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La Bosnie-Herzégovine adopte la définition de l’antisémitisme de l’IHRA

La mesure fait suite à une visite de Milorad Dodik, représentant serbe à la présidence bosniaque, en Israël

Le logo de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).
Le logo de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

Le gouvernement de Bosnie-Herzégovine a adopté vendredi dernier la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), rejoignant ainsi près de 40 pays qui en ont fait de même.

Milorad Dodik, représentant serbe à la présidence, a annoncé cette adoption. « Sur mon initiative, la présidence de BiH a adopté aujourd’hui [la] définition juridiquement non contraignante de l’antisémitisme », a-t-il déclaré sur Twitter.

Quelques jours plus tôt, lors d’un voyage en Israël, il avait notamment visité le mémorial de Yad Vashem, et reçu le prix « Amis de Sion ».

« Ce n’est un secret pour personne que je ressens une grande amitié pour l’État d’Israël, et j’aime tout simplement le peuple juif, principalement en raison du partenariat historique que mon peuple a tenu avec les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale », avait-il déclaré pendant la cérémonie de remise du prix. Or, très peu de Juifs ont été secourus en Serbie pendant la guerre, notamment en raison du régime imposé par l’occupant nazi, l’un des plus cruels d’Europe – les Serbes avaient l’interdiction d’aider les Juifs sous peine d’être exécutés dans le cas où ils abriteraient ou protégeraient des Juifs. 139 Serbes ont reçu le titre de Justes parmi les nations par Yad Vashem. La communauté juive de Bosnie a elle aussi été décimée pendant la Shoah.

« J’admire les nombreuses réalisations que l’État d’Israël a accomplies en si peu de temps depuis sa création, comme j’admire ce peuple visionnaire qui a compris que, pour que le peuple juif survive, il devait avoir un État », a-t-il ajouté. « Le prix ‘Friends of Zion’ me donne la force de poursuivre mes efforts en faveur de l’État d’Israël et d’établir une meilleure coopération entre nos deux pays à l’avenir. »

Le dirigeant a rencontré plusieurs responsables israéliens durant sa visite, dont le président Isaac Herzog.

La définition de l’IHRA décrit l’antisémitisme comme « une certaine perception des Juifs, qui peut être exprimée par la haine des Juifs » et qui est « dirigée contre des individus juifs ou non juifs et/ou leurs biens, contre les institutions de la communauté juive et les établissements religieux ».

Elle présente ainsi principalement des exemples de comportements antisémites sans lien avec Israël, comme l’appel à faire du mal aux Juifs ou la négation de la Shoah.

Elle inclut néanmoins aussi « le fait de nier au peuple juif son droit à l’autodétermination… en affirmant que l’existence d’un État d’Israël est une entreprise raciste » et « le fait de comparer la politique israélienne contemporaine à celle des nazis ».

La définition comporte également les points suivants : « Le traitement inégalitaire de l’État d’Israël, à qui l’on demande d’adopter des comportements qui ne sont ni attendus ni exigés de tout autre État démocratique » et « l’idée selon laquelle les Juifs seraient collectivement responsables des actions de l’État d’Israël ».

Ces parties de la définition ont été vivement critiquées ces dernières années, car certains critiques estiment qu’elle étouffe la liberté d’expression et le droit de critiquer Israël. Les organisations et militants pro-palestiniens favorables au boycott d’Israël rejettent ainsi vivement la définition.

Cependant, la définition indique également que les critiques d’Israël similaires à celles adressées à tout autre pays ne sont pas antisémites.

L’IHRA a introduit la définition en 2016, trois ans après que l’agence antiraciste de l’Union européenne a supprimé un texte très similaire de son site web suite à des protestations contre son contenu par des militants pro-palestiniens, qui affirmaient qu’il limitait la liberté d’expression.

Les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Parlement européen ont aussi adopté la définition.

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