Rechercher

Khamenei : « Nous enfreindrons encore plus l’accord sur le nucléaire »

Le Guide suprême iranien n'a pas donné de détails sur les mesures supplémentaires que Téhéran pourrait prendre afin d'enfreindre l'accord

Le guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei lors d'une rencontre à Téhéran en Iran, le 17 septembre 2019. (Crédit : Bureau du Guide suprême iranien via AP)
Le guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei lors d'une rencontre à Téhéran en Iran, le 17 septembre 2019. (Crédit : Bureau du Guide suprême iranien via AP)

Mercredi, le Guide suprême iranien l’Ayatollah Ali Khameni a menacé que l’Iran se désengagerait plus encore de l’accord international qui fixe des limites sur son programme nucléaire jusqu’à ce que son pays obtienne les « résultats escomptés ».

Depuis mai, l’Iran a pris un certain nombre de mesures en violation de l’accord de 2015, dont le stockage d’uranium au-delà de la limite autorisée et l’installation des centrifugeuses pour l’enrichissement d’uranium.

L’Iran a déclaré que cette décision constituerait une protestation contre le manque d’aide de la part des signataires européens depuis que le président américain Donald Trump s’est retiré unilatéralement de l’accord l’année dernière et qu’il a réimposé des sanctions sur Téhéran.

« Concernant le sujet du nucléaire, nous allons sérieusement poursuivre la réduction de nos engagements. Le gouvernement devrait précisément poursuivre ce but jusqu’à ce que nous obtenions les résultats désirés – et nous finirons par obtenir les résultats escomptés par la Grâce de Dieu », a écrit Khamenei sur son compte Twitter.

Il n’a pas spécifié les démarches supplémentaires que l’Iran pourrait prendre pour enfreindre l’accord.

Le dirigeant iranien a également déclaré que la campagne de pression maximale de l’administration Trump, visant à forcer l’Iran à négocier un accord plus contraignant pour limiter son programme nucléaire, avait échoué.

« Récemment et par le biais de leurs amis européens, ils nous ont aussi suppliés pour forcer notre président à rencontrer (Trump) afin d’avoir une image symbolique et de céder l’Iran », a déclaré Khamenei cité par le télévision d’Etat lors d’une rencontre avec des membres des Gardiens de la Révolution. « Ils n’ont pas réussi et cette politique finira par échouer. »

Khamenei, qui a le dernier mot sur toutes les questions d’Etat, a exprimé, à de nombreuses reprises, son pessimisme sur les intentions de l’Europe de sauver l’accord sur le nucléaire, qui visait à empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires en échange d’une levée des sanctions. L’Iran a toujours nié vouloir obtenir une arme nucléaire.

Plus tôt mercredi, le président iranien Hassan Rouhani a dit que l’Iran soutenait un plan des pays européens pour relancer l’accord nucléaire.

Rouhani a dit que le plan empêchait l’Iran d’obtenir des armes nucléaires, sécurisait son soutien pour la paix régionale, levait les sanctions américaines et permettait la reprise immédiate de l’exportation de pétrole iranien.

Le président iranien Hassan Rouhani rencontre Emmanuel Macron en marge de la 74ème Assemblée générale de l’ONU à New York, le 26 septembre 2019. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)

S’exprimant lors d’une réunion hebdomadaire du cabinet, Rouhani a déclaré : « Nous sommes d’accord avec le cadre de travail général des Européens. » La France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont appelé Téhéran à entrer en négociations pour un nouvel arrangement de l’accord sur le nucléaire.

Les commentaires de Rouhani sont intervenus en pleine montée des tensions entre Téhéran et Washington à la suite de la décision du président Trump de se retirer unilatéralement de l’accord sur le nucléaire. Les Etats-Unis ont imposé des sanctions qui ont empêché l’Iran de vendre son pétrole à l’étranger, mettant ainsi en difficulté son économie.

Rouhani a dit que le plan aurait pu être débattu lors de sa visite à New York la semaine dernière pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies, mais que Trump avait sabordé toute chance de négociations en menaçant publiquement d’imposer plus de sanctions.

Il a dit que Trump avait annoncé dans un message privé aux Européens qu’il était prêt à discuter, mais il a ensuite dit à des médias qu’il voulait intensifier les sanctions. Rouhani a exprimé sa gratitude pour les efforts du président français Emmanuel Macron concernant le plan.

Mercredi, Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères, a déclaré à la télévision d’Etat que même si le plan en quatre points de Macron n’incluait pas les positions de l’Iran, « il est nécessaire que les négociations continuent de manière précise. Nous continuerons les communications ».

Mardi, Politico a annoncé que Trump et Rouhani avaient accepté le plan en quatre points rédigé par Macron qui aurait permis une rencontre des deux dirigeants et une déclaration de la reprise des négociations. Pourtant, l’effort diplomatique n’a pas pu aboutir quand Rouhani s’est rétracté. Certains commentateurs ont imputé sa réaction à sa profonde méfiance vis-à-vis de l’administration américaine.

Le président Donald Trump prend la parole devant la 74e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le mardi 24 septembre 2019, à New York. (AP Photo/Evan Vucci)

L’article de mardi suivait un autre article du New Yorker de dimanche qui expliquait que Macron avait failli réussir à négocier une discussion téléphonique entre Trump et Rouhani lors d’un rassemblement aux Nations unies, mais que les efforts secrets du président français avaient échoué à cause du manque de confiance du chef iranien envers le président américain.

Le mois dernier, des spéculations laissaient entendre que ces dirigeants pourraient se rencontrer en marge de l’Assemblée générale.

Mais Rouhani a dit qu’il ne tiendrait de négociations avec les Etats-Unis uniquement que si Trump levait les sanctions économiques imposées sur Téhéran.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...