La bataille pour succéder à Abbas pourrait causer la chute de l’AP – experts
Malgré l'expiration de son mandat en 2009 et l'absence depuis d'élections, Mahmoud Abbas est resté en place, voyant sa popularité (très) fortement décroître au fil des années

La bataille pour succéder au président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas pourrait provoquer des manifestations de masse, leur répression et la disparition de l’Autorité palestinienne, a déclaré mercredi l’institut International Crisis Group (ICG).
Abbas, 87 ans, est à la tête de l’AP depuis 2005, avec un mandat qui devait normalement s’achever en 2009. Il est également à la tête de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et du parti Fatah.
Malgré l’expiration de son mandat et l’absence depuis d’élections, Mahmoud Abbas est resté en place, voyant sa popularité (très) fortement décroître au fil des années.
Selon un rapport de l’ICG, le dirigeant, dont la santé est dite fragile (Abbas est un gros fumeur), n’a pas désigné de dauphin et « a vidé de leur substance les institutions » chargées de sa succession.
La tenue d’élections pour élire son remplaçant est l’option « la moins probable », juge le centre de réflexion basé à Bruxelles.
En conséquence, il est « peu clair qui lui succédera et de quelle manière », estime-t-il, prévenant que toute désignation improvisée à la dernière minute « tournerait au vinaigre ».
Pour l’ICG, l’un des scénarios possibles est le déclenchement de « manifestations massives » dans les Territoires palestiniens, des « violences et même la chute de l’Autorité palestinienne ».
Après avoir annoncé en 2021 des élections présidentielle et législatives, Abbas les a annulées arguant que leur tenue n’était pas « garantie » à Jérusalem-Est. Des analystes, si ce n’est tous les analystes, y ont vu sa peur de voir le Fatah perdre face au Hamas, le groupe terroriste islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza.
Dans son rapport, l’ICG évoque le chef des renseignements de l’AP Majid Faraj et le ministre des Affaires civiles Hussein al-Cheikh, placé par Mahmoud Abbas au sein de l’OLP comme numéro deux.
Bien que perçus comme influents au sein de l’AP et capables de travailler avec la communauté internationale, « aucun des deux n’a jamais su remporter l’adhésion de la société palestinienne », souligne l’ICG.
Le rapport identifie aussi d’autres potentiels successeurs, comme le patron de l’Association palestinienne de football Jibril Rajoub, le Premier ministre Mohammed Shtayyeh, ou encore Mohammed Dahlane, un ancien haut responsable palestinien en froid avec Abbas et en exil aux Emirats arabes unis.
« Chacun de ces hommes a son réseau », remarque l’ICG. Mais aucun « ne peut voler de ses propres ailes. »
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