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Josep Borrell « très inquiet » face aux raids israéliens contre des ONG

Selon le chef de la diplomatie de l'Union européenne, aucune information substantielle n'a été fournie pour justifier ces opérations "qui sapent la société civile et son travail"

Des soldats israéliens mènent un raid en Cisjordanie, le 18 août 2022. (Crédit : Armée israélienne)
Des soldats israéliens mènent un raid en Cisjordanie, le 18 août 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Josep Borrell, ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne, a déclaré, lundi, que l’UE était « très inquiète » des raids israéliens qui ont été menés contre six ONG palestiniennes la semaine dernière.

« Ces actions ne sont pas acceptables », a-t-il dit dans une déclaration, ajoutant que ces raids entraient dans le cadre « d’une réduction préoccupante de l’espace offert à la société civile dans les territoires palestiniens ».

Borrell a ajouté que le bloc européen « se tient fermement aux côtés des organisations non-gouvernementales avec pour objectif de maintenir le droit à la liberté d’expression et à la liberté d’association ».

Il a ajouté « qu’aucune information substantielle » n’avait été fournie par Israël pour soutenir ses accusations lancées à l’encontre de ces groupes qui, selon l’État juif, servent de vitrine à des activités terroristes.

« Si des preuves convaincantes devaient être mises à disposition, nous agirions en conséquence », a-t-il déclaré.

« En même temps, il est crucial de garantir que la législation anti-terroriste n’entraînera pas un travail de sape de la société civile et du travail précieux qu’elle mène, de ses contributions apportées à la construction de sociétés plus justes et plus pacifiques », a poursuivi Borrell.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, annonce la reprise du Conseil d’association avec Israël, le 18 juillet 2022. (Capture d’écran)

Lundi, dans la matinée, l’Agence centrale des renseignements américaine, la CIA, a indiqué qu’elle était dans l’impossibilité d’étayer les accusations israéliennes portant sur les liens terroristes présumés des groupes.

Citant des sources proches de l’étude de la CIA, The Guardian a fait savoir qu’un rapport n’avait pas permis de trouver des éléments permettant d’appuyer les accusations. Le journal a noté que Washington n’avait pas ouvertement critiqué les désignations terroristes de ces organisations qui avaient été faites par l’État juif au mois d’octobre de l’année dernière.

C’est suite à ces désignations que les troupes israéliennes ont lancé un raid contre les bureaux, à Ramallah, de plusieurs ONG palestiniennes, la semaine dernière, scellant leurs portes d’entrée et laissant des notices faisant état de leur fermeture.

L’État juif a indiqué que les groupes opéraient en tant que branche du FPLP (Front populaire pour la libération de la Palestine), un groupe terroriste – ce que les ONG ont démenti. Elles ont, pour leur part, accusé Israël de tenter de réduire au silence les critiques portant sur les violations faites aux droits de l’homme.

Les organisations qui ont été inscrites sur liste noire en octobre dernier sont l’Union des comités de femmes palestiniennes, le Bisan Research and Advocacy Center, Al-Haq, Defense for Children-International in Palestine, l’Union des comités de travail agricole et Addameer, qui représente les prisonniers de sécurité palestiniens devant les tribunaux militaires israéliens.

Des images de caméras de sécurité montrant des troupes israéliennes lors d’une descente dans les bureaux de l’Union des comités de travail agricole, à Ramallah, le 16 août 2022. (Crédit : Capture d’écran/Twitter)

Cette initiative a été aussi condamnée en Israël. Lundi, plusieurs groupes de défense des droits de l’homme israéliens ont dénoncé le gouvernement suite à la fermeture des bureaux sur la base d’accusations qui, selon eux, sont infondées.

Au mois de juillet, l’Union européenne a indiqué qu’elle continuerait à transmettre des fonds à l’organisation Al-Haq après n’avoir décelé aucune trace d’irrégularité. Al-Haq est l’un des groupes de défense des droits de l’homme palestiniens opérant en Cisjordanie et à Gaza. L’organisation avait été fondée en 1979 par un avocat, Raja Shehadeh.

L’organisation a été impliquée dans des dépôts de plainte auprès de la Cour pénale internationale qui a ouvert, l’année dernière, une enquête sur des possibles crimes de guerre commis en Cisjordanie, en Israël et à Gaza depuis 2014.

Emanuel Fabian a contribué à la rédaction de cet article.

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