JStreet lance un programme de visite en Israël incluant les Palestiniens
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JStreet lance un programme de visite en Israël incluant les Palestiniens

Le groupe libéral juif va emmener 40 étudiants américains en Israël et en Cisjordanie pendant 10 jours en juillet

Un panneau accueille les participants à la conférence nationale 2013 de J Street à Washington. (Avec l'aimable autorisation de J Street)
Un panneau accueille les participants à la conférence nationale 2013 de J Street à Washington. (Avec l'aimable autorisation de J Street)

NEW YORK – Après des mois passés à critiquer Birthright Israël pour ce qu’il qualifie de voyages partisans, JStreet U lance son premier voyage gratuit en Israël et en Cisjordanie.

En juillet, 40 étudiants américains vont participer à un voyage de 10 jours organisé par le groupe progressiste. Présenté comme une alternative à Birthright, le voyage, qui est financé par des donateurs de J Street, fait partie de sa campagne « Let Our People Know » (Que notre peuple sache). Des responsables du groupe espèrent que le voyage donnera à la jeunesse juive américaine une image plus complète et nuancée de la vie en Israël.

« Nous espérons que ce voyage fournira un modèle pour le type d’éducation sur Israël que les jeunes Juifs veulent et dont ils ont besoin – un modèle qui se confronte à la réalité d’Israël, qui inclut les perspectives des Palestiniens qui vivent sous son occupation militaire depuis 52 ans », a déclaré Eva Borgwardt, présidente du Comité national J Street U et étudiante à l’université de Stanford.

« Cela démontrera que les Juifs américains peuvent voir Israël comme un endroit complexe, un lieu important, un lieu de défis. En faisant ce voyage, ils rencontreront des Israéliens et des Palestiniens qui travaillent pour un avenir meilleur, et auront une vision critique de leur propre rôle en tant qu’Américains dans ce dialogue et de l’effort pour aller vers un futur de paix et de démocratie pour le pays comme c’est mis en avant dans sa Déclaration d’Indépendance », a-t-elle déclaré.

L’annonce du voyage est intervenue des mois après que J Street U a fait circuler une pétition sur les campus du pays demandant que des intervenants palestiniens de leur choix soient compris dans les voyages organisés par Birthright Israël. Plus de 2 000 étudiants ont signé la pétition. A l’époque, ni JStreet U ni d’autres groupes de gauche ne pensaient financer leurs propres voyages.

Des participants d’un voyage Birthright en Israël (Photo personnelle).

En outre, ceux qui s’opposent à Birthright ont également organisé des événements de désobéissance civile l’année dernière. Début décembre 2018, trois étudiants liés au groupe IfNotNow, qui s’auto-définit comme étant anti-occupation, ont déclaré que Birthright les avait exclus de leur voyage pour avoir posé des questions sur le conflit israélo-palestinien. Durant l’été 2018, des activistes ont mis en scène plusieurs départs du programme pour protester contre ce qu’ils ont déclaré être un refus catégorique de Birthright de traiter le conflit en cours.

Ceux qui rejoignent le camp d’été visiteront des sites touristiques et d’héritage culturel à Jérusalem, Tel Aviv, en Galilée et d’autres endroits d’Israël. Ils rencontreront aussi des activistes israéliens pour la justice sociale, des communautés palestiniennes de Cisjordanie et des responsables d’implantations. L’itinéraire prévu permettra aux étudiants juifs américains de voir de leurs propres yeux les défis qui se dressent devant les Israéliens et les Palestiniens et la manière dont l’occupation empiète sur les droits de l’homme, a déclaré Borgwardt. Ce sont des défis que Birthright a ignoré depuis trop longtemps, a-t-elle dit.

Si Birthright a bien un module abordant le diversité sociale et que certains de ses voyages organisent des rencontre avec des citoyens arabes d’Israël, ils ne rencontrent pas de Palestiniens qui vivent au-delà la la Ligne verte.

« Nous avons soumis des demandes pour que des intervenants puissent parler de leur expérience de vie sous l’occupation en Cisjordanie, particulièrement ceux qui peuvent parler de l’expérience d’un Palestinien vivant sous le contrôle militaire et civil israélien dans la zone C, et Birthright nous a répondu que ces intervenants étaient catégoriquement interdits », a déclaré Borgwardt.

Des activistes de gauche posent avec un membre de la famille Sumarin qui est visé par une expulsion à Jérusalem après qu’ils ont mis en scène leur départ du voyage Birthright. (Capture d’écran/ Facebook)

Fondé en 1999, Birthright Israël aspire à renforcer les liens entre les Juifs de la Diaspora et l’Etat d’Israël grâce à un voyage gratuit de 10 jours. A l’heure actuelle, plus de 650 000 Juifs américains ont participé à ce programme.

Alors que Birthright déclare proposer régulièrement de nouveaux programmes, intervenants et contenus pour présenter aux participants les questions complexes qui traversent le Moyen-Orient, le groupe s’efforce de ne pas défendre d’agenda politique, d’opinion ou de croyances.

L’organisation n’a cependant aucun problème avec les jeunes Juifs américains qui proposent d’autres points de vue, a déclaré un porte-parole d’Israël Birthright.

« Nous respectons le désir de chaque jeune de visiter Israël d’une manière qui réponde à ses besoins ou intérêts, y compris en prolongeant leur temps de séjour en Israël après avoir participé au programme de leur choix. Nos voyages éducatifs ne sont pas partisans et nous avons donné la possibilité à 700 000 jeunes juifs adultes de visiter Israël au cours des 19 dernières années. Nous apprécions toutes les organisations qui cherchent à connecter la Diaspora juive à Israël et fournissent le cadeau de vivre l’expérience d’Israël en direct », a poursuivi le porte-parole.

Andy Ratto, membre de IfNotNow, parle aux participants de Birthright lors de leur voyage de départ à l’aéroprot JFK de New York, le lundi 18 juin 2018. (Steven Davidson/ Times of Israel)

Zachary Spitz, un membre du comité JStreet U et étudiant à l’université de Chicago, a mis en doute l’affirmation de Birthright.

« Birthright affirme être une institution apolitique. Mais en réalité, c’est une décision véritablement politique de restreindre la discussion sur l’occupation et d’éviter d’interagir avec des Palestiniens qui vivent sous l’occupation », a-t-il déclaré.

Il a déclaré qu’il espérait que ce voyage d’été servirait de modèle pour le type de voyages en Israël que tout le monde devrait pouvoir soutenir : « un voyage qui se confronte à la réalité de l’occupation au lieu de l’ignorer ».

JStreet U espère recevoir des centaines d’inscriptions. Même si l’organisation a demandé aux étudiants de promettre de participer seulement aux voyages qui respectent les standards J Streets, les étudiants qui ont participé à Birthright sont les bienvenus pour présenter leur candidature.

« Les Juifs américains veulent visiter Israël – et nous voulons développer une compréhension en profondeur de la vie réelle ici », a déclaré Spitz.

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