John Kerry déterminé à boucler fin juin l’accord avec l’Iran
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John Kerry déterminé à boucler fin juin l’accord avec l’Iran

Malgré sa jambe cassée, l'infatigable secrétaire d'Etat américain compte bien participer aux négociations

Le Secrétaire d'Etat américain John Kerry à Bruxelles,  le 2 décembre 2014 (Crédit : John Thys / AFP)
Le Secrétaire d'Etat américain John Kerry à Bruxelles, le 2 décembre 2014 (Crédit : John Thys / AFP)

Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, qui s’est cassé le fémur dimanche lors d’une chute en vélo en France, reste déterminé à boucler le 30 juin un accord historique sur le nucléaire iranien et compte participer aux négociations finales fin juin.

Arrivé lundi vers 21H00 à Boston (nord-est des Etats-Unis) à bord d’un avion militaire médicalisé, il a immédiatement été admis à l’hôpital général du Massachusetts. Selon le porte-parole de la diplomatie américaine John Kirby, il devait être opéré mardi.

Mais avant même son arrivée, le département d’Etat avait mis les choses au point : « En juin, l’objectif principal du secrétaire d’Etat demeure les négociations avec l’Iran », a déclaré la porte-parole du Département d’Etat, Marie Harf. « Je veux être très claire là-dessus. Sa blessure n’y change rien. Lui et toute son équipe sont complètement focalisés sur le même calendrier, le 30 juin, date butoir pour ces pourparlers ».

Kerry s’est entretenu lundi avec plusieurs de ses homologues européens pour s’excuser d’avoir annulé ses déplacements prévus à Paris et Madrid, selon Marie Harf.

Avant son opération, le secrétaire d’Etat compte « participer par téléphone » à la réunion ministérielle à Paris de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique, selon John Kirby.

Ses homologues français et britannique, Laurent Fabius et Philip Hammond, y accueilleront le Premier ministre irakien, Haider al-Abadi.

John Kerry sera représenté à Paris par son premier adjoint Antony Blinken.

Kerry avait lui-même tweeté en quittant la Suisse qu’il avait « hâte de (…)retourner au département d’Etat (mais qu’) entre-temps le travail continue ».

Pas d’impact sur l’Iran

Cycliste confirmé et qui emporte souvent son vélo en voyage, John Kerry s’est brisé le fémur droit en tombant dimanche sur une route près de Scionzier (Haute-Savoie, centre-est) alors qu’il s’apprêtait à s’attaquer au col de la Colombière, un grand classique du Tour de France. Il a été évacué par hélicoptère vers l’hôpital universitaire de Genève où il a passé deux jours.

La veille de son accident, il avait négocié six heures durant à Genève avec son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, avec l’espoir de conclure dans un mois un règlement définitif entre les grandes puissances et l’Iran sur son programme nucléaire controversé.

Les discussions ont été aussi « intenses » que « complètes », s’est bornée à dire Harf.

En fait, si Kerry et Zarif affichent une certaine complicité depuis des mois, ils ne sont pas parvenus à aplanir les divergences entre le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne) et la République islamique.

Sceller un accord avec l’Iran pour s’assurer qu’il n’aura jamais la bombe atomique, en échange d’une levée des sanctions, est une priorité de l’administration du président Barack Obama. Depuis fin 2013, Kerry a conduit maintes fois personnellement les tractations avec Zarif. Après une nouvelle réunion d’experts du 5+1 jeudi à Vienne, John Kerry est censé donner une dernière impulsion politique fin juin.

Mais des analystes ne croient pas que la convalescence de l’infatigable John Kerry, pièce maîtresse de la politique étrangère des Etats-Unis, fera dérailler le processus diplomatique avec l’Iran.

« Les négociations ne dépendent pas d’une seule personne », pointe Alireza Nader, du centre d’analyses Rand Corporation, soulignant que « le gouvernement américain a beaucoup investi » pour trouver une solution au casse-tête du nucléaire iranien qui empoisonne la communauté internationale depuis 2003.

Son collègue Hussein Ibish, de l’Arab Gulf States Institute in Washington (AGSIW), ne voit pas non plus d' »impact majeur sur les initiatives diplomatiques des Etats-Unis, notamment sur les discussions avec l’Iran ».

Reste que le secrétaire d’Etat, 71 ans, grand sportif et visiblement en très bonne forme physique, sera de facto contraint de marquer une pause dans le rythme effréné de ses tournées à l’étranger : depuis qu’il a pris les commandes du département d’Etat en février 2013, il a parcouru en avion 819 000 miles (1,3 million de km), s’est rendu dans 63 pays et a passé 356 jours en voyage.

Kerry est arrivé lundi soir à Boston à bord d’un avion C-17 Globemaster, quadriréacteur de transport de l’US Air Force, venu le chercher à Genève depuis la base militaire américaine de Ramstein, en Allemagne.

Du personnel militaire médical était à bord et le ministre était accompagné de son chirurgien orthopédique qui était allé le chercher dimanche en Suisse pour le ramener aux Etats-Unis.

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