Merkel : la mémoire des crimes nazis « inséparable » de l’identité allemande
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Merkel : la mémoire des crimes nazis « inséparable » de l’identité allemande

La première visite de la chancelière intervient au moment où le parti d'extrême droite AfD, qui siège depuis deux ans au Bundestag, prône la fin de la culture du repentir

  • La chancelière allemande Angela Merkel dépose une gerbe de fleurs devant le Mur des noms, à Auschwitz, le 6 décembre 2019. (Crédit : John MACDOUGALL / AFP)
    La chancelière allemande Angela Merkel dépose une gerbe de fleurs devant le Mur des noms, à Auschwitz, le 6 décembre 2019. (Crédit : John MACDOUGALL / AFP)
  • La chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre polonais Mateusz observent une minute de silence devant le Mur des noms, à Auschwitz, le 6 décembre 2019. (Crédit : John MACDOUGALL / AFP)
    La chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre polonais Mateusz observent une minute de silence devant le Mur des noms, à Auschwitz, le 6 décembre 2019. (Crédit : John MACDOUGALL / AFP)
  • La chancelière allemande Angela Merkel accompagnée du Premier ministre Mateusz Morawiecki visitent le camp nazi d'Auschwitz-Birkenau, le 6 décembre 2019. (Crédit : SKARZYNSKI / AFP)
    La chancelière allemande Angela Merkel accompagnée du Premier ministre Mateusz Morawiecki visitent le camp nazi d'Auschwitz-Birkenau, le 6 décembre 2019. (Crédit : SKARZYNSKI / AFP)
  • La chancelière allemande Angela Merkel prononce un discours lors de sa visite dans l'ancien camp d'extermination nazi allemand Auschwitz-Birkenau à Oswiecim, Pologne, le 6 décembre 2019. (Crédit : John MACDOUGALL / AFP)
    La chancelière allemande Angela Merkel prononce un discours lors de sa visite dans l'ancien camp d'extermination nazi allemand Auschwitz-Birkenau à Oswiecim, Pologne, le 6 décembre 2019. (Crédit : John MACDOUGALL / AFP)
  • La chancelière allemande Angela Merkel accompagnée du Premier ministre Mateusz Morawiecki et le directeur du musée d'Auschwitz-Birkenau Piotr Cywinski, au camp de concentration, le 6 décembre 2019. (Crédit : SKARZYNSKI / AFP)
    La chancelière allemande Angela Merkel accompagnée du Premier ministre Mateusz Morawiecki et le directeur du musée d'Auschwitz-Birkenau Piotr Cywinski, au camp de concentration, le 6 décembre 2019. (Crédit : SKARZYNSKI / AFP)

La mémoire des crimes nazis est « inséparable » de l’identité allemande, a déclaré vendredi la chancelière Angela Merkel, dans l’ancien camp nazi d’Auschwitz.

Sa première visite de ce site, symbole de la Shoah, intervient au moment où le parti d’extrême droite AfD, qui siège depuis deux ans au Bundestag, prône la fin de la culture du repentir.

« Se souvenir des crimes, nommer leurs auteurs et rendre aux victimes un hommage digne, c’est une responsabilité qui ne s’arrête jamais. Ce n’est pas négociable. Et c’est inséparable de notre pays. Etre conscient de cette responsabilité est une part de notre identité nationale », a martelé la dirigeante, première chef d’un gouvernement allemand à se rendre à Auschwitz depuis 1995.

La voix altérée, elle a insisté sur le fait qu’il était « important » de rendre à Auschwitz son « nom complet ». Situé dans l’actuelle Pologne, le camp était dans une région « annexée en octobre 1939 par le Reich » et il fut « administré par les Allemands ». « Il est important de nommer clairement les criminels. Nous, les Allemands, le devons aux victimes et à nous mêmes », a-t-elle déclaré.

Dans son discours, elle a mis en garde contre « la montée du racisme et la propagation de la haine », ainsi que contre l’antisémitisme qui menace les communautés juives en Allemagne, en Europe et dans le monde entier.

La chancelière allemande Angela Merkel prononce un discours lors de sa visite dans l’ancien camp d’extermination nazi allemand Auschwitz-Birkenau à Oswiecim, Pologne, le 6 décembre 2019. (Crédit : John MACDOUGALL / AFP)

En Allemagne, les autorités s’inquiètent d’une hausse très nette des actes antisémites.

La chancelière est accompagnée, lors de ce déplacement, par le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, et par un survivant d’Auschwitz, Bogdan Bartnikowski, 87 ans, ainsi que des représentants de la communauté juive.

« Montée du racisme »

Intervenant avant Mme Merkel, M. Bartnikowski a livré un témoignage émouvant.

Déporté à l’âge de 12 ans avec sa mère, il s’est senti humilié lorsqu’il a été forcé à se dénuder au milieu d’une foule de femmes, nues elles aussi.

Il se rappelle avoir demandé aux prisonniers d’Auschwitz quand ils seraient libérés. Et il a retenu la réponse des kapos, les prisonniers promus gardiens auxiliaires: « il n’y a ici qu’un chemin vers la liberté, celui qui passe par les cheminées » des fours crématoires.

Le Premier ministre polonais a souligné pour sa part que les témoins des crimes commis à Auschwitz étaient en train de disparaître.

« Nous sommes d’autant plus obligés d’en préserver la mémoire. Car si la mémoire disparaît, c’est comme si nous blessions pour la deuxième fois les gens qui ont vécu l’enfer ici, qui ont traversé d’indicibles souffrances », a-t-il dit.

A la veille de ce déplacement, Angela Merkel a annoncé l’octroi de 60 millions d’euros à la Fondation Auschwitz-Birkenau pour le maintien du site où furent assassinées quelque 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, entre 1940 et 1945.

L’ambassade d’Israël à Berlin a salué sur son compte Twitter « un pas important et significatif pour le maintien de la mémoire de la Shoah ».

Mal absolu

Le directeur du musée d’Auschwitz-Birkenau, Piotr Cywinski s’est également félicité de ce nouvel apport allemand de fonds.

Mme Merkel s’est rendue aussi vendredi à Birkenau, distant de 3 kilomètres du camp principal, notamment sur la rampe où étaient « sélectionnés » les déportés à leur descente des wagons à bestiaux: les plus jeunes, les plus âgés et les plus fragiles étaient immédiatement envoyés à la mort.

La chancelière allemande Angela Merkel devant les rails du train à l’entrée de Birkenau, le 6 décembre 2019. (Crédit : John MacDougall/AFP)

Dans le camp d’Auschwitz-Birkenau créé par l’Allemagne sur le territoire de la Pologne occupée, des détenus, parmi lesquels des enfants, ont été soumis aux expérimentations effroyables du Docteur Josef Mengele, l' »ange de la mort ». C’est également dans ce camp, qui comprenait quatre chambres à gaz et quatre crématoriums, qu’a été employé pour la première fois en 1941 le gaz Zyklon B.

Le nom d’Auschwitz est devenu le synonyme du Mal absolu. Des Juifs de toute l’Europe, de la Hongrie à la Grèce, y ont été exterminés.

Angela Merkel n’est que la troisième dirigeante de gouvernement allemand à se rendre à Auschwitz, après Helmut Schmidt en 1977 et Helmut Kohl en 1989 et 1995.

En 14 ans au pouvoir, elle a multiplié les gestes forts en se rendant à Ravensbrück, Dachau, Buchenwald, et au Mémorial de l’Holocauste de Yad Vashem à Jérusalem.

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