Jérusalem : l’UE met en garde contre de « graves répercussions »
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Jérusalem : l’UE met en garde contre de « graves répercussions »

"Cela pourrait avoir de graves répercussions sur l'opinion publique dans des parties entières du monde", selon la diplomatie européenne

Federica Mogherini, Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, pendant une conférence de presse à Bucarest, le 7 octobre 2016. (Crédit : Daniel Mihailescu/AFP)
Federica Mogherini, Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, pendant une conférence de presse à Bucarest, le 7 octobre 2016. (Crédit : Daniel Mihailescu/AFP)

L’UE a mis en garde mardi contre les « graves répercussions » d’une éventuelle reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme la capitale d’Israël et du transfert de l’ambassade des Etats-Unis dans cette ville.

« Cela pourrait avoir de graves répercussions sur l’opinion publique dans des parties entières du monde », ont prévenu les services de la haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, dans un communiqué.

« Il faut rester concentré sur les efforts pour faire redémarrer le processus de paix et éviter toute action qui saperait ces efforts », selon la même source.

« Depuis le début de l’année », l’Union européenne estime qu’il faut réfléchir « aux conséquences que pourrait avoir une décision ou action unilatérales affectant le statut de Jérusalem ».

L’UE, partisane d’une solution à deux Etats vivant côte à côte dans les frontières de 1967, condamne avec fermeté la construction israélienne dans les Territoires palestiniens, qu’elle juge « illégale en droit international ».

« L’UE continuera son engagement avec les deux parties, ses partenaires internationaux et régionaux, y compris le Quartet (pour le Proche-Orient) afin de soutenir la reprise d’un processus de paix », selon le communiqué.

Une décision est toujours attendue de la part du président américain sur un transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem et une possible reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Le président américain Donald Trump à Cincinnati, dans l’Ohio, le 7 juin 2017. (Crédit: Nicholas Kamm/AFP)

Le président Trump doit se prononcer cette semaine sur l’épineux statut de Jérusalem, mais plus l’heure de la décision approche plus la pression internationale s’intensifie pour qu’il évite tout choix susceptible de ruiner les espoirs de relance du processus de paix.

« Le président a été clair sur cette affaire depuis le départ : ce n’est pas une question de si (l’ambassade sera effectivement déplacée à Jérusalem, NDLR), c’est une question de quand », a affirmé lundi soir Hogan Gidley, un porte-parole de la Maison Blanche, en annonçant que la décision de Donald Trump était reportée.

« Aucune action ne sera prise sur la dérogation aujourd’hui et nous annoncerons une décision dans les prochains jours », a-t-il ajouté.

La question est pourtant la même tous les six mois depuis plus de deux décennies : le président américain accepte-t-il de déménager l’ambassade des Etats-Unis en Israël vers Jérusalem, comme le prévoit une loi adoptée en 1995 par le Congrès, ou signe-t-il une dérogation pour la maintenir à Tel-Aviv, à l’instar du reste de la communauté internationale ?

Mais selon plusieurs observateurs, le milliardaire républicain est tenté par une troisième voie qui pourrait consister à repousser encore un tel déménagement tout en reconnaissant plus ou moins officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël. Il pourrait annoncer son choix mardi ou mercredi, selon des médias et des responsables américains.

Les Palestiniens étaient déjà échaudés par l’imbroglio de leur mission diplomatique à Washington, que les Etats-Unis ont récemment envisagé de fermer pour des raisons relativement obscures avant d’engager un revirement.

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Pour Mahmoud Abbas, qui tente de mobiliser la communauté internationale, reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël « détruirait le processus de paix » –que Donald Trump se dit pourtant déterminé à relancer et même à faire aboutir.

Les terroristes palestiniens du Hamas ont menacé d’une « nouvelle Intifada » tandis que pour le ministre israélien de la Défense Avigdor Liberman, « on a là une occasion historique de réparer une injustice ».

A l’approche de la décision, d’autres pays et organisations sont montés au créneau.

La Turquie a estimé lundi que cela provoquerait « une grande catastrophe » et « mettrait fin au processus de paix », ouvrant la voie « à de nouveaux affrontements ».

La Jordanie, gardienne des lieux saints musulmans de Jérusalem, a aussi mis en garde contre « une démarche aux conséquences graves » et les risques d' »escalade ».

Des avertissements relayés par l’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui réunira un sommet de ses 57 pays membres si M. Trump reconnaît Jérusalem comme capitale, et par le chef de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit.

Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson s’est entretenu ce week-end avec ses homologues égyptien et jordanien.

Lors d’un entretien téléphonique, « Emmanuel Macron a rappelé que la question du statut de Jérusalem devra être réglée dans le cadre des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, visant en particulier l’établissement de deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité avec Jérusalem pour capitale », selon un communiqué de l’Elysée.

M. Macron et M. Trump « sont convenus de se reparler prochainement à ce sujet », selon l’Elysée.

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