La 18e édition du Festival Jazz’n’Klezmer commence à Paris
Rechercher

La 18e édition du Festival Jazz’n’Klezmer commence à Paris

Musique aux mélodies tournoyantes, tantôt festive tantôt nostalgique, née dans les "shtetls" d'Europe orientale, le klezmer a connu une résurgence en France dans les années 1990

« C’est un festival jazz ET klezmer, qui ne demande pas aux musiciens de jazz d’être influencés par le klezmer ni au klezmer d’avoir une tendance jazz affirmée », confie le pianiste Denis Cuniot à propos du festival Jazz’n’Klezmer, dont il est à l’affiche de la 18e édition à partir de ce mardi.

Musique aux mélodies tournoyantes, tantôt festive tantôt nostalgique, née dans les « shtetls » (village ou quartier juif) d’Europe orientale au XVIIe ou XVIIIe siècle selon les sources, le klezmer a connu une résurgence en France vers le milieu des années 1990.

Quelques années plus tard, Albert Kadouche, alors directeur du Centre d’action culturelle de l’Espace Rachi (Ve) à Paris, et son adjointe Deborah Benassouline, également chanteuse de jazz, lançaient en 2001 le festival Jazz’n’Klezmer.

Denis Cuniot est en grande partie responsable de cette renaissance.

« Avec Nano (Peylet, ex-clarinettiste de Bratsch, groupe français de musiques balkaniques), on a été les premiers à employer le mot (klezmer) dans les années 1980 », se souvient-il.

Invité pour la troisième fois sur le festival, Denis Cuniot donnera un récital le 1er décembre.

« J’ai choisi dans le répertoire de la musique instrumentale klezmer et du chant yiddish une série de thèmes, que je retravaille tous les jours et que je fais évoluer, à la manière d’un jazzman », explique-t-il à propos de sa musique.

Dix-huit ans après la naissance de Jazz’n’Klezmer, jazz et klezmer sont toujours là : jazz avec Yes! Trio ou le duo Avishai Cohen (trompette)/Yonathan Avishai (piano), klezmer avec Le Petit Mish-Mash, Josef Josef ou celui plus métissé des Jewish Monkeys.

Laurence Haziza, juive séfarade qui a pris les rênes du festival en 2007, a cependant donné au festival d’autres identités, en l’ouvrant à d’autres styles musicaux méditerranéens et moyen-orientaux. Symbole de cette ouverture : la chanteuse israélienne d’origine iranienne Liraz, qui chante en farsi et s’inspire de la musique persane.

Le festival a aussi tenu pour cette dix-huitième édition, organisée jusqu’au 7 décembre dans différentes salles parisiennes, à s’ouvrir aux réfugiés.

« En partenariat avec l’association La Cimade et l’association Exilophone, le festival Jazz’n’Klezmer invite trois formations issues de populations exilées », déclare Laurence Haziza.

Le Lamma Orchestra, Zazlooz, et le duo Dafné Kritharas/Öner Aslan dont le répertoire va du rebetiko au ladino, joueront le 28 novembre à La Bellevilloise, en première partie des Jewish Monkeys et Pad Brapad.

« Au cours d’une soirée pour déconstruire les préjugés, sortir de la stigmatisation et tisser des moments de partage avec des artistes d’origines grecque, kurde, soudanaise, marocaine », selon Laurence Haziza.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...