Kantor : L’audit sur l’antisémitisme du Parti de la liberté est « sans valeur »
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Kantor : L’audit sur l’antisémitisme du Parti de la liberté est « sans valeur »

Le président du Congrès juif européen affirme que l'audit ne doit pas servir de "diversion" pour les textes antisémites des Confréries du Parti de la liberté

Moshe Kantor, président du Congrès juif européen (Photo : Courtesy Moshe Kantor)
Moshe Kantor, président du Congrès juif européen (Photo : Courtesy Moshe Kantor)

Les dirigeants juifs européens ont réagi avec scepticisme à la publication d’un examen interne d’un parti d’extrême droite autrichien suite à la découverte de textes antisémites dans ses confréries affiliées.

Le président du Congrès juif européen Moshe Kantor et Oskar Deutsch, le dirigeant de la communauté juive autrichienne, ont rejeté l’audit interne du Parti de la liberté (FPÖ) dans des déclarations faites ces derniers jours.

La publication, a dit Kantor, « ne peut pas être juste un outil de diversion. » Et Deutsch dans une déclaration mardi l’a qualifié de « sans valeur » en l’absence d’action concrète.

Le Parti de la liberté, qui a été fondé par d’anciens responsables nazis et qui est maintenant un partenaire de coalition du parti au pouvoir de centre-droit, a nommé le mois dernier une commission d’historiens pour examiner le passé du parti suite à la découverte plus tôt ce mois-ci d’un recueil de chants de 1997 contenant des textes antisémites dans la confrérie « Germania zu Wu Wiener Neustadt ».

Cette découverte a entraîné la démission d’Udo Lanbauer, un homme politique régional du Parti de la liberté, qui est entré dans la coalition au pouvoir du chancelier Sebastian Kurz en décembre après avoir obtenu un quart des voix lors des élections législatives d’octobre.

Un deuxième recueil de chants avec des textes antisémites a été découvert la semaine dernière, appartenant à la Confrérie Bruna Sudetia basée à Vienne. Le chef de ce groupe fait partie du personnel du ministre de l’Infrastructure, Norbert Hofer, un politicien du Parti de la liberté qui a perdu l’année dernière de justesse l’élection présidentielle du pays.

Le vice-chancelier autrichien Heinz-Christian Strache lors d’une conférence de presse après la première réunion du nouveau gouvernement autrichien le 19 décembre 2017 à Vienne, en Autriche. (AFP Photo/Joe Klamar)

Sous la direction de Heinz-Christian Strache, le Parti de la liberté a purgé ses rangs de quelques éléments antisémites qui, selon lui, n’ont pas leur place dans son mouvement.

Strache s’est rendu en Israël et lui et d’autres responsables du parti ont parlé favorablement de l’État juif. Certains d’entre eux soutiennent la reconnaissance internationale de Jérusalem comme capitale d’Israël, ont-ils déclaré.

Mais la découverte des recueils de chansons souligne la popularité du Parti de la liberté auprès des étudiants et la prédominance de la rhétorique antisémite dans leurs rangs. Cela a exposé Kurz à de nouvelles critiques concernant le partenariat de son parti avec le Parti de la liberté.

Lors d’un discours prononcé à la conférence du Congrès juif européen intitulée « An End to Antisemitism » à Vienne la semaine dernière, Kantor a mis en garde contre une tentative de diversion dans laquelle le Parti de la Liberté « trouverait des éléments de preuve contre quelques membres déjà exclus ».

Le comité d’enquête, a-t-il dit aux centaines d’universitaires qui se sont réunis à Vienne pour le symposium de cinq jours, « doit mener à des recommandations pratiques qui sont mises en œuvre ».

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