La chancelière de Berkeley condamne la caricature “antisémite” d’un journal étudiant
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La chancelière de Berkeley condamne la caricature “antisémite” d’un journal étudiant

Le dessin critiquant Alan Dershowitz utilise des images qui sont “directement liées au meurtre rituel”, dénonce Carol Christ

La caricature antisémite contre Alan Dershowitz à l'université de Californie publiée dans le journal étudiant de Berkeley, en octobre 2017. (Crédit : Twitter via JTA)
La caricature antisémite contre Alan Dershowitz à l'université de Californie publiée dans le journal étudiant de Berkeley, en octobre 2017. (Crédit : Twitter via JTA)

La chancelière de l’université de Californie à Berkeley a condamné un journal étudiant qui a publié un dessin utilisant une « imagerie antisémite » pour critiquer la position pro-israélienne d’Alan Dershowitz.

La caricature publiée il y a une semaine dans le Daily Californian dépeint un Dershowitz grimaçant, la tête sortant d’un panneau portant un drapeau israélien et où l’on peut voir des silhouettes d’enfants heureux. Ce panneau porte le titre « l’argument libéral pour Israël », le sujet du récent discours du professeur de la faculté de droit de Harvard à l’université.

Derrière le panneau, Dershowitz marche sur un homme portant un drapeau palestinien, et brandit un soldat israélien tirant sur un homme non armé baignant dans une mare de sang. Dans la version en ligne, seul le drapeau palestinien, le soldat et le sang sont en couleurs.

Dans une lettre adressée à l’éditeur, publiée mardi dans The Daily Californian, la chancelière Carol Christ a qualifié la caricature d’ « offensante, épouvantable et profondément décevante. »

« Je condamne sa publication, a-t-elle écrit. Savez-vous que son imagerie antisémite est directement liée à l’ancienne accusation de ‘meurtre rituel’ qui a accusé à tort les Juifs de meurtre rituel ? Je ne peux pas me souvenir de quoi que ce soit de similaire dans The Daily Californian, et j’invite les rédacteurs du journal à réfléchir à la possibilité d’autoriser une agression similaire contre d’autres groupes ethniques ou religieux. »

Alan Dershowitz (photo credit: Gidon Markowicz/Flash90)
Alan Dershowitz (photo credit: Gidon Markowicz/Flash90)

« Nous ne pouvons pas construire une communauté universitaire où chacun se sentira en sécurité, respecté et bienvenu si la haine et la perpétuation de stéréotypes nuisibles deviennent une partie acceptable de notre discours », conclut la lettre.

Dans une interview accordée lundi au Daily Wire, un site internet conservateur, Dershowitz s’est dit surpris qu’il y ait eu « peu de réaction » à la caricature insultante.

« Imaginez si une caricature anti-noir, anti-femme ou anti-gay avait été publiée dans le journal étudiant de Berkeley. Encore une fois, cela reflète pour moi l’incroyable double standard de tolérance que les gens ont envers l’antisémitisme », a-t-il déclaré.

Dershowitz a noté que le journal est une publication officielle de l’université publique, mais a cependant ajouté qu’il défendait le droit des éditeurs étudiants à publier la caricature.

« Ils ont pris la décision de publier ceci. Ils ont le droit de la publier, mais ils ont aussi le droit de ne pas la publier, a-t-il déclaré au Daily Wire. Et ils n’auraient jamais publié une caricature haineuse comparable dirigée contre un autre groupe. Est-ce de l’antisémitisme ? Oui. »

Le directeur exécutif de Berkeley Hillel, le rabbin Adam Naftalin-Kelman, a également critiqué le journal pour la publication de ce dessin.

« Il ne devrait pas y avoir d’excuse ou de rationalisation pour expliquer pourquoi cette caricature est ‘simplement’ une critique de la politique israélienne ou de l’opinion de l’orateur », a écrit le rabbin dans une lettre adressée au Daily Californian. « Comme toute caricature sectaire, elle devrait être critiquée, et la direction du quotidien californien doit prendre la responsabilité de ses actes. »

Quelques heures après le discours de Dershowitz à l’université de Californie de Berkeley le 11 octobre, une affiche annonçant l’événement a été retrouvée avec une croix gammée sur le visage de Dershowitz. À l’origine, le discours avait été bloqué par l’université parce que les organisateurs de sa visite n’avaient pas donné à la police du campus le préavis de huit semaines requis pour l’événement — une exigence qui ne s’applique qu’aux intervenants n’appartenant pas au département. À la suite de cette annonce, la faculté de droit a accepté de co-parrainer son intervention.

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