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JPMorgan avertit des risques d’investissement en Israël dus à la réforme judiciaire

Un mémo interne du géant bancaire américain cite les "hostilités géopolitiques" et le projet de refonte du système judiciaire, comme facteurs négatifs sur la notation d’Israël

le logo de JPMorgan Chase & Co apparaît au-dessus d'un poste de négociation sur le parquet de la Bourse de New York, à New York, le 16 août 2019. (Crédit : Richard Drew/AP)
le logo de JPMorgan Chase & Co apparaît au-dessus d'un poste de négociation sur le parquet de la Bourse de New York, à New York, le 16 août 2019. (Crédit : Richard Drew/AP)

JPMorgan, l’une des principales institutions financières américaines, a mis en garde contre le risque croissant d’investir en Israël en raison des projets de remaniement majeur du système judiciaire du nouveau gouvernement.

La note interne a été publiée vendredi, quelques jours seulement après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a cité JPMorgan et Goldman Sachs, autre géant bancaire américain, comme preuve que les projets judiciaires ne faisaient pas fuir les investisseurs potentiels.

Le mémo, relayé pour la première fois par la Douzième chaîne, cite à la fois les projets de réforme judiciaire présentés par le ministre de la Justice, Yariv Levin, et l’augmentation des « hostilités géopolitiques ».

Le document – qui souligne que les opinions exprimées dans le mémo sont bien les positions officielles de la banque – compare Israël à la Pologne, qui a adopté des réformes judiciaires similaires et a ensuite vu sa notation de crédit abaissée en janvier 2016.

JPMorgan a signalé la possibilité que le remaniement judiciaire pourrait exercer une pression négative sur la solvabilité d’Israël, qui, selon elle, se situe actuellement « confortablement dans la catégorie investissement ». Cela pourrait entraîner un ralentissement des flux d’investissements internationaux.

La banque a toutefois souligné qu’elle estimait que « l’impact de cette mesure sur le marché serait limité ».

Le projet de refonte du ministre de la Justice Yariv Levin, qui est soutenu par Netanyahu, prévoit de restreindre de manière importante la capacité de la Haute-cour à invalider des lois et des décisions gouvernementales avec l’adoption d’une clause dite « dérogatoire » qui permettrait au Parlement de surseoir aux décisions de la Cour suprême avec un vote à la majorité simple de 61 députés. Ces propositions prévoient aussi de donner au gouvernement le contrôle total de la sélection des juges ; de faire disparaître la notion juridique du « caractère raisonnable » du code pénal israélien, une notion sur laquelle s’appuient les magistrats pour juger une législation ou une décision prise par la coalition et elles prévoient également que les ministres seront autorisés à nommer leurs propres conseillers juridiques au lieu de devoir faire appel à ceux qui opèrent sous les auspices du ministère de la Justice.

Le plan a suscité des critiques intenses et des avertissements de la part des plus éminents experts, ainsi que des manifestations massives et des pétitions publiques lancées par des officiels variés, des professionnels et des entreprises privées, qui ont tous averti que ces réformes porteront atteinte à la démocratie et à l’économie.

La semaine dernière, Goldman Sachs a fait savoir que « les inquiétudes croissantes entraînées par les événements politiques en cours » mettaient l’accent sur l’exposition du shekel.

« Les cinq élections récentes, au cours des trois dernières années, se sont traduites de manière limitée sur les marchés financiers », a écrit dans un rapport diffusé vendredi Tadas Gedminas, économiste au sein de Goldman Sachs. « Ce qui ne signifie pas que la situation actuelle n’aura pas un impact plus significatif cette fois-ci et nous allons nous montrer très attentifs face aux développements à venir ».

« Ceci étant dit, nous pensons que ces changements culturels et leurs implications pour les marchés financiers sont sous-estimés », a-t-il continué.

Le mémo de JPMorgan a été publié après la déclaration vidéo de Netanyahu, affirmant dimanche qu’aucune des deux banques n’avait lancé d’avertissement sur les risques d’investissement.

« Ils disent que la réforme judiciaire va éloigner les investisseurs », a déclaré Netanyahu dans une vidéo en hébreu publiée sur Twitter dimanche, « mais deux des plus grandes et des plus importantes banques d’investissement, JPMorgan et Goldman Sachs, disent exactement le contraire. »

Les institutions financières nationales ont également fait part avec force de leurs préoccupations quant à l’impact négatif que les plans de Levin pourraient avoir sur l’économie du pays.

La semaine dernière, les responsables des banques israéliennes ont averti Netanyahu des retombées économiques potentielles qu’entraîneraient les propositions de son gouvernement pour une refonte radicale du système judiciaire du pays.

Photo d’illustration : La Bourse de Tel Aviv, le 29 novembre 2020. (Crédit : Miriam Alste

« Il est impossible d’ignorer toutes les données économiques qui montrent à quel point les mesures sont préoccupantes, et il faut donc arrêter immédiatement et ne faire progresser les réformes que de manière prudente et avec un large consensus », a déclaré le PDG de la Discount Bank, Uri Levin.

La semaine dernière, les économistes de Bank Hapoalim et de Leader Capital Markets ont déclaré que les informations selon lesquelles les investisseurs étrangers commenceraient à retirer leur argent d’Israël en réponse à la refonte du système judiciaire avaient entraîné une forte baisse du prix des obligations d’État, la vente d’actions sur le marché local (également par des entités étrangères) et un affaiblissement considérable du shekel.

Le ministre de l’Économie, Nir Barkat, a cherché à apaiser les craintes mercredi, en déclarant à la conférence Cybertech Global de Tel Aviv que lorsqu’il parle à des contacts à l’étranger, « cette question n’est même pas mentionnée. »

« Je n’ai pas l’impression que cela ait une incidence sur la situation. La raison en est que les investisseurs de par le monde recherchent les meilleurs entrepreneurs, les meilleures idées ou les meilleurs produits et sont à la recherche de solutions – tant qu’Israël pourra fournir cela, il restera un leader », a-t-il déclaré.

Mardi, le fondateur et PDG de Verbit, Tom Livne, a déclaré qu’il transférait sa société de logiciels hybrides de transcription et de sous-titrage, jusqu’ici basée en Israël, et dont le chiffre d’affaires s’élève à 2 milliards de dollars, pour protester contre les projets du gouvernement, et a encouragé d’autres PDG du secteur high-tech à suivre son exemple.

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