Jordanie: les deux accusés de sédition contre le roi plaident non coupable
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Jordanie: les deux accusés de sédition contre le roi plaident non coupable

Les deux responsables jordaniens sont accusés d'avoir cherché à renverser le roi Abdallah II au profit de son demi-frère, le prince Hamza

Bassem Awadallah, un ancien conseiller royal, quitte la cour de sécurité de l'État dans un véhicule après la première session de son procès, à Amman, en Jordanie, le 21 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Raad Adayleh)
Bassem Awadallah, un ancien conseiller royal, quitte la cour de sécurité de l'État dans un véhicule après la première session de son procès, à Amman, en Jordanie, le 21 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Raad Adayleh)

Les deux responsables jordaniens accusés d’avoir cherché à renverser le roi Abdallah II au profit de son demi-frère, le prince Hamza, ont plaidé non coupable à l’ouverture de leur procès à huis-clos lundi devant la Cour de sûreté de l’Etat, selon l’avocat de l’un.

Bassem Awadallah, ancien chef du bureau royal détenteur de la nationalité saoudienne, et Cherif Hassan ben Zaid, un temps émissaire spécial du roi en Arabie saoudite, ont plaidé « non coupable », a affirmé aux journalistes Me Mohammad Afif, l’avocat de Bassem Awadallah.

Selon l’acte d’accusation, les deux hommes sont notamment accusés d’avoir « œuvré contre la sûreté et la sécurité de la société jordanienne » et « d’avoir incité à la sédition ». Ils risquent jusqu’à vingt ans de prison, selon leurs avocats.

Le tribunal a entendu lundi deux des six témoins à charge, quatre militaires et deux civils, selon la télévision d’Etat. Le procès doit se poursuivre mardi.

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre Bassem Awadallah arrivant à la Cour de sûreté de l’Etat, vêtu d’un uniforme de prison bleu clair, un masque sur le visage et les mains menottées dans le dos, conduit par un membre des unités antiterroristes.

Le principal protagoniste de cette affaire, le prince Hamza, 41 ans, accusé d’avoir voulu renverser le roi et, pour ce faire, d’avoir cherché à obtenir l’aide de l’Arabie Saoudite, ne sera lui pas jugé.

« Le prince Hamza était déterminé à assouvir son ambition personnelle de régner, en violation de la Constitution et des coutumes hachémites », est-il pourtant écrit dans l’acte d’accusation.

Le roi de Jordanie Abdallah II lors de son discours pour l’inauguration de la session non ordinaire de la 19e législature, à Amman, en Jordanie, le 10 décembre 2020. (Yousef Allan / The Royal Hashemite Court via AP)

Le gouvernement jordanien avait annoncé le 4 avril l’arrestation de 18 personnes impliquées dans un complot visant à « ébranler la sécurité et la stabilité de la Jordanie ». Le prince Hamza avait lui affirmé être assigné à résidence et nié avoir pris part à un complot.

Les autorités avaient libéré 16 détenus fin avril après l’intervention de plusieurs personnalités et chefs tribaux auprès du roi. Seuls Bassem Awadallah et Cherif Hassan ben Zaid sont restés sous les verrous.

Après cette crise sans précédent pour la monarchie, Hamza a fait acte d’allégeance au roi et promis de « lui rester fidèle ».

Le roi Abdallah avait nommé Hamza prince héritier en 1999, à la demande de son défunt père. Mais il l’avait démis de ses fonctions en 2004 pour nommer son fils, le prince Hussein, prince héritier en 2009.

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