Kakhol lavan : Yaalon aurait accusé Lapid de faire fuir des électeurs
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Kakhol lavan : Yaalon aurait accusé Lapid de faire fuir des électeurs

Des tensions toucheraient le parti Kakhol lavan concernant la position laïque de Lapid et les vues plus à droite de Yaalon

Les dirigeants du parti Kakhol lavan, de gauche à droite, Gabi Ashkenazi, Benny Gantz, Yair Lapid et Moshe Yaalon lors d'une conférence de presse au siège du parti à Tel Aviv, le 10 avril 2019, au lendemain du jour des élections. (Flash90)
Les dirigeants du parti Kakhol lavan, de gauche à droite, Gabi Ashkenazi, Benny Gantz, Yair Lapid et Moshe Yaalon lors d'une conférence de presse au siège du parti à Tel Aviv, le 10 avril 2019, au lendemain du jour des élections. (Flash90)

A trois mois des élections, des fissures semblent se former au sein de la direction du parti Kakhol lavan.

Dans des commentaires ayant fuité dans plusieurs médias israéliens, le numéro 3 du parti, Moshe Yaalon, aurait critiqué la campagne agressive du co-président du parti, Yair Lapid, contre les partis ultra-orthodoxes sur les questions religieuses et sociales.

« Lapid fait fuir des électeurs potentiels du centre droit et des communautés religieuses », aurait déclaré Yaalon lors d’une réunion à huis clos réunissant des militants du parti.

« Lapid est un frein. Il a lancé une campagne négative, une campagne de haine qui nous fait du tort », a ajouté l’ancien chef de l’armée, selon les articles de presse.

« Il s’en prend à des groupes qui auraient pu autrement se retrouver dans Kakhol lavan, ou être nos partenaires à l’avenir. Sa prétention au poste de Premier ministre avec Benny Gantz a découragé des électeurs. »

Les commentaires de Yaalon ont été révalés en prime time à la télévision par les Douzième et Treizième chaînes.

Yair Lapid, le co-président de Kakhol lavan, participe à la parade annuelle de la Gay Pride à Jérusalem, le 6 juin 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Ancien ministre de la Défense du Likud, Yaalon dirige maintenant le parti Telem, qui a rejoint la coalition formée par le parti Hossen LeYisrael de Benny Gantz et Yesh Atid de Lapid pour créer Kakhol lavan avant les élections d’avril.

Soutien d’une ligne dure qui s’oppose à un Etat palestinien, Yaalon est considéré comme étant plus à droite que beaucoup d’autres au sein du parti centriste. Yesh Atid se présente comme un parti socialement libéral et opposé à la coercition religieuse des partis politiques ultra-orthodoxes.

Yaalon a affirmé que Kakhol lavan pourrait attirer plus d’électeurs du centre-droite sans la présence de Lapid sur la liste du parti.

« Les sondages indiquent bien cela, même maintenant. Il y a beaucoup de gens au centre et à droite qui veulent et pourraient voter pour Kakhol lavan mais qui sont préoccupés par les positions de [Lapid]. Il est vu comme un ‘anti’. Nous pensions qu’il serait un élément d’unité, mais il y a certaines personnes qui le poussent vers la gauche. »

Contacté pour commenter ces propos par la Douzième chaîne, le bureau de Yaalon a insisté pour affirmer que Lapid est « un ami et partenaire » et a suggéré que des opposants politiques étaient derrière ces informations de « conflits imaginaires » dans le parti – les proches de Yaalon n’ont cependant pas démenti explicitement les commentaires.

« Kakhol lavan se présentera aux prochaines élections sous le leadership de Benny Gantz, soutenu par des dirigeants unis et forts, afin de former le prochain gouvernement et ce dans l’intérêt d’Israël, pouvait-on lire dans le communiqué officiel. Yair Lapid est un ami et un partenaire. J’invite nos opposants politiques à se concentrer sur l’opinion publique et non pas sur des conflits imaginaires. »

Le dirigeant du parti Kakhol lavan Benny Gantz (2e à gauche) et ses principaux alliés Moshe Yaalon, Gabi Ashkenazi et Yair Lapid saluent les sympathisants après la publication des résultats des sondages au siège du parti à Tel Aviv, le 9 avril 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Un responsable anonyme de Yesh Atid a fustigé Yaalon dans des commentaires au site d’information Ynet mercredi soir, déclarant que Yaalon « oublie que c’étaient les électeurs de Yesh Atid qui lui ont permis, ainsi qu’à ses amis, d’entrer à la Knesset alors qu’il se trouvait bien en-dessous du seuil électoral. [Yaalon] et ses amis sapent à nouveau notre unité et notre collaboration. Malgré cela, nous sommes engagés pour concourir ensemble aux prochaines élections – et pour les gagner ».

Les débats politiques à l’occasion des prochaines élections prévues pour le 17 septembre se focalisent sur les questions religieuses, après que Netanyahu n’ait pas réussi à trouver de compromis sur ces mêmes questions entre Yisrael Beytenu et les partis ultra-orthodoxes afin de former une coalition, suite aux élections du 9 avril.

Lapid a été très critique des velléités d’introduire des restrictions religieuses juives dans la vie publique et s’est positionné lui-même comme un contre-poids aux ultra-orthodoxes sur des questions religieuses et d’Etat.

Plus tôt ce mois-ci, il a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu de vouloir instaurer une théocratie du style de l’Iran en Israël après que le Likud aurait négocié un accord de coalition avec le parti haredi Yahadout HaTorah. Netanyahu aurait accepté la demande d’Yahadout HaTorah d’annuler la législation qui interdit des événements séparés entre hommes et femmes dans l’espace public.

La proposition d’accord du Likud avec le parti haredi Yahadout HaTorah, qu’a révélée début juin le diffuseur public Kan, précisait que « d’ici à 90 jours, le gouvernement changerait la loi de telle sorte qu’il devienne autorisé de fournir et organiser des services publics, des sessions publiques d’étude et des événements publics dans lesquels les hommes et les femmes seraient séparés. Cette séparation ne constituera pas une discrimination selon la loi ».

Des groupes ultra-orthodoxes ont fait pression dans le passé pour que soient mis en place des complexes et des événements où les hommes et les femmes seraient séparés, mais ces tentatives ont été bloquées par les tribunaux, qui ont statué qu’elles constituaient une discrimination.

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