La troisième dose produirait dix fois plus d’anticorps que la deuxième – Étude
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La troisième dose produirait dix fois plus d’anticorps que la deuxième – Étude

Une étude sérologique de l'hôpital Sheba a évalué que l'injection de rappel pourrait offrir une protection plus longue que cela n'avait été anticipé par les chercheurs

Une Israélienne se fait vacciner contre la  COVID-19 dans un centre de vaccination de  la caisse d'assurance-maladie de la Clalit à Jérusalem, le 9 septembre 2021. (Crédit :Olivier Fitoussi/Flash90)
Une Israélienne se fait vacciner contre la COVID-19 dans un centre de vaccination de la caisse d'assurance-maladie de la Clalit à Jérusalem, le 9 septembre 2021. (Crédit :Olivier Fitoussi/Flash90)

Une étude sérologique menée dans un hôpital israélien a établi que les niveaux d’anticorps dans le corps après l’administration d’une troisième dose de vaccin contre la COVID-19 étaient dix fois supérieurs à ceux détectés après la deuxième dose.

Ces résultats préliminaires, qui ont été constatés chez les personnels vaccinés de l’hôpital Sheba à Ramat Gan, en banlieue de Tel Aviv, rendent optimistes sur le degré et la durée de protection offerte par le rappel, a fait savoir mardi la chaîne Kan.

L’étude a comparé les niveaux d’anticorps sept jours après administration de l’injection de rappel à ceux enregistrés une semaine après l’injection de la seconde dose.

L’hôpital a affirmé à la chaîne qu’il resterait prudent face à ses résultats et qu’il continuerait à observer les niveaux d’anticorps dans les prochains mois.

Israël – le premier pays à avoir proposé officiellement une troisième dose – a lancé sa campagne de rappel en date du 1er août en l’offrant initialement aux plus de 60 ans. Le pays a ensuite baissé l’âge d’éligibilité, élargissant la vaccination à tous les enfants de plus de douze ans et plus ayant reçu la deuxième dose il y a au moins cinq mois.

Mercredi, près de trois millions d’Israéliens avaient bénéficié d’une troisième dose.

Le responsable de la lutte contre le coronavirus en Israël a appelé à commencer les préparations nécessaires à l’injection éventuelle d’une quatrième dose.

Le responsable de la lutte contre le coronavirus Salman Zarka lors d’une conférence de presse sur la lutte contre le coronavirus à Jérusalem, le 29 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Dans la mesure où le virus est là et qu’il ne va pas disparaître, nous avons également besoin de nous préparer à administrer une quatrième dose », a affirmé Salman Zarka à Kan en date du 4 septembre.

Il n’a pas précisé quand une quatrième dose de vaccin pourrait être administrée.

« En ce qui concerne… l’affaiblissement de la protection des vaccins et la diminution des anticorps, il semble qu’il faille au bout de quelques mois – cela peut être une fois par an, ou tous les cinq ou six mois – renouveler l’injection », avait-il déclaré au Times of Israel le mois dernier.

Au début du mois, le ministère de la Santé a aussi annoncé que le « Passe vert » – un document qui restreint l’accès à certains rassemblements et lieux publics aux seules personnes vaccinées, en rémission du coronavirus ou en possession d’un résultat négatif de test de dépistage récent – expirera six mois après que son détenteur a reçu sa deuxième ou sa troisième dose, ce qui laisse penser qu’une quatrième pourrait être administrée d’ici six mois.

Toutefois, le niveau élevé d’anticorps constaté dans les nouvelles données de Sheba pourrait signifier qu’une quatrième dose ne sera administrée qu’après un délai plus long, a précisé le reportage de Kan.

En début de semaine, 18 éminents scientifiques et deux responsables de la FDA ont affirmé qu’il n’était pas nécessaire actuellement d’injecter une troisième dose à la population générale.

Dans le journal médical The Lancet, ils ont estimé que même avec la menace du variant Delta, très contagieux, « les rappels pour la population en général ne sont pas opportuns à ce stade de la pandémie ».

Une Israélienne reçoit une injection de rappel dans une maison de retraite de Jérusalem, le 4 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Après que certains pays, notamment l’État juif, ont commencé à offrir des injections de rappel en raison des inquiétudes liées à la propagation du variant Delta, l’Organisation mondiale de la santé a réclamé un moratoire sur les troisièmes doses, craignant des problèmes d’approvisionnement pour les pays plus pauvres où des millions de personnes n’en ont reçu aucune.

« Je ne vais pas me taire alors que les firmes et les pays qui contrôlent l’approvisionnement mondial en termes de vaccins pensent que les plus défavorisés dans le monde sauront se satisfaire des restes », a ainsi affirmé le président de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, aux journalistes mercredi dernier.

S’exprimant depuis le siège de l’OMS à Genève, Tedros a vivement recommandé aux pays riches et aux fabricants de vaccins d’accorder la priorité aux travailleurs du secteur de la santé et aux populations vulnérables des pays les plus pauvres.

« Nous ne voulons pas assister à un vaste usage des rappels sur des personnes en bonne santé qui sont pleinement vaccinées », a-t-il poursuivi.

L’AFP a contribué à cet article.

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