Knesset: les propositions Likud et Yesh Atid approuvées en commission
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Knesset: les propositions Likud et Yesh Atid approuvées en commission

Aucun des trois présidents-adjoints du parlement ne sera issu du bloc anti-Netanyahu, la présidence de la commission des Affaires étrangères et de la Défense revient à Yesh Atid

La commission des arrangements de la Knesset se réunit en pleine crise du coronavirus pour approuver la séparation des factions Yesh Atid et Telem du parti centriste Kakhol lavan, le 29 mars 2020. (Knesset)
La commission des arrangements de la Knesset se réunit en pleine crise du coronavirus pour approuver la séparation des factions Yesh Atid et Telem du parti centriste Kakhol lavan, le 29 mars 2020. (Knesset)

Un éminent panel de la Knesset a approuvé les propositions des bloc pro- et anti-Netanyahu concernant les présidences de commission et la désignation des adjoints du président de la Knesset, permettant au parlement de reprendre le travail pour la première fois depuis la prestation de serment des nouveaux députés, au début du mois.

La commission des Arrangements a approuvé la proposition soumise par le bloc anti-Netanyahu, avec à sa tête le parti Yesh Atid, au sujet des présidences de commission, une proposition qui autorisera Orna Barbivai, membre du parti centriste, de prendre la direction de la puissante commission des Affaires étrangères et de la Défense – elle devient ainsi la première femme à occuper ce poste. Moshe Gafni, leader de Yahadout HaTorah, présidera la commission des Finances et le leader de Raam, Mansour Abbas, celle de la toute nouvelle commission des Affaires arabes. Ces trois groupes travailleront sur une base temporaire jusqu’à ce qu’un gouvernement soit formé.

La commission des Arrangements a aussi donné le feu vert à une proposition soutenue par le Likud concernant la désignation de trois adjoints au président de la Knesset, qui appartiendront tous au bloc pro-Netanyahu. Ces trois législateurs sont Yaakov Margi de Shas, Matan Kahana de Yamina, et Abbas de Raam. Si les trois députés sont issus de partis conservateurs, seul Margi appartient à une faction qui s’est alignée presque inconditionnellement sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La candidate de Yesh Atid et ancienne générale de brigade Orna Barbivai lors d’une conférence de presse annonçant sa présence sur la liste du parti à la Knesset à Tel Aviv, le 1er janvier 2018. (Crédit :Yossi Zeliger/Flash90)

Toutefois, ces approbations semblent être une sorte de victoire pour le bloc pro-Netanyahu, le président de la Knesset, Yariv Levin, et ses trois adjoints étant ceux qui seront amenés à déterminer les législations à présenter au vote en séance plénière.

Les décisions prises par la commission des Arrangements devraient être ratifiées par la Knesset dans la soirée de lundi.

L’approbation d’Abbas à la présidence de la commission des Affaires arabes a entraîné une indignation particulière chez les adversaires de Netanyahu, apparemment en raison de la décision prise par Abbas de coopérer avec le Likud et de laisser en marge la Liste arabe unie, l’autre formation à majorité arabe, dans les initiatives qui seront prises au parlement pour s’attaquer aux inégalités qui frappent la minorité arabe dans le pays.

Issawi Frej, législateur du Meretz, a répondu à cette annonce en estimant que la formation du panel d’Abbas s’apparentait à un acte de « corruption politique », ajoutant que ce panel marquerait « un retour à 50 ans en arrière » pour la communauté arabe israélienne.

Lorsque Waleed Taha, législateur issu de la formation Raam, a pris la défense de l’établissement de la commission et déclaré qu’elle était dans l’intérêt commun de tous, Ahmad Tibi, de la Liste arabe unie, a riposté que le panel était « sans pertinence » et que son groupe préférerait réclamer la création d’une commission chargée de lutter contre le crime.

« Il n’y a pas de question plus importante que celle de la lutte contre le crime dans la communauté arabe – et cette lutte est amoindrie par le nom même de cette commission », a déclaré Tibi.

Mansour Abbas avait, de son côté, ouvertement évoqué la possibilité de coopérer avec Netanyahu afin de mettre en place des initiatives au sein de la communauté qui permettraient de combattre le crime organisé et d’améliorer la qualité de vie des Arabes israéliens.

Le chef du parti Raam, Mansour Abbas, devant les journalistes, le 19 avril 2021. (Crédit : Tal Schneider/Zman Yisrael)

La réunion de lundi avait eu lieu après un court retard, suite à une concession apparente faite par Zohar, dimanche dernier – il avait reconnu que les membres des commissions, à la Knesset, seraient choisis conformément à une proposition déposée par le bloc de partis politiques qui cherchent à écarter du pouvoir le Premier ministre.

La commission des Arrangements, qui a gagné de l’influence dans le contexte de l’impasse politique en cours qui frappe Israël, compte 33 députés – 16 issus du dit « bloc du changement », qui cherche à remplacer Netanyahu ; 14 issus du bloc pro-Netanyahu, auxquels viennent s’ajouter un parlementaire appartenant au parti islamiste Raam et deux législateurs de la formation Yamina de droite, qui est dirigée par Naftali Bennett.

La semaine dernière, plutôt que d’autoriser un vote portant sur la proposition soumise par le « bloc du changement » concernant l’établissement des commissions et la désignation des adjoints du président de la Knesset, Zohar avait simplement reporté la rencontre, entraînant la colère des parlementaires de gauche.

La proposition du « bloc du changement » aurait permis la nomination, lundi, de quatre adjoints au président de la Knesset, Yariv Levin : trois issus du bloc anti-Netanyahu et un seulement du Likud.

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