Koulanou soutiendra la loi controversée sur les ONG
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Koulanou soutiendra la loi controversée sur les ONG

Moshe Kahlon déclare que le groupe parlementaire est satisfait du texte, bien qu'il ne concerne pas les financements privés

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances, Moshe Kahlon à la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 5 août 2015 (Crédit : Marc Israel Sellem / Flash90 / Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances, Moshe Kahlon à la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 5 août 2015 (Crédit : Marc Israel Sellem / Flash90 / Pool)

Le ministre des Finances Moshe Kahlon a déclaré lundi que son parti Koulanou soutiendra un projet de loi controversé qui obligerait les ONG à déclarer le financement provenant de pays étrangers.

Le projet de loi, qui a été proposé par le cabinet, a été adopté à l’unanimité le mois dernier par la commission ministérielle pour la législation, donnant le feu vert au soutien de la coalition pour le texte, malgré des protestations d’élus de l’opposition ainsi qu’au sein de Koulanou.

Lors d’une conférence de presse, Kahlon a indiqué qu’il n’était pas préoccupé outre mesure par le projet de loi, selon le site de Haaretz.

« Je peux me debrouiller avec une version comme ceci ou comme cela, » a-t-il dit. « Le projet de loi a commencé dans une certaine forme et est revenu sous une forme avec laquelle nous pourrions vivre, et nous allons le soutenir. »

Presque tous les organisations qui seront touchées par le projet de loi sont identifiées avec la gauche, puisque ce sont ces ONG qui reçoivent des financements de gouvernements étrangers, tandis que celles de droite qui sont principalement financées par des donateurs privés, ne sont pas concernées par le texte.

Koulanou avait initialement demandé que le projet de loi exige également des rapports financiers des fonds provenant de sources privées – une clause qui aurait touché de nombreuses ONG de droite. Cependant, même si la demande n’a pas été satisfaite, Koulanou, qui dispose de 10 sièges au Parlement, soutiendra le projet de loi à la Knesset, a dit Kahlon.

En plus de publier leurs sources de financement de l’étranger, les représentants des ONG seront également tenus de porter chaque fois qu’ils assistent à des séances de la Knesset un badge d’identification qui illustre le financement étranger de leur organisation.

Les représentants d’ONG devront porter un badge semblable à ceux portés par les lobbyistes – ou faire face à une amende de 29 000 shekels (6 850 euros).

Les partisans de la loi affirment que le financement des ONG par des gouvernements, principalement européens, constitue une ingérence dans les affaires internes d’Israël et défend des intérêts étrangers sous couvert de défense des droits de l’Homme.

Ses opposants disent que le projet de loi cible injustement les ONG de gauche et des groupes critiquant le gouvernement et mettent en garde qu’il risque de porter un coup au caractère démocratique d’Israël.

Suite à l’approbation de la commission ministérielle, le député Michael Oren du parti Koulanou avait déclaré son opposition au projet de loi.

Oren, un ancien ambassadeur aux États-Unis et un nouveau parlementaire, avait dit qu’il ne pouvait pas voter pour le texte tel qu’il a été présenté.

« Comme quelqu’un qui a travaillé toute sa vie pour améliorer les relations étrangères de l’Etat d’Israël, ma conscience ne me permet pas de voter pour la loi sur les ONG tel qu’elle est formulée aujourd’hui. En tant que membre de la commission parlementaire de la Constitution [du Droit et de la Justice] à la Knesset, je vais exercer tous mes pouvoirs parlementaires afin de la modifier », avait-il dit à l’époque.

Il n’est pas clair si Oren a maintenu son opposition au projet de loi, malgré l’assurance de Kahlon que le parti le soutiendrait
 
Le projet de loi doit passer trois votes à la Knesset avant de devenir une loi.

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