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Jordanie : à Petra, des voitures électriques aux côtés des animaux

Le projet a également été salué car il améliore l'accessibilité du site aux personnes à mobilité réduite et profite à l'industrie du tourisme, fortement impactée par la pandémie

Des touristes montent sur des chameaux et d'autres sur une charrette électrique, lors de leur voyage dans la célèbre cité antique de Petra en Jordanie, à quelque 230 km au sud de la capitale Amman, le 27 octobre 2021. (Crédit : Khalil MAZRAAWI / AFP)
Des touristes montent sur des chameaux et d'autres sur une charrette électrique, lors de leur voyage dans la célèbre cité antique de Petra en Jordanie, à quelque 230 km au sud de la capitale Amman, le 27 octobre 2021. (Crédit : Khalil MAZRAAWI / AFP)

Dans l’antique cité de Petra en Jordanie, les chevaux et mules promenant les touristes notamment en calèches côtoient désormais des voitures électriques, un moyen de transport accessible aux personnes à mobilité réduite et répondant aux revendications de défenseurs des animaux.

« Il n’y a ni pollution, ni fumée » et ce choix a « réduit le nombre de cas de maltraitance animale », se félicite Suleiman Farajat, à la tête de l’Autorité régionale de développement touristique à Petra.

Une flotte de dix voitures électriques peut désormais conduire les touristes le long du Siq, gorge tortueuse de plus d’un kilomètre menant à la cité taillée dans le granit rosé par les Nabatéens il y a plus de 2 000 ans.

Selon les autorités touristiques, leur nombre pourrait doubler en fonction de la demande, encore faible en raison des restrictions sanitaires.

Ces véhicules semblables à des voiturettes de golf devraient également faciliter la conservation du site, classé au patrimoine mondial de l’Unesco et principale attraction touristique du pays, avec plus d’un million de visiteurs en 2019.

Avant, « les roues des calèches heurtaient les parois des gorges, les crottins ne sentaient pas bons et il n’était pas simple de les nettoyer », explique M. Farajat.

« Ce n’était agréable ni pour les touristes, ni pour les chevaux, ni pour nous », assure-t-il, précisant que seulement douze calèches allaient disparaître.

Pour l’association PETA, qui critique l’utilisation à outrance des animaux de trait pour transporter les touristes, cette décision, prise en accord avec l’association des propriétaires de chevaux de Petra, est une « étape majeure pour les protéger ».

Si le groupe espère qu’un jour « il n’y aura plus d’animaux de trait à Petra », plusieurs centaines y travaillent toujours. Les autorités responsables du site souhaitent notamment « préserver le caractère du lieu » avec la présence des équidés.

Suleiman Farajat, chef de l’Autorité régionale du développement et du tourisme de Petra, parle à l’AFP dans son bureau de la cité antique de Petra, dans le désert du Wadi Rum, à quelque 230 km au sud de la capitale Amman, le 27 octobre 2021. (Crédit : Khalil MAZRAAWI / AFP)

Accessibilité

Ce projet a également été salué car il améliore l’accessibilité du site aux personnes à mobilité réduite.

« Les personnes handicapées mais également celles ayant des difficultés à marcher longtemps peuvent désormais voir cet endroit merveilleux », se réjouit Rudy, un touriste autrichien de 43 ans en fauteuil roulant.

Angie, une femme de 60 ans, venue des Etats-Unis pour admirer le site, confirme : « Cela peut sembler un petit peu surprenant d’avoir ces véhicules dans ce lieu magnifique, mais à notre âge, pouvoir revenir en voiture électrique était appréciable ».

« Avant (les chevaux) étaient fatigués, nous gagnions moins d’argent et la journée de travail était plus longue », défend Mohammad Amarat, patron de l’association des propriétaires de chevaux.

Ce système permet aux guides de gagner plus de 300 dinars jordaniens par mois (environ 420 dollars), soit plus qu’avant, en transportant cinq touristes par voyage contre deux dans les calèches, ajoute-t-il.

Une hausse de revenus bienvenue. La pandémie de Covid-19 a en effet porté un coup dur au secteur du tourisme jordanien, qui représentait avant la crise sanitaire entre 12 et 14 % du PIB, passant de 5,8 milliards de dollars en 2019 à un milliard en 2020, selon des chiffres officiels.

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