Knesset : Rejet du projet de loi pro-LGBT pour masquer le genre des « parents »
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Knesset : Rejet du projet de loi pro-LGBT pour masquer le genre des « parents »

Kakhol lavan a été cloué au pilori pour ne pas avoir soutenu une législation qui aurait remplacé le libellé des formulaires officiels par "parent" au lieu de "mère" ou "père"

Avi Nissenkorn, ministre de la Justice de Kakhol lavan, (à gauche), s'exprime lors du plénum de la Knesset sous le regard de Miki Zohar (Likud), le 28 octobre 2020. (Shmulik Grossman/Knesset)
Avi Nissenkorn, ministre de la Justice de Kakhol lavan, (à gauche), s'exprime lors du plénum de la Knesset sous le regard de Miki Zohar (Likud), le 28 octobre 2020. (Shmulik Grossman/Knesset)

La législation pro-LGBT qui visait à rendre les documents officiels de l’Etat plus inclusifs pour les couples de même sexe a été rejetée par la Knesset mercredi.

Le projet de loi a été rejeté à 48 contre 25 en première lecture après que Kakhol lavan s’est abstenu, bien qu’il ait soutenu la mesure sur le papier, afin de suivre la ligne de ses partenaires de droite et de la coalition ultra-orthodoxe. Seuls les membres de Yesh Atid, Yisrael Beytenu et un député de Kakhol lavan ont voté pour la loi.

La mesure aurait modifié la section relative aux informations parentales de tous les formulaires et documents gouvernementaux, y compris les cartes d’identité et les passeports, pour y faire figurer les termes « parent 1 » et « parent 2 », par opposition aux catégories hétéro-normatives actuelles de « mère » et « père ».

Le député Kakhol lavan Eitan Ginzburg, qui est ouvertement gay, a rompu les rangs avec le reste de son parti pour soutenir cette mesure.

Eitan Ginzburg, député du parti Kakhol lavan, à la Knesset, le 29 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le ministre de la Justice Avi Nissenkorn (Kakhol lavan) était également présent lors du vote mais s’est abstenu. Blâmant le parti du Likud, M. Nissenkorn a déclaré que la législation n’avait pas été présentée aux ministres du gouvernement et qu’elle ne pouvait pas être soutenue avant d’avoir été approuvée par les partenaires de la coalition.

« J’ai clairement indiqué à l’assemblée plénière que je suis déterminé à promouvoir l’égalité dans tous les domaines de la vie, notamment pour la communauté LGBT, avec un large consensus », a-t-il déclaré.

Nissenkorn a ajouté qu’il y avait déjà de nombreux formulaires officiels qui pouvaient être modifiés, et que les ministres de Kakhol lavan veilleraient à changer les formulaires au sein de leurs ministères respectifs, a-t-il dit selon Walla news.

Le chef de l’opposition Yair Lapid (Yesh Atid) a attaqué Kakhol lavan, et a accusé Nissenkorn de trahir ses convictions.

« Il y a un moment où une personne doit reconnaître que si elle travaille contre ses propres valeurs et sa conscience, elle n’est pas quelqu’un de bien. Vous vous approchez tous de ce seuil dangereux », a-t-il déclaré.

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, s’exprime lors du plénum de la Knesset, le 28 octobre 2020. (Shmulik Grossman/Knesset)

Le projet de loi a été présenté par le député Yorai Lahav Hertzanu, du parti Yesh Atid, qui est également homosexuel. Il s’en est pris à Kakhol lavan, disant qu’il « ne demandait pas l’égalité des droits » mais cherchait plutôt à ce que les députés reconnaissent « la réalité existante, qui est qu’il y a toutes sortes de familles en Israël.

« Mais apparemment, c’est déjà trop pour Kakhol lavan et le likud qui n’ont même pas pu nous offrir cette petite victoire », a ajouté Lahav Hertzanu. « La prochaine fois que Benny Gantz et Avi Nissenkorn viendront demander les voix de la communauté LGBT, souvenez-vous de cette journée, souvenez-vous de la façon dont ils ont torpillé cette législation ».

La Liste arabe unie et le parti de droite Yamina, qui sont tous deux dans l’opposition, se sont joints à la coalition pour rejeter la mesure.

La semaine dernière, le chef du parti Yamina, Naftali Bennett, a exprimé son soutien aux droits des LGBT en Israël, mais a déclaré plus tard que cela ne signifiait pas qu’il voterait en faveur de ces droits.

Le ministre de la Défense de l’époque, Naftali Bennett, fait une déclaration aux médias à Ariel, ville israélienne en Samarie, (au nord de la Cisjordanie), le 26 janvier 2020. (Sraya Diamant/Flash90)

« Je n’ai pas dit que nous ferions avancer une loi », a-t-il déclaré. « J’ai dit que je respectais les LGBT et qu’ils méritaient tous les droits civils ».

Un projet de loi présenté par le député Bezalel Smotrich, du parti Yamina, mercredi, visant à créer une commission d’enquête parlementaire sur les conflits d’intérêts dans le système judiciaire a été rejeté par la Knesset par 55 voix contre 4.

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