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Jénine : Un émeutier palestinien serait mort dans des heurts avec l’armée

Les militaires ont essuyé "des tirs massifs" dans le camp de Jénine alors qu'ils démolissaient la maison de Raad Hazem, qui avait tué 3 personnes à Tel Aviv

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les forces de sécurité israéliennes ont effectué un raid dans la ville de Jénine, en Cisjordanie, aux premières heures de la matinée de mardi pour y démolir le domicile d’un terroriste palestinien qui avait tué trois Israéliens au mois d’avril à Tel Aviv, a annoncé Tsahal.

Une vidéo publiée par l’armée a montré l’appartement démoli par deux explosions dans un bâtiment du camp de réfugiés de Jénine, largement réputé pour être un bastion des groupes terroristes palestiniens. Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent les lieux détruits, avec un mur complètement soufflé et des débris.

L’ordonnance de démolition avait été émise au mois de mai pour l’appartement de Raad Hazed, qui avait ouvert le feu sur les clients du bar Ilka, situé rue Dizengoff à Tel Aviv.

L’armée a indiqué que des affrontements avaient éclaté avec notamment « des tirs massifs en direction des soldats ».

Selon les médias palestiniens, un homme a été tué dans ces échanges de coups de feu avec les militaires et plusieurs Palestiniens ont également été blessés.

Les militaires ont précisé que les troupes avaient tiré sur les hommes armés et les émeutiers qui jetaient des explosifs dans leur direction.

Le défunt s’appelait Muhammed Musa Sabaaneh.

Hazem avait tué Tomer Morad et Eytam Magini, deux amis âgés de 27 ans, et Barak Lufan, un père de trois enfants qui était lui âgé de 35 ans, dans cette attaque à l’arme à feu qui avait fait également une dizaine de blessés. Il avait pris la fuite après l’attentat et il avait été retrouvé alors qu’il se cachait aux abords d’une mosquée à Jaffa après une chasse à l’homme qui avait duré plusieurs heures et qui avait impliqué des centaines de membres des forces de sécurité israéliennes.

Alors qu’il avait initialement levé les mains en signe de reddition, Hazem avait ensuite sorti une arme pour ouvrir le feu sur les agents qui avaient riposté, le blessant mortellement.

Les troupes israéliennes à l’intérieur de la maison démolie de Raad Hazem, un terroriste qui a tué trois personnes à Tel Aviv au mois d’avril, dans le camp de réfugiés de Jénine, le 6 septembre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Israël démolit régulièrement les habitations des Palestiniens accusés de mener des attentats terroristes meurtriers en mesure de sanction. L’État juif défend cette pratique de démolition en disant qu’elle est un outil de dissuasion contre de nouvelles attaques et les responsables estiment que la rapidité du passage à l’acte, dans ce cas, est essentielle, la dissuasion se dégradant avec le temps.

Au fil des années, toutefois, un certain nombre de responsables de la Défense ont mis en doute l’efficacité de la pratique et les activistes estiment qu’elle s’apparente à une punition collective injuste.

Les trois victimes de l’attentat terroriste à Tel Aviv, le 7 avril 2022. De gauche à droite : Tomer Morad, Eytam Magini et Barak Lufen. (Crédit : Autorisation)

Cette démolition qui a eu lieu mardi a été menée après un appel lancé par les voisins de Hazem devant la Cour suprême, que cette dernière a rejeté.

Le raid a aussi eu lieu à un moment de violences croissantes en Cisjordanie.

Dimanche, ce sont sept personnes qui ont été blessées quand trois Palestiniens ont ouvert le feu sur un bus qui transportait des soldats, dont le chauffeur civil qui a été pour sa part grièvement touché. Six militaires ont été blessés mais leur vie n’est pas en danger. Deux des auteurs des tirs ont été capturés et un troisième s’est échappé.

Dans une autre attaque qui a eu lieu en fin de journée, dimanche, quatre soldats ont été blessés quand des Palestiniens ont ouvert le feu sur un poste militaire dans le centre de la Cisjordanie.

Raad Hazem, 29 ans, originaire de Jénine, le terroriste ayant commis un attentat à l’arme à feu dans un bar de Tel Aviv, le 7 avril 2022. (Autorisation)

Les tensions se sont accrues alors que les forces israéliennes de sécurité ont renforcé leurs opérations d’arrestation suite à une vague meurtrière d’attentats terroristes qui a fait 19 morts du côté israélien au début de l’année – avec notamment cette fusillade dans un bar de Tel Aviv.

Par ailleurs, les soldats ont arrêté dix personnes qui étaient recherchées dans des raids nocturnes en Cisjordanie, a fait savoir Tsahal dans la matinée de mardi.

Des perquisitions ont aussi eu lieu dans l’habitation des tireurs qui ont ouvert le feu, dimanche, au cours d’une attaque commise dans la vallée du Jourdain, dans la ville de Jiftlik.

« Les forces ont localisé des armes et des équipements logistiques », ont commenté les militaires.

Le chef d’État-major Aviv Kohavi a critiqué lundi l’Autorité israélienne pour son incapacité à gouverner dans les secteurs du nord de la Cisjordanie, où les soldats ont essuyé des tirs de manière répétée pendant leurs raids nocturnes tout au long de cette opération en cours depuis des mois dont l’objectif est d’empêcher des terroristes de commettre des attentats.

Plus de 1 500 suspects ont été placés en détention depuis le début de l’opération, selon Kohavi.

L’équipe du Times of Israel a contribué à la rédaction de cet article.

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