Juifs libéraux US à Biden : Annulez la politique Trump sur les implantations
Rechercher

Juifs libéraux US à Biden : Annulez la politique Trump sur les implantations

Selon une lettre au chef de la sécurité intérieure, étiqueter les produits juifs de Cisjordanie comme étant "Made in Israel" va à l'encontre de la politique US en faveur de 2 Etats

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le vigneron israélien Yaakov Berg tient une bouteille de son assemblage rouge nommé d'après le secrétaire d'État américain Mike Pompeo à la cave à vin de Psagot dans le parc industriel de Shaar Binyamin près de l'implantation israélienne de Psagot en Cisjordanie, au nord de Jérusalem, le 18 novembre 2020. (Emmanuel DUNAND / AFP)
Le vigneron israélien Yaakov Berg tient une bouteille de son assemblage rouge nommé d'après le secrétaire d'État américain Mike Pompeo à la cave à vin de Psagot dans le parc industriel de Shaar Binyamin près de l'implantation israélienne de Psagot en Cisjordanie, au nord de Jérusalem, le 18 novembre 2020. (Emmanuel DUNAND / AFP)

Un groupe de six éminentes organisations juives de gauche aux États-Unis a demandé à l’administration Biden de révoquer une directive de dernière minute de la précédente Maison Blanche qui exige que toutes les exportations américaines des implantations de Cisjordanie soient étiquetées comme « Made in Israel ».

« Nous pensons que cette politique est incompatible avec la politique américaine actuelle sur le statut des territoires occupés, qu’elle exige un étiquetage inexact et trompeur sur l’origine des produits et qu’elle est préjudiciable aux intérêts essentiels des Israéliens comme des Palestiniens », ont déclaré les groupes dans une lettre adressée mardi au secrétaire à la sécurité intérieure Alejandro Mayorkas, dont le bureau est chargé de mettre en œuvre cette politique.

Les groupes qui ont signé la lettre sont : Ameinu, Americans for Peace Now, J Street, New Israel Fund, Partners for Progressive Israel et T’ruah : L’appel rabbinique pour les droits de l’homme.

Jusqu’à ce que l’ancien secrétaire d’État Mike Pompeo annonce la nouvelle politique quelques semaines après la défaite électorale de l’ex-président Donald Trump, la politique américaine exigeait que les produits fabriqués en Cisjordanie soient étiquetés comme tels. Pompeo a déclaré que les règles mises à jour étaient « cohérentes avec notre approche de politique étrangère basée sur la réalité, exigeant de tous les producteurs dans les zones où Israël exerce son autorité – plus particulièrement la zone C en vertu des accords d’Oslo – … de marquer les produits comme « Israël », « Produit d’Israël » ou « Fabriqué en Israël » lorsqu’ils exportent vers les États-Unis ».

L’annonce semblait indiquer que la politique couvrirait également les marchandises fabriquées dans les villages palestiniens de la zone C, où Israël exerce un contrôle civil et sécuritaire. On estime qu’environ 150 000 Palestiniens vivent dans la zone C, qui comprend toutes les implantations israéliennes et couvre environ 60 % de la superficie de la Cisjordanie.

« Nous n’accepterons plus le marquage ‘Cisjordanie/Gaza’ ou d’autres marquages similaires, en reconnaissance du fait que Gaza et la Cisjordanie sont politiquement et administrativement séparées et devraient être traitées en conséquence », a déclaré Pompeo.

Depuis 1967, la politique américaine consiste à faire la différence entre Israël et les territoires qu’il a conquis pendant la guerre des Six Jours. Une directive de 1995 du département du Trésor exigeant que les biens provenant de Cisjordanie ou de la bande de Gaza soient étiquetés comme tels reste en vigueur. La directive a été republiée en 2016 par l’administration Obama, qui a averti que le fait d’étiqueter les marchandises comme étant « fabriquées en Israël » pouvait entraîner des amendes.

La nouvelle doctrine américaine semble s’aligner sur la politique israélienne existante, qui ne fait pas non plus de différence entre les biens produits de part et d’autre de la Ligne verte.

L’appel des groupes est arrivé exactement un mois avant l’entrée en vigueur de la directive. Pompeo a fait l’annonce le 23 novembre, mais a accepté une période de transition de trois mois avant qu’elle puisse être appliquée.

Les groupes juifs libéraux ont fait remarquer que cette décision a été prise « au milieu d’une vague d’activités de l’administration précédente visant à approuver et à légitimer les implantations israéliennes après la défaite électorale de Donald Trump ».

L’implantation juive de Maale Efrayim en Cisjordanie, dans la vallée du Jourdain, le 30 juin 2020. (AP Photo/Oded Balilty, File)

« En traitant de manière inexacte et trompeuse les colonies et autres produits de la zone C de la Cisjordanie comme s’ils étaient fabriqués en Israël, la notification générale tente de renverser des décennies de politique américaine qui fait une distinction ferme entre Israël et la Cisjordanie », ont-ils écrit.

Les groupes ont noté que la directive « va à l’encontre de la politique de l’administration Biden qui s’oppose aux activités de colonisation et à l’annexion unilatérale de territoires comme étant nuisibles aux perspectives de résolution pacifique et juste du conflit israélo-palestinien ».

En effet, le Département d’État s’est prononcé à plusieurs reprises au cours du mois dernier contre les mesures unilatérales prises par Israël en Cisjordanie.

Ni le Département d’État ni le Département de la sécurité intérieure n’ont répondu aux demandes de commentaires concernant cette lettre.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...