La Chine récompense les délateurs d’extrémistes religieux
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La Chine récompense les délateurs d’extrémistes religieux

La ville de Hotan, dans le Xinjiang, région en proie à des tensions entre Hans et Ouïghours, a mis en place un fonds de 100 M de yuans pour financer des récompenses "anti-terroristes"

Policiers des forces spéciales déployés devant le centre commercial de Hotan, dans la région chinoise de Xinjiang, en proie à des tensions entre les Hans et les Ouïghours musulmans, dans le cadre de la campagne "anti-terroriste", le 16 avril 2015. (Crédit : Greg Baker/AFP)
Policiers des forces spéciales déployés devant le centre commercial de Hotan, dans la région chinoise de Xinjiang, en proie à des tensions entre les Hans et les Ouïghours musulmans, dans le cadre de la campagne "anti-terroriste", le 16 avril 2015. (Crédit : Greg Baker/AFP)

Dénoncer un jeune homme dont la barbe serait le signe d’une dérive islamiste peut valoir 2 000 yuans (275 euros) de récompense au Xinjiang, région du nord-ouest chinois en proie à des tensions entre les Hans (Chinois de souche) et les Ouïghours musulmans.

Les autorités de la localité de Hotan, théâtre de récents actes de violence politique, ont mis en place un fonds de 100 millions de yuans (13,7 millions d’euros) afin de financer des récompenses « anti-terroristes », a rapporté mardi un quotidien local.

Les récompenses pourront atteindre 5 millions de yuans pour la révélation d’un projet d’attentat ou pour quiconque « frappe, tue, blesse ou maîtrise des émeutiers », a précisé Le Quotidien de Hotan.

« Dénoncer des extrémistes religieux utilisant faussement la religion pour perturber le fonctionnement des mécanismes judiciaires, administratifs, éducatifs ou autres, ou nuire aux lois du pays » pourra rapporter jusqu’à un million de yuans.

Signaler un jeune barbu ou une femme entièrement voilée pourra valoir 2 000 yuans au dénonciateur, selon la même source.

Mardi, les autorités de Pishan, une localité dépendant de Hotan, ont versé 1,76 million de yuans à des policiers et à des sauveteurs qui sont intervenus la semaine dernière lorsque des assaillants ont poignardé à mort cinq personnes dans une foule, avant que trois d’entre eux ne soient abattus par les forces de l’ordre, selon le récit de l’incident fait par les médias officiels.

Le Xinjiang, qui occupe tout le nord-ouest de la Chine, a pour principale ethnie les Ouïghours, un peuple musulman turcophone dont certains membres accusent Pékin de répression culturelle et religieuse. Le régime chinois accuse de son côté les indépendantistes ouïghours de recourir au terrorisme.

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