“J’avais tort”, admettent des non-vaccinés aux infirmières sur leur lit de mort
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“J’avais tort”, admettent des non-vaccinés aux infirmières sur leur lit de mort

Des infirmières de l'hôpital Beilinson expriment leur frustration que des gens refusent le vaccin, alors qu'il est prouvé que cela limite les cas de COVID les plus graves

L'infirmière Maysoon Makladeh se prépare à prendre son service dans l’aile du coronavirus de l’hôpital Beilinson de Petah Tikva. (Capture d'écran : La Douzième chaîne)
L'infirmière Maysoon Makladeh se prépare à prendre son service dans l’aile du coronavirus de l’hôpital Beilinson de Petah Tikva. (Capture d'écran : La Douzième chaîne)

La grande majorité des patients COVID-19 gravement malades à l’hôpital Beilinson de Petah Tikva ne sont pas vaccinés. Pour les infirmières Miri Shem-Ad et Maysoon Makladeh, il est douloureux d’être témoin d’une tragédie pourtant souvent évitable, alors que les patients dépérissent du virus.

Les deux infirmières ont accordé samedi des interviews télévisées à la Douzième chaîne, où elles témoignent des regrets de ceux qui ont choisi de ne pas se faire vacciner, et racontent leurs propres frustrations face à une certaine population qui semble refuser de prendre au sérieux la pandémie en cours.

« Je ne sais pas si les gens savent à quoi ressemble une personne quand elle est comme un poisson hors de l’eau. Leurs yeux sortent de leurs orbites alors qu’ils essaient d’inspirer plus d’oxygène, mais l’oxygène n’entre pas », a déclaré Shem-Ad pour tenter de décrire la souffrance des patients atteints de coronavirus avec des symptômes sévères.

« Je perds en moyenne deux patients par shift… Ils se lèvent pour aller aux toilettes en pensant qu’ils sont prêts à rentrer chez eux et soudainement leurs poumons s’effondrent et ils n’ont plus d’air », a-t-elle déclaré.

La plupart ne sont pas vaccinés.

« J’ai une grande frustration parce que je sais avec certitude que s’ils avaient été vaccinés, ils n’auraient pas atteint un tel état », explique Makladeh, en référence à un de ses patients non-vacciné qui souffre maintenant d’une défaillance de ses organes.

L’infirmière Maysoon Makladeh de l’hôpital Beilinson de Petah Tikva. (Capture d’écran : La Douzième chaîne)

« Je prie pour lui, nous continuons à tout lui donner, mais il existe désormais un moyen d’empêcher ça. Cela me fait mal que les gens n’en profitent pas », a-t-elle déclaré.

C’est un point de vue partagé par Shem-Ad, qui a affirmé que leur frustration n’affecte pas le traitement que reçoivent les non-vaccinés.

« Quand je vois une femme de mon âge qui a besoin d’être branchée à l’oxygène, mon cœur l’accompagne, qu’elle soit vaccinée ou non », a-t-elle déclaré.

Elle a raconté comment un autre patient l’a suppliée de ne pas le laisser seul à l’approche de la fin.

« Nous nous sommes battus pour le sauver pendant quelques jours, mais à la fin, il a compris que son heure était venue. Il m’a attrapée et m’a tirée plus près et m’a dit : ‘Ne me laisse pas seul’. »

« Longtemps, j’ai caressé son front et je lui ai répété encore et encore : ‘Tu n’es pas seul, je suis avec toi, tout va bien’ », a-t-elle raconté. « Je l’ai répété jusqu’à ce qu’il ferme les yeux. »

L’infirmière Miri Shem-Ad de l’hôpital Beilinson de Petah Tikva. (Capture d’écran : La Douzième chaîne)

Après une période où les nouveaux cas quotidiens sont tombés à moins de 100 et même moins de 10 par jour, Israël est confronté à une résurgence des infections depuis juin, qui voit la morbidité atteindre son plus haut niveau depuis des mois.

Les infirmières ont déclaré que la majorité des personnes gravement malades n’étaient pas vaccinées et en ont souvent exprimé un profond regret.

« Une femme est venue nous voir après avoir accouché. Elle et son mari n’étaient pas vaccinés. Elle a dit qu’elle avait le sentiment de ‘s’être fait avoir [par les anti-vax]. Ils nous ont bien eus.’ Ils avaient vu toutes ces vidéos et pensaient vraiment faire le bon choix », a déclaré Shem-Ad.

Des infirmières surveillent les patients dans le service de coronavirus de l’hôpital Beilinson de Petah Tikva. (Capture d’écran : La Douzième chaîne)

« Nous observons une grande différence entre vaccinés et non-vaccinés. Ce matin encore, un homme de 49 ans, lucide, indépendant, travailleur, marié, père de deux enfants – un homme en bonne santé, fort – qui a fait le choix personnel de ne pas se faire vacciner ; et aujourd’hui son corps l’a trahi », a déclaré Makladeh

« Il ne pouvait plus respirer. Il ne pouvait plus nous parler. Deux minutes avant de le mettre sous respirateur, nous avons eu une brève conversation pour obtenir son accord. Il a dit : ‘J’avais tort’. Il l’a compris, mais j’ai peur qu’il ne soit trop tard. »

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