Kakhol lavan accuse le Likud d’appâter ses députés
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Kakhol lavan accuse le Likud d’appâter ses députés

Alors que des médias accusent un proche de Netanyahu de tenter d'attirer une députée ultra-orthodoxe, Moshe Yaalon estime que le Likud a atteint son "niveau moral le plus bas"

Omer Yankelevich députée de Kakhol lavan, avec sa famille lors de l'investiture de la 21e Knesset, à Jérusalem le 30 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Omer Yankelevich députée de Kakhol lavan, avec sa famille lors de l'investiture de la 21e Knesset, à Jérusalem le 30 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le parti Kakhol lavan a réagi jeudi aux allégations de tentative du Likud d’attirer ses députés dans la coalition qu’il forme, alors que la composition du gouvernement se heurte à des difficultés.

Moshe Yaalon, un élu du parti parti Kakhol lavan, a déclaré que cette démarche montrait que la coalition, dirigée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avait atteint son « niveau moral le plus bas »

Cette accusation survient après qu’un journal israélien a rapporté qu’un proche de Netanyahu tentait de convaincre la députée Omer Yankelevich de rejoindre la coalition.

« En atteignant son niveau moral le plus bas, les hommes de Netanyahu prennent contact avec des députés de Khakhol lavan pour qu’ils rejoignent la coalition et blanchissent ses condamnations criminelles », a écrit Yaalon sur Twitter.

Yaalon, un ancien ministre de la Défense et membre du Likud, faisait référence à la décision du procureur général Avichai Liberman d’inculper Netanyahu dans plusieurs affaires pour corruption. Netanyahu, qui nie toute malversation, est en droit de se défendre au cours d’une audience avant d’être officiellement mis en examen.

L’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon durant un rassemblement contre la corruption gouvernementale, place Sion à Jérusalem, le 23 décembre 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Selon le quotidien Yediot Ahronoth, Natan Eshel, le négociateur du Likud pour la coalition, a pris contact avec plusieurs personnalités ultra-orthodoxes pour tenter d’intégrer Yankelevich à la coalition.

Former bureau chief Natan Eshel (photo credit: Kobi Gideon/Flash90)
Former bureau chief Natan Eshel (photo credit: Kobi Gideon/Flash90)

« Sans son vote, nous n’avons pas de gouvernement », aurait dit Eshel au sujet de Yankelevich, une femme ultra-orthodoxe. « Nous voulons qu’elle quitte Kakhol lavan et qu’elle rejoigne le Likud. »

Yedioth a rapporté qu’Eshel a dit que Yankelevich dirigerait une commission spéciale à la Knesset pour traiter des questions relatives aux ultra-orthodoxes si elle rejoignait le Likud et qu’elle « ne serait pas une députée insignifiante de Kakhol lavan ».

Si Yankelevich, ou tout autre député de Kakhol lavan venait rejoindre la coalition, Netanyahu pourrait former une majorité de 61 députés sans Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman, dont le parti laïc est farouchement opposé aux partis religieux et ultra-orthodoxes, qui devraient rejoindre le gouvernement.

Yankelevich a rejeté cette information qu’elle a décrit comme un »fantasme » et a réitéré son soutien à Kakhol lavan et à son chef Benny Gantz.

« C’est un mensonge », a-t-elle écrit sur Facebook.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, Avigdor Liberman, au centre, et Moshe Yaalon, à la Knesset, le 12 novembre 2014. (Crédit: Miriam Alster/Flash90)

Les informations de Yediot ont précédé une réunion entre Netanyahu et Liberman, sensée régler l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations de coalition.

Mardi, Liberman a déclaré aux députés d’Yisrael Beytenu que l’une des conditions pour rejoindre la coalition serait de « créer une politique sécuritaire acceptée en amont ». Mais il a admis que la position du parti sur les questions d’Etat et de religion posaient un problème encore plus gros.

L’une des questions les plus épineuses portent sur la régulation des exemptions de service militaire accordées aux étudiants ultra-orthodoxes, qui devrait être adoptée sans amendement par le gouvernement, selon Liberman. Les partis ultra-orthodoxes ont déclaré qu’ils ne rejoindraient pas la coalition si elle est adoptée en l’état. Yisrael Beytenu et les partis ultra-orthodoxes sont essentielles à Netanyahu pour obtenir la majorité dont il a besoin pour former sa coalition.

En 2017, la Haute Cour de justice a jugé qu’une version de 2015 du projet de loi israélien accordant des exemptions à la plupart des étudiants de yeshiva était inconstitutionnelle, invitant les législateurs à adopter de nouvelles directives en matière de recrutement ultra-orthodoxe. En 2018, le tribunal a accordé au gouvernement un mois et demi supplémentaire pour adopter le projet de loi, prolongeant ainsi la date butoir de début décembre à la mi-janvier, mais la Knesset a ensuite été dissoute et des élections ont été prévues pour le 9 avril.

Plus tôt ce mois-ci, le chef du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah a affirmé qu’il ne rejoindrait pas le nouveau gouvernement de Netanyahu si la loi proposée sur l’enrôlement des étudiants de yeshiva ultra-orthodoxes n’était pas modifiée, annonçant des négociations de coalitions difficile pour le premier ministre.

Yaakov Litzman, actuel vice-ministre de la Santé, a déclaré que toutes les demandes de son parti étaient coordonnées avec Shas, parti ultra orthodoxe. Yahadout HaTorah et Shas ont chacun huit sièges à la Knesset.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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