Jérusalem est une « ligne rouge », avertit le roi de Jordanie
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Jérusalem est une « ligne rouge », avertit le roi de Jordanie

Abdallah II affirme qu'il est du "devoir" du royaume de protéger les Lieux saints de la ville après la fermeture la Porte dorée

Le roi de Jordanie Abdallah II regarde la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi (pas sur la photo) s'exprimer avant leur rencontre au Capitole à Washington le 13 mars 2019. 
(Mandel Ngan/AFP)
Le roi de Jordanie Abdallah II regarde la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi (pas sur la photo) s'exprimer avant leur rencontre au Capitole à Washington le 13 mars 2019. (Mandel Ngan/AFP)

Mercredi, le roi de Jordanie Abdallah II a déclaré que Jérusalem était une « ligne rouge » pour son royaume alors que l’on observe un regain de tensions autour d’un édifice contesté au mont du Temple à Jérusalem.

« Jérusalem est une ligne rouge et nous ne changerons pas notre position. C’est notre devoir de protéger les lieux saints musulmans et chrétiens à Jérusalem, a déclaré Abdallah II de Jordanie alors qu’il était en visite dans la ville de Zarqa.

Les commentaires d’Abdallah surviennent après qu’un tribunal de Jérusalem a statué dimanche que le bâtiment connu comme la porte de la Miséricorde ou porte dorée sur le mont du Temple serait fermé alors que les poursuites judiciaires continuent.

Le ministère jordanien des Affaires étrangères a fortement critiqué la décision, affirmant que le tribunal de Jérusalem n’avait pas l’autorité pour statuer sur des questions liées au mont du Temple puisqu’il s’agissait d’un « territoire occupé ».

Le ministère a appelé Israël à annuler la décision du tribunal et à ne pas modifier le status quo de ce site très sensible.

Israël a capturé Jérusalem est à la Jordanie dans la guerre des Six jours de 1967 et, selon le traité de paix de 1994 entre les deux pays, il reconnaissait que le royaume avait la garde des lieux saints dans la Vieille Ville.

La décision de justice est intervenue deux jours après que des croyants palestiniens ont arraché les portes d’entrée du lieu saint après les prières du vendredi, malgré les appels au calme du Waqf.

Un groupe de manifestants a également hissé un drapeau palestinien sur le toit de l’immeuble, qui a ensuite été enlevé par la police.

La porte de la Miséricorde avait été fermée par les autorités israéliennes en 2003 parce que le groupe gérant la zone avait des liens avec le Hamas. La porte était restée fermée pour arrêter les travaux de construction illégaux effectués par le Waqf dont des officiels israéliens avaient dit qu’ils avaient causé des dégâts irréparables à des éléments archéologiques significatifs du lieu saint.

Des officiels israéliens pensent que le travail mené par le Waqf, qui refusait d’autoriser la présence d’observateurs israéliens a conduit à la destruction d’éléments de l’antiquité des périodes de présence juive sur place.

Le Waqf a depuis lors cherché à faire rouvrir la porte, organisant des manifestations-prières dans la zone qui ont souvent conduit à des affrontements avec la police.

Des Palestinians cassent une partie de la Port de la Miséricorde sur le mont du Temple dans la vieille ville de Jérusalem le 15 mars 2019. (Ahmad Gharabli/AFP)

Le mois dernier, le Waqf a rouvert le site et des fidèles palestiniens ont commencé à l’utiliser comme une mosquée, malgré des tentatives israéliennes de garder la zone fermée.

Depuis lors, des affrontements mineurs ont éclaté entre des fidèles palestiniens et des soldats israéliens. Jeudi dernier, la police a bouclé l’ensemble du mont du Temple après qu’une bombe incendiaire a été lancée sur un officier, qui a été légèrement blessé dans l’attaque.

Des officiels israéliens et jordaniens de haut rang mènent des négociations dans l’espoir de calmer la situation. Plus tôt ce mois, des officiels israéliens ont voyagé en Jordanie pour des rencontres bilatérales, et des officiels jordaniens ont aussi visité Jérusalem, selon des informations israéliennes.

Les négociations continuaient et les deux parties doivent encore trouver un accord, a déclaré le quotidien Haaretz.

La Jordanie a suggéré que le site soit fermé pour des rénovations à long terme. Si les Israéliens étaient d’accord sur le principe, ils ont en réalité insisté pour qu’il soit d’abord fermé sans que des rénovations n’aient lieu. Cette divergence n’a pas permis de conclure un accord.

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