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Kevin McCarthy veut écarter Ilhan Omar d’une commission de la Chambre

Le futur probable président de la Chambre a dit qu'il exclurait la représentante démocrate de la Commission des Affaires étrangères - notamment pour ses critiques d'Israël

Le leader de la minorité à la chambre américaine des représentants, Kevin McCarthy, monte sur la scène avant son discours lors de la conférence de la Coalition juive républicaine à Las Vegas, le 19 novembre 2022. (Crédit :  AP Photo/John Locher)
Le leader de la minorité à la chambre américaine des représentants, Kevin McCarthy, monte sur la scène avant son discours lors de la conférence de la Coalition juive républicaine à Las Vegas, le 19 novembre 2022. (Crédit : AP Photo/John Locher)

LAS VEGAS (JTA) — Kevin McCarthy, qui devrait devenir probablement le prochain président de la Chambre américaine des représentants, a fait savoir qu’il écarterait Ilhan Omar, représente démocrate du Minnesota, de la Commission des Affaires étrangères, en partie pour ses critiques d’Israël.

Il a aussi laissé entendre que les critiques qu’elle avait proférées à son encontre entraient aussi en compte dans sa décision.

McCarthy, représentant républicain de Californie dont le parti n’a gagné qu’une majorité étroite à la chambre, s’est exprimé samedi devant les membres de la Coalition juive républicaine lors d’une conférence organisée à Las Vegas.

« Je me souviens de ce qu’elle a dit à mon sujet », a-t-il déclaré. « Je me souviens de ce qu’elle a dit sur Israël. Je me souviens de ce qu’elle a dit sur la relation entre les États-Unis et Israël ».

« Et je m’en souviens tellement bien que je vous avais promis, l’année dernière, qu’elle ne siégerait plus au sein de la Commission des Affaires étrangères. Je vais tenir cette promesse », a-t-il ajouté sous les applaudissements.

Omar a réclamé que le Congrès puisse davantage superviser la relation entre les États-Unis et Israël. Elle s’en est pris à certains groupes du lobby pro-israélien, semblant parfois reprendre à son compte des tropes antisémites portant sur le contrôle juif, et elle a été accusée de haine antijuive par certaines organisations juives, par les républicains et par certains démocrates (Omar a ensuite présenté ses excuses pour certains des propos qu’elle avait tenus, mais pas tous). Elle soutient le mouvement de boycott d’Israël.

Dans l’un des tweets, Omar avait ainsi dit que le soutien apporté par McCarthy à l’État juif « est une histoire de Benjamins » – un mot en argot désignant les billets de cent dollars. Elle avait présenté ultérieurement ses excuses. Omar avait aussi dit que McCarthy était « un menteur et un lâche », l’année dernière, quand il s’était refusé à sanctionner Lauren Boebert, membre républicaine du Congrès représentant le Colorado, qui avait estimé qu’Omar faisait partie « d’un commando djihadiste » et qui avait ajouté en plaisantant qu’elle craignait qu’Omar, musulmane d’origine somalienne, ne transporte sur elle une bombe.

La représentante démocrate Ilhan Omar s’exprime après avoir à nouveau gagné les élections lors du scrutin de la mi-mandat à Saint Paul, dans le Minnesota, le 9 novembre 2022. (Crédit : AP Photo/Abbie Parr)

Lors d’une initiative rare, en 2021, les Démocrates, qui contrôlaient la chambre, avaient écarté la représentante républicaine de Georgie Marjorie Taylor Greene des Commissions où elle siégeait en partie parce qu’elle avait soutenu, dans le passé, QAnon, un mouvement complotiste qui a entraîné des violences.

McCarthy avait alors indiqué qu’il n’hésiterait pas à prendre sa revanche s’il devait être élu président.

La démocrate Nancy Pelosi, qui présidait la chambre à ce moment-là, avait refusé un compromis proposé par McCarthy qui aurait écarté Greene des Commissions les plus sensibles exclusivement. McCarthy pourrait envisager une issue semblable pour Omar.

Jeremy Slevin, porte-parole d’Omar, a déclaré que McCarthy ne s’inquiétait guère de l’antisémitisme et qu’il tentait seulement de réduire Omar au silence.

Greene « avait lancé une publicité où elle tenait une arme à feu pointée contre la tête d’@IlhanMN’ et où elle disait que les musulmans ne pouvaient pas siéger au Congrès », a écrit Slevin dans un tweet. « Donald Trump a pris la tête des slogans fascistes ‘Renvoyez-là d’où elle vient’, ce qui a entraîné des menaces de mort. Tout cela n’a rien à voir avec l’antisémitisme et tout à voir avec la nécessité, par tous les moyens possibles, de la réduire au silence ».

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