Kushner veut une approche « pragmatique » pour résoudre la question des réfugiés
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Kushner veut une approche « pragmatique » pour résoudre la question des réfugiés

Israël s'est toujours résolument opposé à un droit au retour des réfugiés palestiniens, estimant qu'il mettrait un terme à l'idée même d'un Etat juif

Jared Kushner, à Buenos Aires, le 30 novembre 2018. (Crédit : SAUL LOEB / AFP)
Jared Kushner, à Buenos Aires, le 30 novembre 2018. (Crédit : SAUL LOEB / AFP)

Jared Kushner, le conseiller de Donald Trump chargé du plan de paix au Proche-Orient, a plaidé mercredi pour une meilleure intégration des réfugiés palestiniens aux pays arabes qui les ont accueillis après 1948, défendant une approche « pragmatique » à une des questions les plus complexes d’un éventuel règlement du conflit israélo-palestinien.

Jared Jushner, qui est le gendre du président américain, a indiqué lors d’une conférence téléphonique avec des médias arabes qu’il annoncerait « probablement la semaine prochaine » les prochaines étapes de son plan de paix après avoir tenu la semaine dernière à Bahreïn une conférence sur ses propositions économiques, qui comprennent une promesse d’investissements de 50 milliards de dollars pour les territoires palestiniens.

Le conseiller, dont la démarche est rejetée par les Palestiniens, s’est pour l’instant abstenu de détailler la partie politique de son plan.

Mais lors de cette conférence téléphonique, il a semblé favorable à une normalisation du statut des réfugiés palestiniens qui avaient fui ou avaient été forcés de quitter Israël lors de la création de l’Etat juif en 1948, ainsi que de leurs descendants.

Jared Kushner a relevé qu’un nombre comparable de Juifs avaient dû quitter les pays arabes où ils vivaient. « Ce qu’il s’est passé avec ces réfugiés juifs, c’est qu’ils ont été absorbés dans différents endroits alors que le monde arabe n’a pas absorbé beaucoup de ces réfugiés (palestiniens) au fil des ans », a-t-il dit.

« Lorsque nous allons mettre sur la table notre projet de solution politique, nous allons essayer d’avancer des propositions que nous pensons pragmatiques, réalisables et viables au jour d’aujourd’hui », a-t-il poursuivi.

Jared Kushner a notamment estimé que le Liban, où les réfugiés palestiniens vivent dans des conditions difficiles et sont en grande partie privés d’accès à la nationalité, était favorable à une solution « équitable ».

« Je crois aussi que les réfugiés palestiniens du Liban qui sont privés de nombreux droits et n’ont pas actuellement les meilleures conditions de vie, aimeraient aussi voir se créer une situation permettant un accès à plus de droits et à une meilleure vie », a-t-il dit.

Israël s’est toujours résolument opposé à un droit au retour des réfugiés palestiniens, estimant qu’il mettrait un terme à l’idée même d’un Etat juif.

Kushner a aussi déclaré que les dirigeants palestiniens « ont commis une erreur stratégique en s’abstenant de participer » à l’atelier économique organisé à Bahreïn par les États-Unis la semaine dernière.

« Ils avaient l’air très stupides en essayant de combattre cela », a-t-il déclaré à la presse, soulignant qu’il « n’était pas tout à fait sûr de ce qu’ils vendaient » et qualifiant la réaction des dirigeants palestiniens à la conférence comme « hystérique, erratique et pas terriblement constructive. »

Kushner a dit que beaucoup de Palestiniens « commencent à voir » que ce ne sont pas les Israéliens mais leurs propres dirigeants qui sont responsables de leurs problèmes économiques.

Un document publié en ligne décrivant le plan de paix économique de la Maison Blanche, dévoilé lors du sommet de Manama et proposant des investissements de l’ordre de 50 milliards de dollars dans les zones palestiniennes et le Moyen-Orient élargi après la conclusion d’un accord de paix, a été téléchargé plus d’un million de fois, a-t-il dit, dépassant ainsi ses propres attentes.

Kushner a déclaré qu’il pensait que le dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas, souhaitait véritablement la paix avec Israël.

« J’ai beaucoup de respect pour le président Abbas. Je pense qu’il a consacré sa vie à essayer de faire la paix », a déclaré Kushner. « Je crois vraiment dans son cœur qu’il veut faire la paix et j’espère que nous pourrons lui donner l’occasion d’essayer de réaliser cela. »

L’administration Trump souhaite éviter « les mêmes erreurs » que les précédentes initiatives de paix, et elle a adopté une « approche différente », a déclaré Kushner. « Nous n’entrons pas dans les mêmes vieilles discussions fatiguées qui, franchement, ne mènent nulle part. »

« Nous n’avons pas permis que le processus soit détourné par des personnes qui n’ont pas réussi. Le président Abbas a certaines personnes autour de lui qui sont très mal à l’aise avec la façon dont nous avons abordé cela, et leur instinct naturel est d’agir et de dire des choses folles », a déclaré Kushner, se référant clairement à Saeb Erekat, qui a été le critique le plus virulent de l’AP sur l’initiative de paix des États-Unis.

Erekat a fréquemment échangé sur Twitter avec l’envoyé américain en charge de la paix, Jason Greenblatt.

« Franchement, nous ne trouvons pas cela très constructif », a poursuivi Kushner.

« Notre porte est toujours ouverte au peuple palestinien, aux dirigeants palestiniens. Le président Trump aime beaucoup le président Abbas, il l’aime beaucoup personnellement », a-t-il déclaré. « Et au bon moment, s’ils sont prêts à s’engager, je suis persuadé qu’ils en auront l’opportunité. Qu’ils soient prêts à saisir cette opportunité sera à leur charge. »

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