Khamenei : l’armée doit se renforcer pour dissuader ses ennemis
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Khamenei : l’armée doit se renforcer pour dissuader ses ennemis

Les propos tenus devant les commandants de la marine surviennent trois jours après que le guide suprême iranien a fustigé "le faible régime sioniste"

Le chef suprême iranien Ali Khamenei devant des milliers de membres des brigades paramilitaires Basij au stade Azadi de Téhéran, en Iran, le 4 octobre 2018 (Crédit :  Office of the Iranian Supreme Leader via AP)
Le chef suprême iranien Ali Khamenei devant des milliers de membres des brigades paramilitaires Basij au stade Azadi de Téhéran, en Iran, le 4 octobre 2018 (Crédit : Office of the Iranian Supreme Leader via AP)

Le leader politique et religieux iranien, le guide suprême Ali Khamenei, a déclaré aux commandants de la marine de son pays, mercredi, que Téhéran devait renforcer ses capacités militaires pour dissuader les ennemis du pays.

« Renforcez vos capacités et votre niveau de préparation autant que vous le pouvez et ainsi, les ennemis de l’Iran n’oseront pas seulement menacer ce grand peuple », a dit Khamenei, selon l’agence de presse Reuters qui a cité le site officiel du haut-dirigeant.

« La république islamique n’a pas l’intention d’entrer en guerre avec qui que ce soit », a-t-il ajouté.

Les propos de Khamenei surviennent trois jours après qu’il a clamé qu’Israël était « plus faible » qu’il y a 10 ou 20 ans, énumérant un certain nombre de « défaites » militaires qui, a-t-il dit, ont été essuyées par l’Etat juif au fil des années.

Dans un tweet, Khamenei a clamé qu’Israël avait été battu par le Hezbollah lors de la Seconde guerre du Liban, en 2006, et que le pays avait été vaincu par le Hamas lors de l’opération Plomb durci, l’opération Pilier de défense ainsi qu’à l’occasion des récentes flambées de violences à Gaza.

Tous ces conflits s’étaient achevés par une victoire revendiquée par les deux parties.

Khamenei qualifie régulièrement Israël de « cancer » dans la région qui doit être éradiqué. Il a affirmé dans le passé que l’Etat juif était « barbare », « infanticide », un « chien sinistre, enragé et sale de la région ». Il a récemment reproché aux « sionistes » les manifestations anti-gouvernementales qui ont eu lieu dans tout l’Iran au début de l’année.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affronté samedi le président iranien Hassan Rouhani après que ce dernier a déclaré que l’Etat juif était une « tumeur cancéreuse » fondée par les pays occidentaux pour faire avancer leurs intérêts au Moyen-Orient.

« Israël sait très bien se défendre face au régime meurtrier iranien », a dit Netanyahu dans une déclaration.

« Les calomnies de Rouhani, qui appelle à la destruction d’Israël, prouvent une fois encore pourquoi les nations du monde doivent rejoindre les sanctions prises contre le régime terroriste iranien qui les menace », a ajouté le Premier ministre.

Les leaders iraniens condamnent fréquemment Israël et prédisent sa disparition mais Rouhani, un homme relativement modéré, emploie rarement une telle rhétorique.

Le président iranien Hassan Rouhani prend la parole lors d’une conférence de presse à New York le 26 septembre 2018, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. (Crédit : AFP / Jim WATSON)

Lors d’une conférence annuelle sur l’unité islamique qui a eu lieu samedi, Rouhani a déclaré que « l’un des résultats les plus funestes de la Seconde Guerre mondiale a été la formation d’une tumeur cancéreuse dans la région ».

Il s’est ensuite référé à Israël comme à un « faux régime » établi par les pays occidentaux.

L’Iran soutient des groupes terroristes comme le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien, qui ont juré de détruire l’Etat juif.

Cela fait longtemps que Netanyahu identifie l’Iran comme étant la plus grande menace pour le pays, soulignant son programme nucléaire, ses appels en faveur de la destruction de l’Etat juif et le soutien apporté aux groupes terroristes.

Rouhani a expliqué samedi que les Etats-Unis entretenaient des liens étroits avec des « nations musulmanes régionales » pour protéger Israël – une référence apparente au rival de Téhéran, l’Arabie saoudite, et aux alliés du Golfe du royaume. Il a déclaré que cette soumission aux pressions américaines s’apparentait à une « trahison ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors d’une conférence de presse au ministère de la Défense à Tel-Aviv, le 18 novembre 2018. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Il a ajouté toutefois que l’Iran était prêt à défendre l’Arabie saoudite du « terrorisme et des superpuissances ».

« Nous vous considérons comme des frères », a-t-il dit. « Nous considérons les habitants de la Mecque et de Médine comme nos frères », a-t-il poursuivi, se référant aux deux villes les plus saintes de l’islam qui se trouvent en Arabie saoudite.

L’Arabie saoudite a rompu les liens diplomatiques avec l’Iran il y a presque trois ans après que des manifestants iraniens ont mis le feu à des postes diplomatiques dans le pays pour répondre à l’exécution, par le royaume, d’un éminent religieux chiite. Les deux pays soutiennent des parties opposées dans les guerres en Syrie et au Yémen.

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