Katz : les Etats-Unis soutiennent mon initiative de paix fondée sur les transports
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Katz : les Etats-Unis soutiennent mon initiative de paix fondée sur les transports

Le ministre veut relier Israël et les Palestiniens avec la Jordanie, les états du Golfe et l’Irak au moyen d’un vaste réseau ferroviaire

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Yisrael Katz, ministre des Transports et du Renseignement, pendant une conférence de presse sur la création d'une île artificielle au large de Gaza et d'un réseau ferré moyen-oriental, le 5 avril 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Yisrael Katz, ministre des Transports et du Renseignement, pendant une conférence de presse sur la création d'une île artificielle au large de Gaza et d'un réseau ferré moyen-oriental, le 5 avril 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le ministre des Transports Yisrael Katz a déclaré mercredi que l’administration Trump avait exprimé son soutien à son initiative de paix régionale, fondée sur des projets de connexion d’Israël, des Palestiniens, de la Jordanie, des états du Golfe et même de l’Irak au moyen d’un vaste réseau ferré.

Katz a indiqué qu’il avait présenté son projet à l’envoyé américain Jason Greenblatt quand il était à Jérusalem le mois dernier, pendant une longue discussion détaillée. Lors d’une conférence de presse depuis son bureau de Jérusalem, Greenblatt a exprimé son « très grand intérêt et sa très grande appréciation » du projet, a déclaré le ministre du Likud, qui détient également le portefeuille des Renseignements.

« Il a dit qu’il enrôlerait le président et toute l’administration » pour soutenir le plan, a ajouté Katz.

Répondant à une demande du Times of Israël adressée à Greenblatt, un responsable de la Maison Blanche a indiqué que la proposition était « intéressante », mais que les Etats-Unis n’avaient pas encore de position officielle à son propos.

« Pendant qu’il était dans la région, Jason Greenblatt a fait une visite d’écoute. Il a entendu beaucoup d’idées intéressantes, dont celle-là. Mais ce n’est pas une décision politique américaine, plutôt quelque chose que les parties et les acteurs régionaux devront discuter ensemble », a déclaré le responsable, qui a demandé à rester anonyme. « De plus, pour l’instant, les Etats-Unis n’ont pas suffisamment de détail sur ces idées pour prendre une position éclairée. »

Depuis leur rencontre du 16 mars, Katz a indiqué qu’il était toujours en contact avec Greenblatt, le représentant du président américain Donald Trump pour les négociations internationales, au sujet de ce projet, et il compte « poursuivre ces contacts, avec l’implication du Premier ministre, avec les Etats-Unis, avec d’autres états du monde et de la région. »

Jason Greenblatt, conseiller du président américain Donald Trump, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 13 mars 2017. (Crédit : Matty Stern/ambassade américaine de Tel Aviv)
Jason Greenblatt, conseiller du président américain Donald Trump, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 13 mars 2017. (Crédit : Matty Stern/ambassade américaine de Tel Aviv)

Le ministre a ajouté qu’il avait parlé à Greenblatt de son projet de construction d’une île artificielle au large de la bande de Gaza, dirigée par le Hamas, pour faciliter l’approvisionnement de l’enclave palestinienne.

L’île, qui pourrait faire 534 hectares et devrait coûter environ cinq milliards de dollars, comprendrait des infrastructures pour fournir à Gaza les services essentiels qui lui font pour l’instant défaut, comme des usines de désalinisation pour fournir de l’eau potable et une centrale électrique, un port de fret et une zone de stockage de containers. Ceci, selon Katz, permettra d’ouvrir l’économie gazaouie au reste du monde, et un pont relierait l’île à Gaza, dont une partie sera un pont-levis. Un aéroport pourra par la suite être envisagé.

Le projet est conçu pour améliorer les conditions humanitaires à Gaza, qui est sous blocus israélien et égyptien depuis dix ans, depuis que le Hamas a renversé son rival, le Fatah, dans un violent coup d’Etat en 2007. Israël et les groupes terroristes gazaouis, notamment le Hamas, se sont livrés à trois guerres depuis 2008.

Les responsables des Nations unies ont appelé à la levée du blocus, mais Israël affirme qu’il est nécessaire pour empêcher le Hamas d’obtenir des armes ou des matériaux permettant d’en fabriquer.

L’un des points cruciaux du projet d’île artificielle serait, pour Katz, qu’Israël contrôle la sécurité autour et dans le port, afin de garantir la sécurité israélienne en empêchant l’entrée de matériaux qui peuvent être utilisés pour attaquer les civiles israéliens. Les préoccupations majeures concernent les roquettes et les tunnels.

Le projet du ministère des Transports pour une île artificielle au large de la bande de Gaza, qui comprendrait un port, une usine de désalinisation, une centrale électrique, et un aéroport. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le projet du ministère des Transports pour une île artificielle au large de la bande de Gaza, qui comprendrait un port, une usine de désalinisation, une centrale électrique, et un aéroport. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Katz propose cette idée d’île artificielle depuis déjà plusieurs années, mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le reste du cabinet de sécurité ne l’a jamais adoptée. Greenblatt, pour sa part, a été très intéressé par l’idée, a déclaré Katz.

L’initiative principale de Katz, intitulée « Voix pour une paix régionale », est fondée sur l’extension prévue des voix ferrées du nord d’Israël. L’idée est qu’Israël soit relié au réseau ferré jordanien, qui sera à son tour connecté à celui de l’Arabie saoudite et des autres états arabes sunnites, créant ainsi un système de transport régional qui améliorera les relations commerciales et promouvra une coexistence pacifique.

« Il y a deux composantes centrales, qui sont au cœur de cette initiative, a expliqué Katz. Israël en tant que pont terrestre entre l’Europe et la Méditerranée et la Jordanie, et la Jordanie comme centre régional de transport, qui sera relié au système ferroviaire d’Israël et de la Méditerranée à l’Ouest, à l’Arabie saoudite, aux états du Golfe et à l’Irak à l’est, au sud est et à la mer Rouge, via Aqaba et Eilat dans le sud. »

Relier Israéliens et Palestiniens au monde arabe sunnite augmenterait les échanges commerciaux de manière spectaculaire, et poserait les bases d’une future paix régionale, a affirmé Katz, opposé à la notion d’état palestinien.

Il a déclaré avoir discuté de son projet avec plusieurs dirigeants du monde arabe, mais n’a pas voulu donner plus de précision.

« Ils ne sont pas étrangers au sujet. Il y a eu et il y aura des débats de fond avec eux. Je suis très optimiste sur la possibilité d’avancer ces sujets », a-t-il déclaré.

Katz, qui est ministre des Transports depuis 2009, veut étendre la ligne Haïfa – Beit Shean à l’est, pour la relier à la ville jordanienne d’Irbid ; et au sud pour la connecter avec la région de la ville palestinienne de Jénine, en Cisjordanie.

Ce projet permettrait la création de routes commerciales alternatives entre les différents pays, permettant des relations commerciales plus rapides, moins chères, et plus sures, a déclaré Katz.

« Au-delà de la contribution aux économies israélienne, jordanienne et palestinienne, l’initiative connectera économiquement et politiquement Israël à la région, et consolidera le camp pragmatique de la région », a-t-il affirmé.

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