Les séries étrangères sont « essentielles », dit une cadre de Netflix à Jérusalem
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Les séries étrangères sont « essentielles », dit une cadre de Netflix à Jérusalem

La vice-présidente du géant du streaming s'est entretenue avec le directeur-général de Keshet à un événement réunissant les producteurs aspirants de "Fauda" et "Shtisel"

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

A la première session d' INTV, la conférence de la télévision de 'innovation de Jérusalem, avec Cindy Holland de Netflix et Avi Nir de Keshet, le 11 mars 2019 (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)
A la première session d' INTV, la conférence de la télévision de 'innovation de Jérusalem, avec Cindy Holland de Netflix et Avi Nir de Keshet, le 11 mars 2019 (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Quel est le saint-Graal pour les cadres et pour les auteurs de la télévision israélienne ? Selon les créateurs de séries, c’est de voir leur programme proposé sur Netflix – fournisseur à la demande américain qui a commencé à envoyer des films par courriel aux spectateurs avant de changer définitivement la manière dont les gens regardent la télé.

Même si les émissions israéliennes diffusées sur Netflix n’ont pas été mentionnées une seule fois par Avi Nir, directeur-général du groupe médiatique israélien Keshet, au cours de sa conversation d’une heure avec Cindy Holland, vice-présidente des contenus originaux sur Netflix, à l’occasion de la toute première session de la Conférence de la télévision d’innovation d’INTV qui a eu lieu au YMCA de Jérusalem, la question est toutefois restée implicite.

Cette conférence a été le plus important rassemblement jamais organisé par INTV. C’est sa sixième édition à Jérusalem et elle a été mise en place en partenariat avec la société de médias Deadline Hollywood.

« Je n’ai jamais vu autant de cadres de Hollywood hors du Polo Lounge », s’est amusé Stacey Farish, de Deadline, lors de la session d’ouverture. « Keshet encourage tant de hauts-responsables du milieu à venir en terre sainte ».

Pendant deux jours, le 11 et le 12 mars, des cadres israéliens et de Hollywood se sont ainsi réunis pour des sessions consacrées à la programmation globale, au financement, à l’écriture, aux tendances et à la narration.

Cindy Holland, vice-présidente des contenus originaux chez Netflix (Autorisation : Netflix)

Lundi, Nir a lancé la conférence par une conversation avec Holland, qui travaille chez Netflix depuis 16 ans, l’amenant à évoquer à travers une brève discussion les débuts de Netflix puis son statut actuel de « plus grand perturbateur de la télévision ».

Les activités d’envoi de films par courriel de Netflix à ses débuts ont aidé l’entreprise à découvrir les habitudes des spectateurs. A son apogée, le réseau possédait 100 000 titres sur toutes sortes de sujets – ce qui lui a fait réaliser que ses contenus originaux devraient refléter cette diversité.

« Les DVD ont été pour nous un moyen d’atteindre un but », a commenté Holland. « La question était de savoir comment faire grandir un concept de livraison par internet ».

Les spectateurs passent en général deux heures devant leur écran au quotidien, avec des films qui servent de ‘trou normand’ entre les séries, a-t-elle ajouté. Ils regardent encore très largement leurs programmes sur des dispositifs connectés à la télévision, même si certains marchés émergents utilisent davantage les outils mobiles.

Avi Nir, directeur-général de Keshet Media (Autorisation : INTV)

Netflix compte actuellement 139 millions d’abonnés et un total estimé de 300 millions de spectateurs mais son potentiel de clientèle est encore bien plus large. Le réseau estime donc qu’il est nécessaire de fournir encore davantage de contenus adaptés afin de se positionner encore plus fortement sur le marché mondial, a noté Holland.

« Nous en sommes encore au stade de l’expérimentation », a-t-elle expliqué. « Nous avons des dizaines de personnes qui ont obtenu le feu vert et nous nous efforçons de fournir un environnement qui soit favorable aux créateurs. »

La sélection actuelle de Netflix en termes de programmation est très organisée, soucieuse de satisfaire au public aux goûts variés.

« Notre marque est aussi large que le sont les goûts de nos membre », a expliqué Holland. « Notre responsabilité est de les divertir ».

La série originale de Netflix, « House of Cards » (2010) qui a été suivie par « Orange is the New Black » ont été des paris gagnants qui ont aidé à lancer de nombreuses carrières.

Existe-t-il ce qu’on pourrait appeler un « programme international » ? A cette question, Holland a répondu à Nir que si 80 % des acquisitions de Netflix sont réalisées hors des Etats-Unis, l’entreprise est très consciente de la nécessité de fournir des contenus pour les autres pays et qu’elle s’intéresse énormément aux titres étrangers.

« Nous pensons que les acquisitions que nous faisons à l’international sont essentielles pour la force vitale de la compagnie », a-t-elle précisé.

« Narcos », une série sur le trafic de drogue en Colombie dans les années 1980, « a une résonance partout. Ce qui prouve que les stupéfiants et le crime voyagent ! », s’est-elle exclamé.

Les réalisations qui se vendent au sein des foyers ont généralement tendance à être plus attrayantes au niveau universel, a noté Holland.

Ces propos ont fait se redresser un grand nombre des cadres et auteurs israéliens dans la salle. Plusieurs séries israéliennes ont été présentées sur Netflix, notamment « Fauda » et « Shtisel » plus récemment.

Les spectateurs décident rapidement de ce qu’ils vont regarder et cette décision est prise en quelques secondes, a dit Holland.

Indépendamment des premières données qui émergent dans l’entreprise, « il est impossible de savoir par pressentiment ce qui fera un carton, on se sait jamais », a ajouté Holland.

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