Jordanie : libération d’un soldat qui avait tué 7 écolières israéliennes
Ahmad Dakamseh avait tiré en 1997 sur des écolières israéliennes en excursion sur l’île de la Paix, une péninsule pittoresque située sur le Jourdain, près de la frontière israélienne
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Ahmad Dakamseh, un soldat jordanien qui avait tué en 1997 sept écolières israéliennes qui effectuaient un voyage scolaire en Jordanie, a été libéré dimanche après avoir fait 20 ans de prison, a annoncé à l’AFP un membre de sa famille.
« Les autorités ont libéré Ahmad Dakamseh ce dimanche vers 1h00 après qu’il a terminé sa peine de prison. Il est maintenant un homme libre », a déclaré son cousin Mohammed Yahya Dakamseh, joint au téléphone par l’AFP.
Ahmad Dakamseh a été libéré de la prison de Bab al-Hawa à Irbid, à 90 kilomètres au nord d’Amman, la capitale jordanienne.
Son arrivée samedi soir a été l’occasion d’une grande fête dans son village d’Abdar, situé dans le nord de la Jordanie, a indiqué le site d’information jordanien Khaberni.
Dakamseh a été accueilli par des dizaines de voitures roulant dans les rues, et des applaudissements des villageois, selon le site.
D’autres vidéos le montrent en train de saluer ses proches et de prendre des selfies avec des sympathisants.
En mars 1997, Ahmad Dakamseh avait tiré à l’arme automatique sur des écolières israéliennes en excursion sur « l’île de la Paix » à Naharayim (Baqura), une péninsule pittoresque située sur le Jourdain, près de la frontière israélienne, tuant sept d’entre elles et en blessant cinq autres ainsi qu’une enseignante.
Il avait été condamné par la cour de sûreté de l’Etat jordanien à la prison à perpétuité.
Dakamseh, qui souffre d’hypertension artérielle et de diabète, a été hospitalisé en 2014 après cinq jours de grève de la faim pour demander sa libération. Son frère Bassem a assuré dimanche qu’il était « en bonne santé ».
Les motifs de Dakamseh, qui avait 26 ans au moment des faits, était marié et père de trois enfants, n’ont jamais été clairs, mais il a affirmé avoir ouvert le feu sur les écolières car celles-ci s’étaient moquées de lui pendant qu’il priait.
En Israël, de nombreux médias ont rapporté la libération d’Ahmad Dakamseh en insistant sur la douleur des familles de victimes.
« Cette matinée nous ramène à cette horrible journée, 20 ans en arrière », a déploré Hezi Cohen, le père de l’une des écolières tuées, cité par le site d’informations Ynet. « Il [Dakamseh] aurait dû ressentir la douleur qu’il a causée à chaque moment de sa vie. »
« Qui dit que demain, il ne mènera pas une nouvelle attaque en tuant de nouveaux Israéliens ? », s’inquiète Orit Cohen, sœur de Keren Cohen, une autre victime.
Ahmad Dakamseh « a été présenté comme un héros dans le Parlement jordanien à l’époque du meurtre », regrette Israel Fatihi, dont la fille a été tuée dans l’attaque.
Après la tuerie, la police avait affirmé avoir empêché 100 personnes dont deux députés islamistes de rendre une visite de solidarité à la famille de l’assaillant.
Vingt-et-un parlementaires avaient en revanche condamné l’attaque dans un communiqué, soulignant que la guerre sainte mentionnée dans le Coran n’autorisait pas le meurtre d’enfants.
Le roi Hussein avait à l’époque interrompu une visite en Europe et était rentré en Jordanie pour condamner l’attaque. Il s’était ensuite rendu en Israël pour présenter ses condoléances aux familles des écolières assassinés. La Jordanie avait également payé des dédommagements.
L’attaque était intervenue moins de trois ans après la signature du traité de paix entre la Jordanie et Israël.
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