La CESAO, qui avait critiqué “l’apartheid” israélien, évoque maintenant des meurtres et des tortures
Rechercher

La CESAO, qui avait critiqué “l’apartheid” israélien, évoque maintenant des meurtres et des tortures

Jérusalem fustige un nouveau rapport de l'agence de l'ONU, qui accuse les forces de sécurité israéliennes de maltraitance sur les Palestiniens et d'“exécutions extrajudiciaires”

La CESAO réunie avec son ancienne présidente, Rima Khalaf, deuxième à gauche, en 2014. (Crédit : ITU/C. Montesano Casillas/CC BY 2.0/Flickr)
La CESAO réunie avec son ancienne présidente, Rima Khalaf, deuxième à gauche, en 2014. (Crédit : ITU/C. Montesano Casillas/CC BY 2.0/Flickr)

L’agence de l’ONU qui avait suscité l’indignation il y a trois mois lorsqu’elle avait diffusé un rapport accusant Israël d’être un « régime d’apartheid » et de dominer racialement les Palestiniens est l’auteur d’un nouveau document qui éreinte l’Etat juif qui serait coupable, selon elle, d’actes de torture à l’égard des Palestiniens et « d’exécutions extrajudiciaires ».

Ce nouveau rapport, daté du 23 mai, a été soumis à l’Assemblée générale et au Conseil économique et social des Nations unies en vue de leurs prochaines sessions de travail. Le document est disponible sur Internet depuis mercredi.

Le rapport, établi par la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO), basée à Beyrouth, affirme que les forces israéliennes font un usage disproportionné de la force contre les Palestiniens et qu’elles maltraitent les détenus palestiniens, notamment les mineurs, ajoutant que la justice n’est pas rendue pour les actes répréhensibles commis contre des Palestiniens.

L’ambassadeur israélien à l’ONU a qualifié ce rapport d’ « accusation de meurtre rituel », et a indiqué qu’il chercherait à le faire retirer, comme cela était déjà arrivé avec le précédent rapport sur Israël rédigé par la Commission au mois de mars.

Le rapport s’est concentré sur la période du 1er avril 2016 au 31 mars 2017, affirmant que les forces de sécurité israéliennes ont tué 63 Palestiniens, dont 19 mineurs, et blessé 2 276 Palestiniens, dont 562 enfants. Il note que « au moins 37 Palestiniens tués menaient – ou étaient soupçonnés de mener – des attentats contre les Israéliens. »

Il exprime également la préoccupation de la CESAO « face à l’usage de la force et aux délits d’homicide commis par les forces de sécurité israélienne, dont certaines affaires qui ont pu être équivalentes à des exécutions extrajudiciaires. »

Un prisonnier palestinien. Illustration. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)
Un prisonnier palestinien. Illustration. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

Citant le Comité des Nations unies contre la torture, le rapport accuse encore Israël de « torture ou de maltraitances à l’égard des enfants palestiniens », de « privation des protections légales de base pour les détenus administratifs, d’isolement et de confinement en solitaire des prisonniers, notamment des mineurs, de sanctions et de maltraitances exercées à l’encontre des prisonniers grévistes de la faim. »

Il prétend également « qu’aucune enquête criminelle n’a été ouverte sur plus de 1 000 plaintes concernant des actes de torture ou des mauvais traitements déposées depuis 2001. »

L’agence ajoute que les implantations de Cisjordanie « n’ont aucune validité légale et constituent une violation flagrante du droit international, et un obstacle majeur à la réalisation d’une paix durable et totale. »

Au mois de mars, la CESAO avait rédigé un rapport intitulé « Les pratiques israéliennes envers la population palestinienne et la question de l’apartheid » qui avait suscité de vives réactions d’Israël et des Etats-Unis, menant Washington à demander au secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres de passer à l’action. Ce dernier avait lui-même pris ses distances face au document et ordonné son retrait.

Le rapport avait été supprimé du site internet de l’agence et le présidente de l’instance, la responsable jordanienne des Nations unies Rima Khalaf, avait présenté sa démission peu de temps après.

La CESAO, qui a accordé le statut d’état membre à la Palestine, œuvre au renforcement de la coopération et à la promotion du développement.

L'ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley aux côtés de l'ambassadeur israélien à l'ONU Danny Danon, à leur arrivée à une rencontre avec le président  Reuven Rivlin à la résidence de ce dernier à Jérusalem, le 7 juin 2017 (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)
L’ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley aux côtés de l’ambassadeur israélien à l’ONU Danny Danon, à leur arrivée à une rencontre avec le président Reuven Rivlin à la résidence de ce dernier à Jérusalem, le 7 juin 2017 (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Jeudi, l’ambassadeur israélien aux Nations unies Danny Danon a indiqué qu’il s’efforcerait de faire retirer le nouveau rapport, le qualifiant « de nouvelle accusation de meurtre rituel à l’encontre du peuple juif ».

« Tout comme nous sommes parvenus à faire retirer ce précédent rapport absurde, nous lutterons sans relâche contre cette distorsion flagrante de la vérité, a-t-il déclaré. Nous n’accepterons aucune tentative de calomnie à l’égard des courageux soldats de l’armée israélienne. »

La vice-ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Hotovely a indiqué jeudi que « tant que l’industrie des rapports mensongers continuera aux Nations unies, et que des éléments pourvus d’intérêts politiques prépareront ce type de document prétendant être des rapports professionnels, l’ONU ne pourra pas être un acteur honnête. »

« L’armée israélienne protège les enfants tandis que le Hamas utilise les enfants comme boucliers humains, a-t-elle déclaré dans un communiqué de presse. Nous affrontons un ennemi cruel qui viole systématiquement les droits de l’Homme. Au lieu d’écrire des rapports sur les violations commises par le Hamas, la CESAO frappe un pays qui fonctionne avec des valeurs morales et qui protège les droits de l’Homme dans toute la région. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...