Khamenei qualifie les interactions avec Israël de trahisons, soutient le Hamas
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Khamenei qualifie les interactions avec Israël de trahisons, soutient le Hamas

Faisant référence aux commentaires favorables du prince héritier sur Israël, le leader iranien condamne "l'erreur impardonnable" de négocier avec l'Etat juif

L'ayatollah Ali Khamenei, le 28 décembre 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)
L'ayatollah Ali Khamenei, le 28 décembre 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Dans une critique à peine voilée de l’Arabie saoudite, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré mercredi que ceux qui négocient avec Israël commettent un acte de « trahison » et une « erreur impardonnable ».

Le chef suprême iranien a également promis de soutenir le Hamas dans sa lutte contre l’Etat juif dans une lettre adressée au chef du groupe terroriste de Gaza, Ismail Haniyeh.

Ces déclarations de Khamenei sont survenues deux jours après que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reconnu le droit à l’existence d’Israël et prôné la perspective de futures relations diplomatiques entre son royaume et l’Etat juif, qui feraient suite à une solution négociée à deux Etats au conflit.

Cette déclaration inédite pour un souverain saoudien a été perçue comme un nouveau signe supplémentaire de rapprochement entre Ryad et Israël face à une République islamique d’Iran présentée par ces deux pays comme la source de tous les maux du Proche et du Moyen-Orient.

Le Prince Mohammed ben Salmane Al Saud, prince héritier d’Arabie Saoudite, assiste à une réunion des Nations unies à New York, le 27 mars 2018 (Crédit : Bryan R. Smith / AFP)

Le prince héritier saoudien âgé de 32 ans avait personnellement visé Khamenei dans son interview accordée à The Atlantic, publiée plus tôt cette semaine, affirmant qu’il « donnait à Hitler l’air bon ».

Dans une série de tweets mercredi soir, Khamenei a déclaré que négocier avec « le régime trompeur, menteur et usurpateur (d’Israël) est une erreur inoubliable qui entravera la victoire de la nation palestinienne ».

« L’acte de trahison de certains chefs d’Etat arabes — qui se révèle progressivement — poursuit le même objectif », a-t-il ajouté, évoquant ostensiblement l’Arabie Saoudite, parmi d’autres Etats sunnites qui ont discrètement amélioré leurs relations avec Israël ces dernières années.

Israël et l’Arabie Saoudite n’ont pas de relations officielles et le royaume ne reconnaît pas l’Etat juif. Israël a fait allusion aux liens clandestins avec l’Arabie saoudite ces dernières années, soulignant que les deux pays partagent un intérêt commun à contrer l’Iran. Les rumeurs de relations secrètes ont été démenties par les responsables saoudiens. Cependant, un général saoudien s’est rendu à Jérusalem en 2016 et a rencontré des législateurs israéliens, et des responsables saoudiens ont rencontré des responsables israéliens à plusieurs reprises en public. L’Arabie Saoudite a également autorisé le mois dernier un vol d’Air India vers et depuis Tel Aviv via son espace aérien.

Le dirigeant suprême iranien a poursuivi en affirmant que la question palestinienne est au cœur du « retour de la dignité et du pouvoir à la nation islamique » et que la résistance armée contre Israël est « la seule façon de libérer la Palestine opprimée ».

Dans la lettre adressée à Haniyeh, qui a été publiée sur son site officiel, Khamenei a exprimé son soutien au groupe terroriste alors que des manifestations palestiniennes ont lieu à la frontière entre Israël et Gaza.

« Nous nous considérons comme tenus de vous soutenir sous quelque forme que ce soit. C’est un devoir religieux et une responsabilité humaine, qui va au-delà des événements et des changements politiques; nous allons, si Dieu le veut, nous agirons conformément à cette obligation, comme par le passé », écrit-il.

L’Iran soutient le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza et le Jihad islamique, autre groupe terroriste armé palestinien.

Depuis la révolution islamique de 1979, le soutien à la cause palestinienne et la non reconnaissance d’Israël sont deux constantes de la politique étrangère de l’Iran.

Vendredi, plus de 30 000 Palestiniens ont manifesté le long de la frontière de Gaza, avec l’aval du groupe terroriste du Hamas, qui dirige Gaza et qui a juré la destruction d’Israël, et dans ce que les Palestiniens ont décrit comme étant une manifestation pacifique.

Il y avait des divergences dans les rapports palestiniens sur le bilan des morts de Gaza à partir de vendredi. Alors que le Hamas a déclaré lundi que 18 personnes étaient mortes, l’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne avait établit le bilan à 16 morts. Israël n’a pas de chiffres officiels sur le nombre de morts. Plus de 1 000 personnes ont été blessées.

Le porte-parole de Tsahal, le général Ronen Manelis a déclaré samedi que toutes les personnes tuées étaient impliquées dans des actes de violence. Manelis a déclaré vendredi soir que l’armée avait fait face « à une violente manifestation terroriste sur six points » le long de la clôture. Il a déclaré que les soldats avaient utilisé des « tirs ponctuels » partout où il y a eu des tentatives de briser ou d’endommager la clôture de sécurité. L’armée israélienne a annoncé samedi que 10 morts étaient des membres de groupes terroristes, y compris le Hamas. Le Jihad islamique a ensuite affirmé qu’il y avait un onzième mort.

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