Jura : Antisémitisme et menaces de mort contre un agent de La Poste
"Je te brûle", "je te déporte", ou encore "je te mets dans un wagon", a notamment proféré le prévenu à un agent postal au téléphone
Un homme d’une quarantaine d’années a comparu, vendredi 13 mars, devant le tribunal correctionnel de Dole (Jura) pour des menaces de mort à caractère antisémite visant un agent de La Poste, après un litige lié au remboursement de timbres, a rapporté le journal local La Voix du Jura.
Selon l’accusation, le prévenu a proféré au téléphone des propos tels que « je te brûle », « je te déporte », « je te mets dans un wagon » ou encore « tu dois être amené dans un four crématoire », visant l’agent postal ainsi que sa famille. Il a également réitéré certains propos par courriel. Le parquet a retenu la qualification de « menaces de mort réitérées commises en raison de la religion ».
Les faits remontent au 10 janvier 2023. Après plusieurs renvois, l’affaire a été examinée vendredi. Se défendant sans avocat, le prévenu a reconnu s’être « emporté », tout en contestant le caractère antisémite de ses propos et la qualification de menaces réitérées. Il a demandé sa relaxe.
Interrogé à l’audience, il a nié toute intention antisémite, affirmant qu’il s’agissait de propos « sans volonté d’action ». L’avocat des parties civiles, représentant l’agent et La Poste, a évoqué d’autres déclarations du prévenu, notamment des références à des thèses imputant à des Juifs des crimes historiques, ainsi que des faits similaires visant un agent de l’Urssaf, faisant l’objet d’une procédure distincte.
Dans son réquisitoire, le procureur a dénoncé des propos « insupportables », ajoutant qu’ils s’inscrivent dans un « climat antisémite » croissant. Il a requis une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis probatoire, assortie d’une obligation de soins, évoquant une fragilité psychique relevée par une expertise. Le jugement a été mis en délibéré au 27 mars.








