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La Banque centrale d’Israël relève son taux d’intérêt – une première depuis 2018

Le taux d’intérêt de référence passe de 0,1% à 0,35%, pour juguler l’inflation, qui a atteint 3,5% et que l’économie enregistre une « forte activité financière »

Le gouverneur de la Banque d'Israël, Amir Yaron, a participé à une réunion de la commission des Finances à la Knesset à Jérusalem, le 23 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le gouverneur de la Banque d'Israël, Amir Yaron, a participé à une réunion de la commission des Finances à la Knesset à Jérusalem, le 23 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La commission de politique monétaire de la Banque centrale d’Israël a confirmé, lundi, relever le taux d’intérêt de référence de 0,1% à 0,35%, comme il l’avait annoncé, afin de limiter la hausse de l’inflation et des prix de l’immobilier en Israël.

C’est la première fois que la Banque centrale relève le taux d’intérêt depuis novembre 2018.

Elle avait indiqué qu’elle commencerait à augmenter progressivement le taux d’intérêt en février, évoquant à l’époque de solides performances économiques parallèlement à la pandémie de COVID-19 et des signes d’une « activité économique soutenue ».

La Banque centrale a également évoqué la question du taux d’inflation, qui avait dépassé ses marges de fluctuation depuis la dernière réunion de politique monétaire début janvier, ainsi que la hausse des prix à la consommation et des logements.

Le taux d’inflation en Israël a atteint 3,5 % en février, légèrement au-delà de la marge supérieure fixée à 3% par la Banque, et devrait atteindre 3,6 % en 2022, retombant à 2 % en 2023, a indiqué la Banque centrale, estimant que les taux d’intérêt descendraient quant-à-eux à 1,5 % dans un an environ.

Pourtant, malgré « des chiffres en hausse ces derniers mois, l’inflation israélienne est toujours nettement inférieure aux taux enregistrés dans la plupart des pays du monde », a précisé la Banque centrale dans un communiqué.

Le communiqué relève en outre que « la guerre en Ukraine et la morbidité croissante en Chine aggravent les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, augmentent l’inflation et réduisent le rythme de croissance du système financier mondial ».

L’économie israélienne, cependant, a « enregistré une forte activité financière », ce qui a conduit la Banque centrale à prendre la décision d’augmenter progressivement son taux d’intérêt.

Le gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Amir Yaron, cité par The Marker, a déclaré lundi que « l’économie israélienne était forte et avait presque complètement résorbé l’impact de la pandémie. L’écart de PIB s’est réduit et le marché du travail s’est redressé, enregistrant un taux d’emploi élevé parallèlement à une demande accrue de travailleurs. Une croissance rapide caractérise une économie dynamique capable de faire face aux changements. »

La Banque centrale a ajouté que le relèvement progressif du taux d’intérêt serait déterminé au vu des derniers chiffres disponibles et des variations de l’inflation, « afin de continuer à poursuivre les objectifs », en mettant l’accent sur la baisse des taux d’inflation.

Yaron a rappelé que la principale responsabilité de la Banque centrale était de « maintenir la stabilité des prix », ajoutant que « parallèlement à l’inflation, je souhaite mettre l’accent sur le coût de la vie, distinct de l’inflation. »

« Le coût de la vie est une question importante pour la population israélienne et se reflète dans de nombreux domaines – la consommation, le prix des logements et bien d’autres encore. La lutte contre l’augmentation du coût de la vie devrait se faire en introduisant d’importantes réformes, dont certaines sont en cours d’officialisation par le gouvernement. »

Le gouverneur de la Banque d’Israël Amir Yaron s’exprime lors d’une conférence de presse à la Banque d’Israël à Jérusalem, le 7 janvier 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Au début de la pandémie mondiale de COVID-19, la commission de politique monétaire de la Banque centrale avait réduit le taux d’intérêt de 0,25 % à 0,1 %, taux inchangé jusqu’à présent.

La Banque centrale a déjà indiqué qu’un taux d’intérêt plus élevé « continuerait à soutenir la réalisation des objectifs de politique monétaire et… assurer le bon fonctionnement à long-terme des marchés financiers. »

Selon les données du bureau central des statistiques, le quatrième trimestre fiscal de 2021 aurait enregistré une croissance spectaculaire de l’ordre de 16,6 % du PIB, portant la moyenne annuelle à 8,1 %, la plus élevée enregistrée depuis 2000 avec un taux à 8,4 %.

En février, la Banque centrale d’Israël tablait sur une croissance du PIB de 5,5 % en 2022 et 5 % en 2023.

Selon les données disponibles, l’indice des prix à la consommation, qui mesure le prix d’un panier moyen de biens de consommation, a augmenté de 0,2 % en janvier et de 3,1 % l’an dernier.

Le prix des logements a connu une hausse plus spectaculaire, de l’ordre de 11,3 % en l’espace de 12 mois.

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