politique, mais ils sont très reconnaissent que l’administration s’adresse à eux. Même si les dirigeants palestiniens ne souhaitent pas échanger avec nous, les Palestiniens eux en ont très envie, et nous avons des discussions productives avec ceux qui discutent avec nous. »

Sa dernière remarque illustre parfaitement la vieille rengaine diplomatique : un « optimisme prudent.”

« Nous présenterons un plan juste, réaliste et applicable, et qui pourrait améliorer la vie des Israéliens, des Palestiniens et de la région de façon considérable, » a fait savoir Greenblatt. « Des compromis devront être faits bien sûr — les deux camps ne pourront conclure un plan de paix exhaustif sans compromis. Reste à voir si nous y parviendrons. »

Le président américain Donald Trump prononce son discours sur l’état de l’Union lors d’une session conjointe du Congrès au Capitole à Washington, DC, sous la surveillance du vice-président Mike Pence, le 5 février 2019. (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)

Par le passé, Jérusalem a souvent été au cœur de l’attention extérieure. En 1995, l’AIPAC était parvenue à faire avancer une loi reconnaissant la ville sainte comme capitale d’Israël, à la consternation du Premier ministre israélien d’alors, Yitzhak Rabin, et du président américain Bill Clinton, qui voulaient disposer d’un certaine marge de manœuvre pour maintenir en vie le processus d’Oslo.

En 2000, ce sont les dirigeants arabes et musulmans qui ont averti le chef de l’Autorité palestinienne de l’époque, Yasser Arafat, qu’il avait pris le risque de compromettre la ville, une posture qui avait contribué à l’échec des accords de Camp David. L’Arabie saoudite, qui contrôle les deux principaux sites musulmans de la ville, n’accepterait par de compromis sur Jérusalem. Aujourd’hui, les responsables de l’administration Trump ont néanmoins fait des Saoudiens un allié clé dans la mise en place du plan.

Et en 2007, après le lancement des discussions d’Annapolis par l’administration de George W. Bush, le Premier ministre israélien de l’époque, Ehud Olmert, s’en était vivement pris aux organisations juives américaines qui l’avaient mis en garde contre un partage de la ville sainte.

Si Jérusalem est un problème cette fois-ci, ce sera différent. Trump a pris le revers de la politique de ses prédécesseurs et reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, y déménageant l’année dernière l’ambassade américaine, à la grande colère des dirigeants palestiniens, qui n’ont pas parlé à Greenblatt depuis plus d’un an.

Dans l’interview, le négociateur a fait savoir que « toutes les questions fondamentales » seront abordées dans le plan, mais n’a pas élaboré davantage. Une interprétation conventionnelle des termes « questions fondamentales » impliquerait Jérusalem, un État palestinien, les frontières et les réfugiés.

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