Jeunes et juifs : l’inconfort du quotidien en France et en Belgique
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Jeunes et juifs : l’inconfort du quotidien en France et en Belgique

Demandes de se justifier face à la "politique de Nétanyahou" ou insultes antisémites, le quotidien de certains lycéens est source d'anxiété

Illustration : Photo de lycéens (Crédit :   Maya Levin/Flash90)
Illustration : Photo de lycéens (Crédit : Maya Levin/Flash90)

Dans un contexte médiatique très marqué en février par la flambée de l’antisémitisme en France, plusieurs médias se sont penchés sur le vécu des jeunes juifs, notamment dans les écoles françaises et belges.

Selon Yohan Benizri, le président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) sur le plateau de RTL Info:

« Il y a un antisémitisme du quotidien que l’on retrouve dans les écoles, il y a des formes d’antisémitisme dans l’antisionisme, donc l’antisionisme comme paravent de l’antisémitisme. Il y a des discriminations. Un exemple concret : l’utilisation du mot juif comme insulte dans certaines écoles. Maintenant, le seul mot juif est une insulte dans certaines écoles de notre pays. Dans la jeunesse, c’est extrêmement inquiétant ».

Interrogée par Francetvinfo, Shirel Shimoumy, 20 ans et employée dans une société de communication raconte avoir été choquée lorsqu’elle a été victime pour la première fois d’une agression verbale antisémite lorsqu’elle était au collège. Elle sortait de l’école juive avec une amie, un vendredi soir. ‘A ce moment, les rues du quartier se vident car c’est Shabbat’, relate-t-elle. Deux garçons ont alors sauté sur les jeunes femmes pour leur voler leurs téléphones portables, en lançant ‘T’es juive, t’es riche, tu vas pouvoir t’en acheter un autre !’ « .

Axel, également interrogé par Francetvinfo, raconte : « Quand on me demande de quelle religion je suis, on me dit ‘C’est marrant, t’as pas une tête de juif’. »

De son côté Emma est perturbée par les demandes de prises de positions vis-à-vis du conflit israélo-palestinien : « Tu en penses quoi, de la politique de Nétanyahou ? Parce que c’est chez toi » lui a-t-on demandé. Ce à quoi elle a rétorqué : « Chez moi, c’est la France. »

Outre-Quiévrain, Yoan Benizri assène un message à ceux qui assimilent Juifs belges et Israéliens : « Les juifs de Belgique ne sont pas israéliens et en aucun cas il ne faut confondre les deux. »

Il dénonce également « l’utilisation de stéréotypes antisémites classiques dans des manuels de formation d’imams, par exemple la présentation du juif comme un ennemi un peu fourbe » qui ancrent des stéréotypes chez les responsables religieux.

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