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Kobi Shabtai défend le temps de réaction de la police lors de l’attaque à Beer Sheva

Le chef de la police a assuré que les officiers sont arrivés 4 minutes après avoir reçu l'appel, et note que la police ne peut pas être en poste aux "quatre coins du pays"

Le chef de la police israélienne Kobi Shabtai. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef de la police israélienne Kobi Shabtai. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef de la police, Kobi Shabtai, a rejeté mercredi les critiques concernant le temps de réaction des agents à l’attaque mortelle à l’arme blanche survenue la veille à Beer Sheva.

Quatre personnes ont été tuées et deux autres blessées par un homme armé d’un couteau, lors d’une attaque qui a commencé dans une station-service et s’est terminée dans un centre commercial. Après son attaque au couteau, le terroriste a été interpellé par un chauffeur de bus armé, qui a essayé de lui faire baisser son arme, comme le montrent les images de la scène. L’agresseur s’est jeté sur le chauffeur, qui lui a alors tiré dessus en même temps qu’un autre civil armé. Selon les premiers intervenants, l’agresseur est mort des suites de ses blessures par balle.

Certains ont critiqué la police pour le temps qu’elle a mis avant d’arriver sur les lieux, notant que ce sont des passants qui ont tiré sur l’agresseur alors que l’attaque a duré huit minutes. Shabtai a été hué par des manifestants à son arrivée sur les lieux de l’attaque dans la ville du sud.

« Suite à l’attaque meurtrière d’hier, la police israélienne a été mise en état d’alerte dans tout le pays et nous n’hésiterons pas à agir contre le terrorisme là où cela est nécessaire », a déclaré Shabtai mercredi.

« L’enquête montre qu’à partir du moment où la plainte a été reçue par la police, il a fallu aux agents environ quatre minutes pour atteindre la scène, et immédiatement après, des renforts sont arrivés. »

Shabtai a déclaré que « quatre minutes entre le moment où la plainte est reçue au poste de police et le moment de l’arrivée est un temps de réponse rapide. Ce sont quatre minutes de conduite rapide sur des routes très fréquentées, mais ce sont aussi quatre minutes dans une attaque terroriste où chaque seconde est critique et importante. »

L’auteur présumé d’un attentat est abattu à Beer Sheva le 22 mars 2022. (Crédit : Capture d’écran/Twitter)

Il a réitéré ses félicitations aux deux citoyens qui ont abattu l’assaillant pour leur vigilance.

Près de 200 personnes se sont rassemblées sur le site de l’attaque mardi soir, puis se sont dirigés vers le poste de police local, où ils ont protesté contre ce qu’ils ont appelé le manque de maintien de l’ordre dans le sud, une plainte exprimée par les résidents depuis des années.

Shabtai a déclaré qu’il n’était pas réaliste d’attendre qu’un policier soit présent « à chaque coin de rue, devanture de magasin ou centre commercial du pays ».

Il a également reconnu que la police n’est peut-être pas suffisamment équipée pour faire face aux nombreux défis auxquels elle est confrontée.

« La police israélienne est modeste face à des tâches croissantes. Nous le crions depuis plus d’un an dans l’espoir que davantage de ressources et d’effectifs soient mis à notre disposition dans un avenir proche », a-t-il déclaré.


Les quatre victimes de l’attaque terroriste à Beer Sheva le 22 mars 2022 : Laura Yitzhak, en haut à gauche ; Rabbi Moshe Kravitzky, en haut à droite ; Doris Yahbas, en bas à gauche ; Menahem Yehezkel, en bas à droite. (Crédits : autorisation Médias sociaux)

Les médias palestiniens ont identifié l’assaillant comme étant Mohammad Ghaleb Abu al-Qian, 34 ans, de la ville bédouine de Hura dans le Néguev. Abu al-Qian, qui a succombé à ses blessures sur les lieux, avait purgé quatre ans de prison pour avoir comploté pour rejoindre le groupe terroriste intégriste État islamique en Syrie. Il a été libéré en 2019. La police a déclaré qu’il avait probablement agi seul lors de l’attaque de mardi.

Mercredi matin, la police a déclaré dans un communiqué que deux membres de la famille de Abu al-Qian, identifiés par les médias israéliens comme ses frères, ont été arrêtés et interrogés pendant la nuit. Ils sont soupçonnés d’avoir eu connaissance des intentions de Abu al-Qian et de ne pas avoir empêché un acte de terrorisme. Ils seront déférés devant un juge du tribunal de première instance d’Ashkelon pour une audience de mise en détention provisoire plus tard dans la journée de mercredi.

Le pouvoir judiciaire israélien a défendu la condamnation d’Abu al-Qian et sa libération ultérieure de prison, affirmant qu’il s’agissait d’une « condamnation sans précédent et de l’une des peines les plus sévères pour des infractions qui ne comportaient pas d’actes, mais simplement des discours et des intentions ».

Sur son compte Twitter officiel, le pouvoir judiciaire a également critiqué les médias « qui établissaient un lien entre la condamnation de 2016 et les meurtres odieux commis hier, déformant ainsi les faits. »

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