Khartoum défend la normalisation des relations avec Israël
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Khartoum défend la normalisation des relations avec Israël

Le Soudan, qui a reçu un (grand) bol d'air financier, a indiqué que la normalisation n'avait "rien à voir avec le droit des Palestiniens à créer leur propre Etat"

Le général Abdel Fattah al-Burhane, prend la tête de la transition au Soudan en deux jours, est un militaire respecté par ses pairs mais inconnu du grand public. (Crédit : capture d'écran TV5 Monde)
Le général Abdel Fattah al-Burhane, prend la tête de la transition au Soudan en deux jours, est un militaire respecté par ses pairs mais inconnu du grand public. (Crédit : capture d'écran TV5 Monde)

Le président du Conseil souverain de transition soudanais, Abdel Fattah al-Burhane, a défendu lundi la normalisation des relations entre Khartoum et Israël, précisant qu’elle n’avait « rien à voir avec le droit des Palestiniens à créer leur propre Etat », solution au conflit israélo-palestinien selon lui.

Cette déclaration intervient alors que les hostilités ont repris depuis une semaine entre Israéliens et le groupe terroriste palestinien du Hamas faisant plus de 200 morts, essentiellement dans la bande de Gaza.

En janvier, Khartoum a signé des accords de normalisation avec Israël sous l’égide des Etats-Unis, qui ont retiré quelques mois après le Soudan de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme.

Trois autres pays de la région – les Emirats arabes unis, Bahreïn, et le Maroc – ont normalisé ces derniers mois leurs relations avec l’Etat hébreu également sous l’égide de Washington.

Ces accords, qui ont brisé le consensus arabe selon lequel aucune entente n’est possible avec l’Etat hébreu sans résolution du conflit israélo-palestinien, ont été dénoncés comme une « trahison » par les Palestiniens.

« La normalisation n’a rien à voir avec le droit des Palestiniens à créer leur propre Etat », a déclaré M. Burhane à la chaîne France 24, en marge d’une conférence économique à Paris.

C’est une « réconciliation avec la communauté internationale qui inclut Israël ».

« Ce qui se passe à Gaza contre des civils sans défense est regrettable », a déploré M. Burhane, réitérant la position du Soudan pour une résolution du conflit israélo-palestinien avec la création d’un Etat palestinien.

Khartoum a maintenu une stricte position anti-Israël durant le régime de l’ancien président Omar el-Béchir, évincé du pouvoir en avril 2019.

Un avis que ne partage pas du tout le ministre de l’Autorité palestinienne des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki, qui a critiqué dimanche la normalisation entreprise par certains pays arabes dans leurs relations avec Israël lors d’une réunion de l’Organisation de coopération islamique (OCI).

« La normalisation (…) avec ce système colonial israélien sans être parvenu à la paix et à la fin de l’occupation israélienne de terres arabes et palestiniennes représente un soutien au régime d’apartheid et une participation à ses crimes », a estimé M. Maliki lors de cette réunion virtuelle d’urgence.

« Il faut faire face et mettre fin à cette occupation coloniale, la démanteler et l’interdire. La récente normalisation accélérée n’aura pas d’impact sur les sentiments (des gens) dans le monde arabe et ne changera pas leur analyse », a martelé M. Maliki.

La ministre d’Etat émiratie pour la coopération internationale, Reem al-Hashimy, qui s’est elle aussi exprimée pendant la réunion, a elle appelé à stopper les violences.

Les accords de normalisation avec Israël, dénoncés comme une « trahison » par les Palestiniens, ont brisé le consensus arabe selon lequel aucune entente n’est possible avec l’Etat hébreu sans résolution du conflit israélo-palestinien.

Le ministre des Affairs étrangères allemand Heiko Maas à Berlin le 31 juillet 2019. (Crédit : AP Photo/Michael Sohn)

Le gouvernement de transition soudanais en place depuis août 2019 tente de mettre fin à l’isolement international du Soudan et de relancer son économie en crise.

L’Allemagne a d’ailleurs annoncé lundi une aide de 360 millions d’euros pour alléger la dette du Soudan, à l’occasion de la conférence internationale.

Selon le texte d’un discours diffusé par le ministère des Affaires étrangères, le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas a déclaré que la République fédérale effacerait 360 millions d’euros de dettes bilatérales avec le pays d’Afrique.

En outre, Berlin apportera jusqu’à 90 millions d’euros pour aider le Soudan à solder son arriéré de dette avec le Fonds monétaire international (FMI).

« Le gouvernement soudanais a besoin de la marge financière nécessaire pour mettre en œuvre des réformes politiques et économiques. L’allègement de la dette et la mise en œuvre par le Soudan du programme de suivi du FMI jouent un rôle central », a souligné M. Maas, selon ce discours.

Le ministre a souligné que le processus de réforme politique et économique entamé au Soudan était « ardu, mais il offre une opportunité historique pour plus de paix, de perspectives économiques et de liberté pour le peuple »

Le président français Emmanuel Macron s’est dit en faveur « d’une annulation pure et simple de notre créance envers le Soudan » qui s’élève à « près de 5 milliards de dollars ».

Pour ce sommet organisé au Grand palais éphémère construit sur le Champ-de-Mars, Emmanuel Macron a accueilli lundi après-midi le président soudanais Abdel Fattah Al-Burhan, ainsi que ses homologue d’Egypte, d’Ethiopie et du Rwanda. Autres invités présents, des dirigeants du FMI, de la Banque Mondiale et de l’Union africaine, des chefs de la diplomatie européens (Italie, Allemagne) et du Golfe (Arabie Saoudite, Koweit), sans oublier des représentants de l’ONU, de l’UE.

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